Rouverture des restaurants : « Nous attendons de voir comment se déroule la première phase de déconfinement »
Deux jours après la présentation du plan de déconfinement, le secrétaire d'État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, était invité à réagir au plan de soutien des sénateurs

Rouverture des restaurants : « Nous attendons de voir comment se déroule la première phase de déconfinement »

Deux jours après la présentation du plan de déconfinement, le secrétaire d'État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, était invité à réagir au plan de soutien des sénateurs
Public Sénat

Par Alizé Boissin

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Jusqu’à 40 milliards d’euros de perte pour le tourisme en France. C’est avec ce chiffre abyssal que débute l’audition de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. La commission des affaires économiques du Sénat, et plus particulièrement « la cellule tourisme », a souhaité rencontrer Jean-Baptiste Lemoyne pour aborder les difficultés rencontrées par la France, première destination touristique mondiale.

Le secteur touristique français emploie près de deux millions de salariés, « ils rapportent jusqu’à 8% du PIB, c’est pour ça que nous demandons une action massive de l’État » a déclaré le sénateur Michel Raison, président de groupe de travail « tourisme » au Sénat.

Pour les sénateurs, c’était aussi l’occasion de défendre leurs propositions pour relancer le tourisme dès cet été, tout en demandant des précisions sur le calendrier de déconfinement :« Il faut un discours clair et une communication massive, alors que le flou règne ». Parmi les propositions des sénateurs, la création d'un conseil national du tourisme présidé par un ministre du Tourisme, une requête lancée sans trop d'optimisme par Michel Raison.

Plan de relance du tourisme

Les sénateurs estiment que les mesures de soutien du gouvernement à la trésorerie sont encore insuffisantes. Pour la sénatrice Évelyne Renaud-Garabedian, « ce sont les petites structures qui courent les plus grands risques. Il y a encore de nombreux ajustements à effectuer pour un soutien véritablement adapté aux besoins des professionnels du tourisme, comme l’allongement des reports d’échéance bancaire, ou l’élargissement des critères d’éligibilité au prêt garanti par l’État et au fonds de solidarité. »

Pour GuylènePantel, « les mesures de soutien doivent concerner l’ensemble des acteurs de la filière touristique – je pense notamment aux gîtes ruraux, qui ne doivent pas être oubliés. Je m’inquiète également pour la situation de l’emploi des saisonniers, c’est tout un savoirfaire qui risque d’être perdu si l’État ne prend pas les mesures nécessaires ».

Sur la situation des saisonniers, le secrétaire d’État a annoncé qu’une plateforme était en cours d’élaboration pour réunir l’offre et la demande, « ça sera mis en ligne le 15 juin » a affirmé Jean-Baptiste Lemoyne. Le secrétaire d’État a également rappelé la volonté du gouvernement de reporter l’entrée en vigueur de l’assurance-chômage pour éviter les saisonniers d’être « pénalisés ». 

Tourisme de proximité

« Il va falloir gravir l’Everest » assure le secrétaire d’État, « l’épidémie est évolutive et il y a une montagne d’incertitudes ». Concernant la reprise des activités touristiques, il a affirmé que « la reprise sera très progressive ». « Le tourisme a été érigé en priorité nationale. Ce n’est pas un slogan, c’est une réalité » a-t-il déclaré. Comme il l’avait annoncé lors de son allocution à l’Assemblée nationale, la saison reprendra d’abord dans des « départements verts », où le virus circule peu. Les Français devront donc s’attendre à partir près de leur domicile, « au départ ça sera une clientèle d’ultra-proximité ».

« Nous sommes dans une démarche de co-construction du déconfinement et de reprise très progressive du tourisme, avec les professionnels et les territoires. Il y a par exemple des discussions autour de la Corse et des territoires où le tourisme est un pilier de l’économie et représente jusqu'à 30% du PIB », a détaillé Jean-Baptiste Lemoyne. « Néanmoins, du 11 mai au 2 juin, je le rappelle, les déplacements sont limités à un rayon de 100 kilomètres et les déplacements interrégionaux limités à des motifs familiaux et professionnels impérieux. »

Pas de décision avant fin mai

Le 14 mai, un comité interministériel sur le tourisme sera présidé par le Premier ministre Édouard Philippe. Des réunions du bureau de comité de filière tourisme sont également organisées « tous les deux jours », assure le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne.

« Concernant les modalités et calendriers de réouverture notamment des restaurants et des cafés et sur l’organisation de la saison estivale, il y a une clause de revoyure à fin mai », explique le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères. « Nous attendons de voir comment se déroule la première phase de déconfinement à partir du 11 mai. Par définition, nous aurons besoin de 15 à 20 jours de recul. Rendez-vous donc fin mai pour toutes les précisions et donner de la visibilité sur la saison estivale aux professionnels du tourisme. »

La deuxième étape de déconfinement qui s'ouvrira début juin dépend essentiellement « du civisme de chacun » pour le secrétaire d’État. C’est « ce qui permettra à tous de pouvoir bénéficier de la saison estivale si les conditions sanitaires le permettent ». Il conclut : « plus on reste dans le cadre établi durant la première étape, plus on s’offre de chances de retrouver des jours heureux, mêmes s'ils seront différents de ceux d’avant. »

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
3min

Politique

Présidentielle 2027 : les Écologistes reportent l'heure du choix à décembre, Marine Tondelier toujours en lice

Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.

Le

Blois: Olivier Faure closes the Socialist Party s Summer University
7min

Politique

Glucksmann qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal : la primaire est-elle une machine à perdre ?

La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.

Le

Rouverture des restaurants : « Nous attendons de voir comment se déroule la première phase de déconfinement »
9min

Politique

« Faire la transition vers une IA durable constitue un impératif environnemental, mais peut aussi devenir un facteur de compétitivité pour la France », selon un rapport du Sénat

Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).

Le