SNCF: les syndicats furieux après la concertation
Une nouvelle séance de concertation sur la réforme de la SNCF s'est tenue vendredi dans un climat de tension, les syndicats estimant qu'ils n...

SNCF: les syndicats furieux après la concertation

Une nouvelle séance de concertation sur la réforme de la SNCF s'est tenue vendredi dans un climat de tension, les syndicats estimant qu'ils n...
Public Sénat

Par Elisabeth ROLLAND, Lucie AUBOURG

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Une nouvelle séance de concertation sur la réforme de la SNCF s'est tenue vendredi dans un climat de tension, les syndicats estimant qu'ils n'avaient pas réellement pu négocier avec le gouvernement, et appelant à amplifier le mouvement de grève, qui reprend samedi soir.

Les organisations représentatives à la SNCF (CGT, Unsa, SUD, CFDT) étaient de nouveau reçues pour une table ronde au ministère des Transports, afin de discuter "de la modernisation sociale et de la contractualisation dans le secteur ferroviaire en lien avec l'arrêt du recrutement au statut".

En prévoyant que les nouveaux arrivants ne soient plus embauchés au statut de cheminot -qui comprend la garantie de l'emploi et fixe notamment les éléments de rémunération, de mobilité ou encore de congés pour environ 90% des effectifs de la SNCF actuellement- le gouvernement fait face à l'opposition totale des syndicats.

"Il n'y a pas eu de négociation" véritable sur ce sujet épineux, a dénoncé le secrétaire général de la CGT Cheminots Laurent Brun à l'issue de cette rencontre d'un peu plus de deux heures. "Nous ne savons même pas (...) quels sont les points qui posent problème au gouvernement dans le statut", a-t-il affirmé.

"On est très inquiets et agacés par la tournure de ces échanges," a confié Florent Monteilhet (Unsa).

- Une grève 'marathon' -

Des agents de la SNCF à la gare du Nord, à Paris, le 4 avril 2018 au deuxième jour de la grève des cheminots contre la réforme de la SNCF
Des agents de la SNCF à la gare du Nord, à Paris, le 4 avril 2018 au deuxième jour de la grève des cheminots contre la réforme de la SNCF
AFP

"Les cheminots vont augmenter la pression", a embrayé Didier Aubert (CFDT), annonçant dans certaines régions "quatre à cinq points de plus" de mobilisation pour les deux prochains jours de grève. "Le gouvernement a besoin d'une nouvelle démonstration", a-t-il estimé.

La reprise de la grève, qui se tient sur un rythme de deux jours sur cinq, est prévue samedi à 20H00, jusqu'à mardi 07H55. Les prévisions de trafic seront communiquées par la SNCF samedi en début d'après-midi. Ce sera le deuxième épisode de grève, après celui des 3 et 4 avril, lors duquel le trafic a été très perturbé.

Mais le mouvement, pour le moment annoncé jusqu'au 28 juin, pourrait "aller au-delà du mois de juin" si le gouvernement persiste dans "la posture dans laquelle il est actuellement", a averti Laurent Brun. "Nous allons tenir un marathon si le gouvernement nous (l')impose", a-t-il martelé.

"C'est absolument inacceptable ce qui vient de se passer aujourd'hui", a estimé Erik Meyer, de SUD Rail, en annonçant avoir l'intention de "proposer lundi de durcir le mouvement". SUD Rail est la seule organisation à envisager une grève reconductible chaque jour au lieu de la grève en pointillé décidée par l'intersyndicale.

- 'Contrevérités' -

Calendrier des jours de grève de la SNCF
Calendrier des jours de grève de syndicats de cheminots à partir du 3 avril
AFP

Vendredi matin, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, avait déploré que "la posture des syndicats ne change pas". Elle avait vanté des avancées lors de la séance de négociation de la veille, qui portait sur la dette de la SNCF (55 milliards d'euros) et le transfert des cheminots vers des sociétés privées après l'ouverture à la concurrence.

La ministre a jugé avoir "donné des garanties" aux cheminots qui changeraient d'employeur en cas de perte d'un marché par la SNCF. Ils conserveraient selon elle "l'essentiel des garanties du statut". Les syndicats, eux, avaient déjà dénoncé "une mascarade" de concertation.

"On ne peut pas sortir de sept heures de discussions sans que rien n'ait avancé. Ça n'est pas exact", a insisté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, dénonçant "beaucoup de contrevérités" et de "mensonges".

Au total, environ 70 réunions de négociation étaient prévues aux mois de mars et avril entre le gouvernement et les syndicats.

Alors que d'autres conflits sociaux agitent le pays - universités, Air France, milieu hospitalier, fonctionnaires... - Emmanuel Macron avait estimé jeudi que les mouvements sociaux "ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner".

L'opposition dénonçait vendredi "l'arrogance" de l'exécutif sur ce dossier, à l'image de Laurence Sailliet, une des porte-parole des Républicains. Le député de La France insoumise, Alexis Corbière a, lui aussi, pointé "une forme d'arrogance dans la manière d'aborder les choses".

Le projet de loi sur le pacte ferroviaire doit être débattu en première lecture la semaine prochaine à l'Assemblée.

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