Terrorisme: les sénateurs LR se distinguent de Wauquiez
Après l’attaque terroriste de samedi soir, Laurent Wauquiez souhaite voir appliquer « une série de mesures qui s’imposent », comme « interner de manière préventive les fichés S les plus dangereux ». Des propositions qui ne recueillent pas l’adhésion totale de la droite sénatoriale.

Terrorisme: les sénateurs LR se distinguent de Wauquiez

Après l’attaque terroriste de samedi soir, Laurent Wauquiez souhaite voir appliquer « une série de mesures qui s’imposent », comme « interner de manière préventive les fichés S les plus dangereux ». Des propositions qui ne recueillent pas l’adhésion totale de la droite sénatoriale.
Public Sénat

Par Simon Barbarit avec M.L

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Samedi soir, la France a  subi la treizième attaque terroriste sur son territoire depuis 2015. Une attaque au couteau dans le quartier de l’Opéra qui porte à 246, le nombre de victimes depuis quatre ans. Et comme à chaque fois, les réactions politiques n’ont pas manqué. La présidente du Front national, Marine Le Pen, propose « d’expulser manu militari les étrangers radicalisés ». Le premier Secrétaire du PS, Olivier Faure, demande, lui, de « ne pas céder aux facilités de la démagogie », tandis que Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement tance « ceux qui expliquent que des mesures sorties du chapeau suffiraient  à régler le problème ».

Les mesures chocs de Laurent Wauquiez

Dans son viseur ?  Le patron des Républicains, Laurent Wauquiez qui, dimanche, a publié, une nouvelle fois,  tout un arsenal « de mesures qui s’imposent » en matière de lutte antiterroriste comme : « interner de manière préventive les fichés S les plus dangereux », « expulser systématiquement les fichés S qui n’ont pas la nationalité française », « créer un délit d’incitation à la haine de la France », et enfin « refuser le retour des jihadistes partis en Syrie ou en Irak ». Des propositions  mises en avant, ce lundi, par le secrétaire général délégué du parti, Geoffroy Didier, lors d'une conférence de presse au siège du parti.

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a lui aussi publié un communiqué de presse à la suite de l’attentat. « Une vraie réponse passe par un réarmement moral et culturel de notre pays (…)  Nous devons imposer nos valeurs républicaines partout et toujours et mener une lutte implacable contre toutes les manifestions de l’islam radical quelqu’en soit la nature » préconise-t-il. En guise de propositions, le sénateur de Vendée se contente d’évoquer des  « mesures fortes et efficaces » sans reprendre à son compte l’énumération de Laurent Wauquiez.

Attaque terroriste: quand Bruno Retailleau souhaitait l’application de « l’arsenal juridique » actuel

Fin mars, après l’attentat de Trèbes,  le patron de la droite sénatoriale avait déjà pris ses distances avec la réponse apportée par Laurent Wauquiez. Dans l’émission l’Epreuve de vérité, Bruno Retailleau avait estimé que le retour à l’état d’urgence, tel que demandé par le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, « n’était pas le fond du problème ». Le sénateur LR se prononçait, en faveur d’un « réarmement moral » et l’application de « l’arsenal juridique » actuel.

Autre différence : alors que Laurent Wauquiez voulait, déjà, exclure du pays les étrangers fichés S, Bruno Retailleau se limitait à leur expulsion « dès lors qu’il y a une condamnation ».

Une proposition de loi visant à renforcer le contrôle parlementaire du renseignement

Ce lundi, c’est le vice-président de la commission des lois du Sénat, François-Noël Buffet, qui rejoint les préconisations de Bruno Retailleau. « Nous devons être d’une fermeté absolue concernant des situations signalées pouvant comprendre des risques. Un étranger qui se livre à ce type d’action doit être expulsé du territoire français, à condition que nous ayons les éléments suffisants pour le prouver. Ça n’a pas de sens d’expulser systématiquement les fichés S étrangers » estime-t-il.

 Pour François-Noël Buffet, « Il faut  améliorer davantage les services de renseignement, augmenter les moyens budgétaires, pour un meilleur traitement, et insister sur le renseignement territorial, ça pourrait changer la donne ». Avec Philippe Bas, président LR de la Commission des lois du Sénat, et Christian Cambon, président LR de la commission des affaires étrangères, il vient d’ailleurs de déposer une proposition de loi visant à renforcer le contrôle parlementaire du renseignement. (voir notre article)

« Le droit doit céder face à l’intérêt supérieur de la Nation »

Au sein de la droite sénatoriale, d’autres élus accueillent avec enthousiasme les propositions de Laurent Wauquiez. C’est le cas de Sébastien Meurant, sénateur du Val d’Oise, pour qui « le droit doit céder face à l’intérêt supérieur de la Nation qui est de protéger les Français ».

En effet, hors période d’état d’urgence, priver de liberté « préventivement » une personne contreviendrait à l’État de droit mais Sébastien Meurant confirme, malgré tout, son soutien à cette mesure choc. « Mieux vaut une injustice qu’un grand désordre ». À l’instar de la présidente du FN, le sénateur souhaite également « une révision complète de notre politique de naturalisation » et « expulser manu militari les étrangers radicalisés ». « La question n’est pas d’être d’accord ou pas avec le FN, la question c’est avant tout la sécurité du pays » assure-t-il

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le