Primaire du PS: les candidats entrent dans le vif du sujet
Un quatuor de socialistes, une radicale de gauche et deux écologistes: les sept candidats à la primaire organisée par le PS tenteront de marquer...

Primaire du PS: les candidats entrent dans le vif du sujet

Un quatuor de socialistes, une radicale de gauche et deux écologistes: les sept candidats à la primaire organisée par le PS tenteront de marquer...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Un quatuor de socialistes, une radicale de gauche et deux écologistes: les sept candidats à la primaire organisée par le PS tenteront de marquer des points décisifs lors de leur premier débat télévisé jeudi, à dix jours d'un scrutin très incertain.

Ce premier débat sera diffusé à 21H00 sur TF1, LCI, Public Sénat et RTL et co-organisé par L'Obs. Trois thématiques seront abordées: les questions économiques et sociales, le terrorisme et les sujets autour de la République, de la laïcité et de l'islam de France.

Le député PS Sébastien Denaja, proche de Vincent Peillon, en est convaincu: les électeurs attendent avec "intérêt, beaucoup plus qu'on ne le croit" ces trois débats en une semaine, qui vont avoir une "force de cristallisation très importante", alors qu'aucun candidat ne semble pour l'instant s'imposer.

(g-d) Montage photos des candidats à la primaire de la gauche: Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls
(g-d) Montage photos des candidats à la primaire de la gauche: Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls
AFP/Archives

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint pour RTL, Le Figaro et LCI, publié dimanche et comportant une importante marge d'erreur, l'ancien Premier ministre Manuel Valls serait assez largement en tête au premier tour du scrutin, le 22 janvier. Mais sa victoire ne serait pas acquise au second tour, particulièrement en cas de forte participation.

L'enjeu global pour le PS, selon le directeur général adjoint de l'Ifop Frédéric Dabi, est "un enjeu de mobilisation", et de "crédibilisation".

Sans atteindre les scores de la droite (4,3 et 4,4 millions d'électeurs), le PS sortirait renforcé de la primaire s'il parvenait à "être au moins dans l'étiage de 2011" (2,7 et 2,9 millions), souligne le sondeur.

Les candidats à la primaire organisée par le PS
Les candidats à la primaire organisée par le PS
AFP

"Ce premier débat doit susciter l'intérêt et donner à chacun l'envie de participer à notre primaire. Pour cela le débat doit être de bon niveau et il le sera", promet le sénateur Luc Carvounas, proche de Manuel Valls.

Second objectif: crédibiliser une candidature PS, alors qu'aucun sondage n'a donné un candidat issu de ce parti au second tour de la présidentielle depuis deux ans et demi.

Favori des sondages même s'il en refuse l'étiquette, Manuel Valls a été désigné par le tirage au sort pour ouvrir les hostilités.

- Hamon, cible numéro un ? -

L'ancien Premier ministre, dont la stature de présidentiable n'est pas contestée, devrait avoir à coeur "d'installer le débat sur les sujets internationaux, régaliens, d'étoffe présidentielle où il est très au-dessus de ses concurrents", analyse M. Dabi.

Manuel Valls en campagne le 10 janvier 2017 à Pessat-Villeneuve
Manuel Valls en campagne le 10 janvier 2017 à Pessat-Villeneuve
AFP

Il devrait aussi réserver ses coups en priorité à François Fillon et Marine Le Pen, confortant ainsi sa stature de "leader naturel" de la gauche de gouvernement.

Arnaud Montebourg, donné vainqueur de la primaire dans certaines hypothèses, devrait s'efforcer de faire la preuve de sa cohérence - alors qu'il a été qualifié d'"homme-girouette" dans un livre récent -, et cherchera à démontrer la solidité d'un programme mûri depuis huit mois.

"On continue à se rendre plus robuste sur le fond, et à élargir le nombre de thèmes qu'on traite", souligne son directeur de campagne François Kalfon. M. Montebourg, dont les excès de langage ont pu être critiqués par le passé, devrait adopter un ton "maîtrisé et tonique", promet le conseiller régional.

(G à D): Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2013 à Madrid, au cours d'un sommet franco-espagnol
(G à D): Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2013 à Madrid, lors d'un sommet franco-espagnol
AFP/Archives

Troisième homme de cette primaire, Benoît Hamon est celui qui bénéficie aujourd'hui de la meilleure dynamique, au point de talonner Arnaud Montebourg dans les dernières enquêtes.

Pris pour cible ces derniers jours par ses trois concurrents socialistes, notamment sur la question du revenu universel, il devrait s'efforcer d'en démontrer la faisabilité, et convaincre qu'il a la stature d'un présidentiable.

"Aujourd'hui il a un problème de crédibilité", même si ses thèmes (légalisation du cannabis, environnement, travail...) trouvent un écho certain dans l'opinion, souligne M. Dabi.

Vincent Peillon le 10 janvier 2017 à Latresne près de Bordeaux
Vincent Peillon le 10 janvier 2017 à Latresne près de Bordeaux
AFP

Parti en campagne très tardivement, souffrant d'un déficit de notoriété et largement distancé par ses camarades socialistes dans les enquêtes d'opinion, M. Peillon est sans doute celui qui a le plus à gagner dans les débats. "Il a un travail d'installation et de légitimation" de sa candidature à effectuer, dit le sondeur.

Pour les trois autres candidats, Sylvia Pinel (PRG), François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate), l'enjeu sera de profiter du temps de parole offert par les débats pour tenter de terminer premier des "petits".

Partager cet article

Dans la même thématique

Primaire du PS: les candidats entrent dans le vif du sujet
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le