Portrait. Didier Guillaume : du Sénat à l’Agriculture
Avec Didier Guillaume, ancien président du groupe PS du Sénat, Emmanuel Macron nomme un homme dont le parcours est marqué à gauche. Le nom du sénateur avait déjà été cité pour occuper le ministère de l’Agriculture sous François Hollande.

Portrait. Didier Guillaume : du Sénat à l’Agriculture

Avec Didier Guillaume, ancien président du groupe PS du Sénat, Emmanuel Macron nomme un homme dont le parcours est marqué à gauche. Le nom du sénateur avait déjà été cité pour occuper le ministère de l’Agriculture sous François Hollande.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est l’une des nouvelles têtes du gouvernement. Mais ce n’est pas un inconnu. L’arrivée de Didier Guillaume au ministère de l’Agriculture, à la place de Stéphane Travert, permet à Emmanuel Macron de nommer une personnalité issue de la gauche. Il ne s’agit pas d’une surprise. Le sénateur de la Drôme s’était rapproché d’Emmanuel Macron depuis des mois.

L’ex-président du groupe PS du Sénat, à l’origine hollandais, a été proche de Jean-Pierre Bel, ancien président socialiste de la Haute assemblée. En 2014, Didier Guillaume se retrouvera, trois années après lui, à la tête des sénateurs PS. Il mène son groupe en alliant camaraderie socialiste et autorité, tout en soutenant l'action de François Hollande.

La nomination ratée pour l’organisation de la Coupe du monde de rugby

En 2016, il est directeur de campagne de Manuel Valls pour la primaire socialiste. Comme beaucoup d’anciens vallsistes, ce social-démocrate convaincu s’est montré de plus en plus sensible au projet du chef de l’État. En septembre 2017, il avait souhaité sur Public Sénat « qu’Emmanuel Macron réussisse » pour le pays. Regardez :

Didier Guillaume : « Il faut qu’Emmanuel Macron réussisse »
01:05

Sa position Macron-compatible était source de tensions au sein de son groupe, où l’équilibre avait évolué en faveur de l’aile gauche, après les sénatoriales de 2017. Elle était devenue quasi intenable. En mai dernier, l’organisation de la Coupe du monde de Rugby en France était apparue comme une parfaite porte de sortie. Le Drômois devait prendre la tête du comité d'organisation. Il annonce même son retrait de la vie politique. Mais le poste s’avère être une coquille vide. Il jette finalement l’éponge. Ayant eu le flair de ne pas démissionner tout de suite de son siège de sénateur, il reste à la Haute assemblée. Mais le divorce est consommé avec les socialistes. Il quitte le groupe et rejoint le RDSE, présidé à l’origine par le radical Jacques Mézard et ouvert à la majorité présidentielle. Un sas de transition vers la macronie.

Monter au front

Son arrivée à l’Agriculture fait sens. Il suit ces questions depuis longtemps. Il a coprésidé le club parlementaire « objectif bio » (les clubs parlementaires sont les lieux privilégiés de mise en relations des lobbys et des élus). Lors des débats sur la loi agriculture et alimentation, il avait souhaité que le gouvernement envoie des « signes » sur la question de la transparence de la formation des prix pour les agriculteurs. Son nom avait déjà été cité pour occuper le poste sous François Hollande. Cette fois sera la bonne.

Avec l'élu d'Ardèche Olivier Dussopt, avec qui il a partagé l’aventure vallsiste, ils sont deux parlementaires de la même région. La Drôme et l'Ardèche sont limitrophes. Une surreprésentation géographique étonnante, quand on sait la recherche d’équilibre territorial, qui entre en ligne de compte dans la composition difficile du gouvernement. Avec Didier Guillaume, Emmanuel Macron pourra surtout compter sur son savoir-faire politique. Alors que l’équipe gouvernementale a pu manquer, dans les moments difficiles comme l’affaire Benalla, de personnalités capables de monter au front, Didier Guillaume saura porter le message présidentiel.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

Portrait. Didier Guillaume : du Sénat à l’Agriculture
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le