Présidentielle 2022 : le compromis de façade des Républicains
Réunis ce mercredi matin en bureau politique, les Républicains n’ont toujours pas tranché sur la méthode de désignation de leur candidat pour la prochaine présidentielle. Mais ils n’ont pas tout perdu non plus : ils se sont au moins mis d’accord sur le calendrier. D’ici le mois d’octobre et surtout après les élections régionales, les ténors du parti espèrent qu’un candidat naturel sortira du lot. Si ce n’est pas le cas, « un processus de départage » pourrait être remis entre les mains des militants via un congrès.

Présidentielle 2022 : le compromis de façade des Républicains

Réunis ce mercredi matin en bureau politique, les Républicains n’ont toujours pas tranché sur la méthode de désignation de leur candidat pour la prochaine présidentielle. Mais ils n’ont pas tout perdu non plus : ils se sont au moins mis d’accord sur le calendrier. D’ici le mois d’octobre et surtout après les élections régionales, les ténors du parti espèrent qu’un candidat naturel sortira du lot. Si ce n’est pas le cas, « un processus de départage » pourrait être remis entre les mains des militants via un congrès.
Public Sénat

Par Antoine Comte

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On nous avait promis une réunion houleuse, c’est finalement un compromis de façade qui a été trouvé ce matin entre les deux lignes politiques qui s’affrontent depuis plusieurs mois chez les Républicains. D’un côté celle du sénateur LR de Vendée Bruno Retailleau qui est favorable à l’organisation d’une primaire pour désigner le futur candidat à la présidentielle, et de l’autre ceux, encore sous le choc de la primaire de 2017, qui sont persuadés qu’un candidat naturel émergera à droite très prochainement. C’est le cas notamment du patron du parti, Christian Jacob, qui même s’il ne dit pas ouvertement, croit beaucoup à la candidature de Xavier Bertrand. Les noms de François Baroin ou encore même de Nicolas Sarkozy continuent également de circuler du côté de la rue de Vaugirard.

 

- Christian Jacob : « Nous saurons identifier notre candidat naturel pour 2022 »
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Pas de sang ni de larme, donc ce matin, puisque ce sont bien ces deux hypothèses qui ont été votées à l’unanimité par le bureau politique réuni au siège parisien du parti.

« Tout cela n’a pas viré au drame. A force de discuter un petit peu, on a trouvé un terrain d’entente avec deux hypothèses. Soit, nous avons un candidat naturel, c’est-à-dire un candidat qui dans les sondages nous amène au second tour et on se range derrière lui. Soit, il n’y a pas de candidat naturel et là il faut une méthode de départage où l’on pourra élire notre champion au mois d’octobre pour qu’on puisse préparer la campagne des présidentielles en amont. Et ça pour moi, c’est un point très important », a confié Bruno Retailleau à notre micro.

Satisfait le président du groupe LR au Sénat ? Pas si sûr. « Bruno a dû se coucher. Il voulait qu’on tranche tout de suite, et on ne le fera pas avant octobre. Pire pour lui, il sait très bien que Xavier Bertrand sera, sauf grande surprise, notre candidat naturel pour 2022 et qu’il n’y aura donc pas de primaire », nous a glissés un membre du bureau politique, persuadé que le président de la Région des Hauts de France, qui a quitté le parti il y a quelques années, déclarera sa candidature à la présidentielle « au lendemain de sa réélection aux régionales » en juin.

Mais à l’option du candidat naturel, certains proches de Retailleau n’y croient pas du tout. Surtout en plus s’il s’agit d’un élu a quitté le parti comme Xavier Bertrand. « Le bureau politique s’est bien passé, c’est un bon signe d’unité pour notre famille politique. Mais une question n’a pas été tranchée encore et je suis furieuse. Quand on parle de candidat naturel, il faut pour moi qu’il soit encarté chez les Républicains… », lâche en off une sénatrice, très remontée.

Bruno Retailleau : « Je ne veux pas qu’on désigne notre candidat dans l’entre-soi »
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« La position de notre mouvement aujourd’hui c’est que s’il n’y a pas de candidat naturel et aujourd’hui, et on le voit bien, personne n’écrase le match, il y aura un système de départage. Après c’est vrai que je voulais que tout cela se règle vite, mais peu importe si cela se décide au mois d’octobre, bien en amont de la présidentielle. Parce que le but derrière tout ça, c’est qu’on puisse indiquer à tous les Français qui croient en nos convictions qu’un nouvel espoir se lève », assure Retailleau, persuadé que s’il y a des primaires, elles seront ouvertes.

« J’ai obtenu que l’on parle des primaires et que dans l’hypothèse où il n’y a pas de candidat, il y aura un système de départage. C’est la même chose que les primaires. Ce que je ne voulais pas c’est qu’on désigne un candidat dans l’entre-soi. Si personne ne sort du lot franchement nous n’avons rien inventé de mieux que la démocratie. La participation des gens à un choix aussi important, c’est capital », assure-t-il.

Sauf que là encore, Bruno Retailleau a peut-être parlé un peu vite.

Selon plusieurs cadors du parti présents ce matin au bureau politique, s’il y a primaire, elle pourrait bien être fermée. « On nous a parlé de primaire ouverte à tous avec une participation de cinq euros, mais aussi de primaire fermée pour éviter la bérézina de la précédente primaire », souffle un sénateur LR.

Même si Bruno Retailleau répète à qui veut l’entendre qu’il a obtenu ce qu’il voulait ce matin, on sent bien que la direction du parti, et qu’une grande majorité des élus sont d’ores et déjà prêts à se ranger derrière Xavier Bertrand, balayant ainsi la tenue d’une primaire ouverte ou fermée. La condition d’un tel scénario ? La réélection de Xavier Bertrand en juin prochain au conseil régional des Hauts de France bien évidemment.

 

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