Le Premier ministre Edouard Philippe a donné raison lundi au ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot aux dépens de son collègue de l...
Premier désaccord gouvernemental, sur les insecticides « tueurs d’abeilles »
Le Premier ministre Edouard Philippe a donné raison lundi au ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot aux dépens de son collègue de l...
Par Catherine HOURS, Nicolas GUBERT
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Le Premier ministre Edouard Philippe a donné raison lundi au ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot aux dépens de son collègue de l'Agriculture, et confirmé l'interdiction des insecticides "tueurs d'abeilles", tranchant le premier désaccord public au sein du nouveau gouvernement.
"Le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016. Cet arbitrage a été pris à l'occasion d'une réunion tenue à Matignon le 21 juin", a indiqué Matignon dans un communiqué, tout en précisant qu'un "travail est en cours avec les autorités européennes".
La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen", avait déclaré plus tôt le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert sur RMC/BFMTV, interrogé à propos d'un "document de travail" datant également du 21 juin, obtenu par RMC.
Ce texte, portant sur une "trame de projet de loi", déplorait que "la réglementation française (aille) plus loin que ce qui est prévu par la réglementation" de l'UE.
Votée dans le cadre de la loi sur la biodiversité de 2016, l'interdiction des néonicotinoïdes, insecticides nocifs pour les abeilles, a été combattue par le monde agricole, en particulier les betteraviers, et fait l'objet d'âpres débats au Parlement.
Ces derniers ont apporté, avec les céréaliers, leur soutien à M. Travert, évoquant "une situation de distorsion de concurrence" vis-à-vis de leurs homologues européens et des pays tiers "ayant accès à ces molécules".
La mesure interdit cette catégorie de pesticides dès le 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020, au cas par cas, quand il n'y a pas d'alternative à court terme.
Les néonicotinoïdes, insecticides "tueurs d'abeilles"
AFP
"Nous avons un certain nombre de produits qui ont été estimés dangereux et sont au fur et à mesure retirés du marché, mais, (pour) d'autres produits (...) qui n'ont pas de substitution, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l'utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions", a déclaré M. Travert sur BFMTV.
"C'est ma proposition", a spécifié le ministre, affirmant que l'arbitrage du Premier ministre n'était "pas rendu".
Une interprétation immédiatement contestée par Nicolas Hulot, qui, dans un tweet, a répondu que les interdictions de néonicotinoïdes "ne seront pas levées".
"Dès lors que la santé est mise en cause, je ne veux faire aucune concession", a insisté M. Hulot plus tard devant la presse à Lyon. "On ne va pas revenir sur la loi", a-t-il insisté, "on ne reviendra pas sur des acquis".
- Macron pour l'interdiction -
"Je suis exigeant parce que la situation l'exige", a-t-il encore dit dans l'après-midi. "On a fait trop de concessions (dans le domaine de la santé). On découvrira le désastre assez rapidement", a-t-il estimé, qualifiant de "quiproquo, malentendu" le désaccord avec M. Travert.
En février, au Fonds mondial pour la nature (WWF), le candidat Emmanuel Macron lui-même avait affirmé son intention de maintenir l'interdiction des néonicotinoïdes en 2020.
Revenir sur la loi actuelle constituerait "un retour en arrière inacceptable pour les citoyens, contre-productif pour les agriculteurs et politiquement rétrograde", a estimé la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot.
"Les lobbies cherchent à remonter au créneau", a commenté auprès de l'AFP l'ex-ministre de l'Environnement Ségolène Royal. "Cela montre que les combats environnementaux sont difficiles. (Mais) il ne faut pas lâcher!"
Ce "couac très inquiétant (...) montre l'indispensable vigilance que nous devons observer", a réagi l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).
Pour les ONG, la position du ministère de l'Agriculture est d'autant plus anachronique que la Commission européenne doit bientôt, selon elles, proposer d'élargir le moratoire sur les néonicotinoïdes en place depuis 2013.
Selon une porte-parole de la Commission, celle-ci prépare un texte qui étend la restriction à toutes les cultures extérieures (mais pas aux cultures sous serre). Le texte sera présenté aux Etats membres en juillet et un vote est envisagé à l'automne.
Ce type de pesticides, qui vise le système nerveux des insectes, désoriente les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies.
Peu biodégradables, ils affectent les autres espèces insectivores, et persistent dans l'eau et les sols. L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) doit publier fin 2017 une expertise sur l'impact sur l'Homme.
Dans la continuité des travaux de la commission d’enquête sur les agences de l’Etat, les sénateurs LR cherchent à relancer le débat sur le sujet en déposant une proposition de loi sur le sujet. Le texte propose de supprimer les ARS, l’Anru ou encore l’ANS.
En dénonçant, hier, « tous les mabouls » qui voudraient « se fâcher avec l’Algérie », le président de la République a semblé viser l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Le patron de LR lui a répondu au micro de Public Sénat.
À un an de la fin de son deuxième mandat, le chef de l’État est encore considéré comme un mauvais président par 74% des Français, selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat. Une impopularité chronique depuis la dissolution de 2024. Plus à son avantage, à 33% de popularité, Sébastien Lecornu voit sa cote légèrement baisser par rapport au mois dernier.
70% des Français estiment que la campagne en vue de la présidentielle 2027 est déjà lancée, d’après le baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat. Une large majorité, tous bords politiques confondus, juge aussi positivement l’organisation de primaires pour départager les concurrents d’un même camp, tandis que leur choix se fera en « priorité » sur la base du programme et de la personnalité des candidats.