Sécu: « des choix » en faveur du « pouvoir d’achat » et de la « solidarité
La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a présenté mardi à l'Assemblée nationale son premier projet de budget de...

Sécu: « des choix » en faveur du « pouvoir d’achat » et de la « solidarité

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a présenté mardi à l'Assemblée nationale son premier projet de budget de...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a présenté mardi à l'Assemblée nationale son premier projet de budget de la Sécu qui "fait des choix" en faveur "du pouvoir d'achat des salariés" et aussi "de la solidarité".

"Ces choix, les Français ont demandé, en juin dernier, au gouvernement et au Parlement de les porter", a rappelé la ministre depuis la tribune au sujet de ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018.

"C’est le choix du pouvoir d’achat pour les salariés, par la baisse des cotisations sociales" notamment, et "c’est le choix de la solidarité au bénéfice de nos concitoyens les plus fragiles, qu’il s’agisse des bénéficiaires du minimum vieillesse ou des familles les plus pauvres", a détaillé cette novice en politique, médecin de profession.

La baisse des cotisations sera financée par une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), faisant contribuer davantage les retraités en particulier, ce qui concentre les critiques des opposants.

Sur les choix pour la branche famille (barèmes et montants de la Paje revus notamment), objet de nombreux amendements, la ministre a rappelé le "travail de fond, sans tabou, sur les objectifs assignés à notre politique familiale" qui a été engagé par le gouvernement.

Au prix d'économies dans la santé notamment, le déficit de la Sécu doit être réduit à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, et la ministre, comme le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui lui a succédé à la tribune, a souligné l'objectif d'"un retour à l’équilibre à l’horizon 2020".

Mme Buzyn a aussi défendu un "PLFSS de transformation" avec notamment l'adossement du régime social des indépendants (RSI) au régime général ou l'accent mis sur la prévention sanitaire.

La ministre a ainsi estimé que l'extension de l'obligation vaccinale pour les jeunes enfants n'était pas un "bouleversement majeur".

Concernant la hausse "très importante" des prix du tabac, jusqu'à 10 euros le paquet fin 2020, elle l'a jugée nécessaire car "il n’y a pas plus de fatalité dans ces morts (du tabac) qu’il n’y avait de fatalité dans la mortalité sur nos routes".

Par ailleurs, dans l'optique d'améliorer "l'égalité d’accès aux soins" et dans la lignée des promesses du candidat Emmanuel Macron, Mme Buzyn a prévu de lancer "dès la semaine prochaine le travail et la concertation pour aboutir à un reste à charge zéro dans les domaines de l’optique et des audioprothèses, en sus des négociations entamées mi-septembre dans le secteur dentaire".

Ces travaux devront aboutir "avant la fin du premier semestre 2018", a-t-elle affirmé.

Après l'intervention des ministres, les députés LR Jean-Pierre Door et Jean-Carles Grelier ont défendu en vain des motions pour rejeter le texte ou le renvoyer en commission.

Défendant la première motion, rejetée par 125 voix contre 77, M. Door a notamment affirmé que ce projet de budget s'apparentait à un "copié-collé" des précédents, ajoutant que la hausse de la CSG "seulement en partie compensée" allait faire "de nouveaux perdants, particulièrement chez nos retraités". Il a aussi contesté la suppression du RSI, y voyant un "cavalier social".

Les élus socialistes, Insoumis et communistes ont apporté leur soutien à la motion de rejet de LR, mais pas pour les même motifs. Outre des mesures pénalisant notamment "les classes moyennes et plus modestes", les socialistes ont déploré plusieurs "promesses renvoyées aux calendes grecques" comme sur le minimum vieillesse. Les Insoumis ont dénoncé notamment un PLFSS porteur de "considérations bassement financières" et "une politique de classe".

La seconde motion LR, de renvoi en commission, également rejetée (122 contre 60), a eu moins de soutiens, les communistes se disant "prêts à en découdre, projet contre projet", face à "cet acte grave de début de quinquennat".

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le