Projet de loi de finances pour 2021 : Barbara Pompili promet un « monde nouveau »
Auditionnée par la commission des affaires économiques du Sénat, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a insisté sur la primauté de l’écologie dans le budget pour 2021, « le seul choix » pour un « monde nouveau ».

Projet de loi de finances pour 2021 : Barbara Pompili promet un « monde nouveau »

Auditionnée par la commission des affaires économiques du Sénat, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a insisté sur la primauté de l’écologie dans le budget pour 2021, « le seul choix » pour un « monde nouveau ».
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Par Chloé Rouveyrolles

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« L’année 2021 et le budget qui va avec, c’est le reflet de notre époque, chamboulée et en basculement, c’est un budget qui fait le choix de l’écologie à tous les niveaux, et je crois que c’est bien le seul choix à faire pour notre pays », affirme la ministre de la Transition écologique en préambule de son audition au Sénat. 

Interpellée par les sénateurs sur les rénovations énergétiques, les « mobilités propres » ou encore la filière hydrogène, l’ancienne députée de la Somme a défendu son ministère en insistant sur ses projets futurs.

Un budget « vraiment » vert

Le budget de son ministère s’élèvera à 48,6 milliards l’an prochain: «  Un budget ambitieux, il le faut, pour faire face aux défis de notre temps, pour réaliser toutes les promesses de la transition écologique et pour porter en chaque territoire un monde nouveau, que nos concitoyens attendent. »

Barbara Pompili a détaillé quelques lignes concrètes des dotations (réhabilitation de lignes de trains de nuit, révision d’aides aux travaux d’isolation, réforme du code minier…) pour battre en brèche la suspicion d’une écologie en figurante du plan de relance, ou l’idée selon laquelle les crédits qui lui sont alloués le sont en « trompe-l’œil », empruntés à d’autres ministères. 

La ministre a rappelé que sur les 100 milliards d’euros alloués au plan de relance, un tiers des crédits doit aller à des mesures écologiques. « Jamais aucun gouvernement n’avait fait le pari de l'écologie comme sortie de crise; jamais aucun gouvernement n'avait choisi de redémarrer le pays en préparant l'avenir autant », a-t-elle estimé, « avec le budget vert, notre pays connaît une petite révolution. »

 

Des justifications sur les aides à l'énergie photovoltaïque 

Alors que le gouvernement a publié un amendement au projet de budget de 2021 pour renégocier des soutiens à la production d'énergie photovoltaïque, Barbara Pompili a expliqué qu’il fallait, selon elle, remédier à une situation de « bulle ». En répondant aux sénateurs Daniel Laurent et Sophie Primas, également présidente de la commission des affaires économiques, elle a précisé que les contrats renégociés, signés entre 2006 et 2010 concernent des installations « pour la plupart complètement amorties. » Elle dit estimer que le contribuable ne peut continuer à payer pour une « rente de situation. »

« Si nous ne faisons rien, le contribuable va devoir débourser plus de 20 milliards d’euros d’ici 2030 pour rémunérer tous ces contrats, alors que moins de subventions permettraient de maintenir la même production d’énergies renouvelables en rémunérant de manière normale les producteurs », a-t-elle exposé.

Parmi les arguments en faveur de cet amendement du budget, Barbara Pompili a précisé que seulement 800 contrats sur les 235.000 existants allaient être renégociés, laissant entendre que cette minorité de contrats exclurait les particuliers et les agriculteurs. 

La ministre a ajouté avoir contacté la fédération française bancaire le jour de son audition et a déclaré avoir « peu d’inquiétudes » à l’issue de leurs échanges puisque l’énergie solaire photovoltaïque appartient à « des filières d’avenir où il y a une volonté d’investir ».

« Sur ces contrats je tiens à préciser qu’il ne doit y avoir aucune ambiguïté, a conclu la ministre, l'objectif du gouvernement c'est de soutenir le développement des énergies renouvelables et on le fait à travers les budgets qu'on met en place. On met 110 milliards d'euros d'engagement pour vingt ans et on accroît pour 2020-2021 de 25% de soutien aux énergies renouvelables donc on n’est pas sur des petites sommes ». 

Barbara Pompili a dit préférer utiliser les ressources économisées par la renégociation des contrats pour développer d’autres projets d’énergies renouvelables.

Développer des compétences sur le nucléaire

 

Interrogée sur l’énergie nucléaire, notamment par Patricia Schillinger, élue du Haut-Rhin qui compte la centrale nucléaire de Fessenheim sur son territoire, Barbara Pompili a indiqué que la France allait investir, malgré l’engagement à faire baisser la part du nucléaire à 50 % des ressources d’ici à 2035.

La ministre a détaillé les sources de financement en expliquant que 200 millions d’euros du plan de relance étaient dédiés à l’industrie nucléaire « doublés » de 200 millions d’euros aussi prévus pour ce secteur dans le cadre du plan d’investissement d’avenir.

« On a besoin de re-développer des compétences sur le nucléaire », a-t-elle expliqué, citant par exemple le cas des soudeurs du secteur qui manqueraient en France, avant d’ajouter: « On ne peut pas se permettre d’avoir une baisse de compétences sur un sujet qui demande autant de technicité. »

Barbara Pompili, qui avant d’être ministre avait été rapporteure d’une enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, a profité que la question soit évoquée pour saluer sa programmation pluriannuelle de l'énergie (PEE) en la qualifiant de « responsable pour l’avenir » car elle cherchait à diversifier les sources d’énergie. 

« Ce que je constate c’est que nous avons 75% de notre électricité qui est produite à partir de notre énergie nucléaire; quand il y a un raté sur le nucléaire, on en subit les conséquences, c’est pour ça qu’il faut diversifier notre mix électrique », a-t-elle ajouté.

Barbara Pompili a illustré la dépendance à l'énergie produite par les centrales nucléaires en expliquant que des « inquiétudes » sur les ressources en énergie cet hiver avaient existé en raison d'opérations de maintenance de réacteurs de centrales nucléaires qui avaient dû être décalées en raison de la crise sanitaire.

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