UDI: les appels à l’unité se multiplient après les menaces de sécession
Les centristes de l'UDI ont multiplié ces derniers jours les appels à l'unité de la formation créée par Jean-Louis Borloo en 2012, après que le...

UDI: les appels à l’unité se multiplient après les menaces de sécession

Les centristes de l'UDI ont multiplié ces derniers jours les appels à l'unité de la formation créée par Jean-Louis Borloo en 2012, après que le...
Public Sénat

Par Déborah CLAUDE

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Les centristes de l'UDI ont multiplié ces derniers jours les appels à l'unité de la formation créée par Jean-Louis Borloo en 2012, après que le Nouveau Centre d'Hervé Morin, une de ses composantes, a menacé de quitter le navire avant de rentrer dans le rang.

Entre la victoire de François Fillon, qu'ils n'avaient pas soutenu, et la tentation de se tourner vers Emmanuel Macron, ils sont un peu déboussolés. Et aussi très soucieux de pouvoir participer à une -éventuelle- future majorité aux côtés du vainqueur de la primaire de la droite.

"Non à l'atomisation du centre !" 40 élus (16 députés, 23 sénateurs, un député européen) ont tiré la sonnette d'alarme dans une tribune cette semaine. "Une nouvelle fois, depuis quelques jours, les centristes français offrent à nos concitoyens le triste spectacle de nos divisions alors qu'il n'existe pas de divergence idéologique ou stratégique", écrivent ces élus de plusieurs obédiences.

Dans le viseur, le Nouveau Centre. Le parti d'Hervé Morin, président de la région Normandie, tient un congrès dimanche. Il doit se rebaptiser dans le cadre d'un mouvement plus large -"un pôle centriste fiable, loyal et solide". Mais surtout, il avait fait planer la menace ces derniers jours de quitter l'UDI. Avant, finalement, de renoncer à passer à l'acte.

L'ex-ministre Jean-Louis Borloo lors d'une séance photos, le 1er décembre 2016 à Paris
L'ex-ministre Jean-Louis Borloo lors d'une séance photos, le 1er décembre 2016 à Paris
AFP/Archives

La tentation de prendre le large n'était pas nouvelle. Après le retrait de Borloo pour raison de santé en 2014, Morin avait perdu l'élection à la présidence, face à Jean-Christophe Lagarde et fait un peu bande à part. Avec des critiques sur la manière dont M. Lagarde gère cette fédération de partis centristes qu'est l'UDI (Parti radical, Nouveau Centre, Alliance Centriste, Fed -Force européenne démocrate-, Gauche Moderne mais aussi adhérents directs).

"La sortie du Nouveau Centre enclencherait un mouvement de décomposition de l'UDI", prévenait récemment Laurent Hénart, le président du Parti radical, qui plaide pour "l'unité" de l'UDI. "Et ce n'est pas le moment en pleine élection présidentielle de reprendre nos chicayas centristes", a-t-il expliqué à l'AFP.

- Une direction plus collégiale -

Philippe Vigier, chef de file des députés UDI et membre du Nouveau Centre, a assuré mardi déployer "toute son énergie" pour éviter que "la maison UDI n'explose en plein vol" et réclamé une "gouvernance" plus "collégiale" sur "la prise de décisions, le suivi, la gouvernance au fil de l'eau"...

Emmanuel Macron à Pace le 8 décembre 2016
Emmanuel Macron à Pace le 8 décembre 2016
AFP

En septembre, la main tendue de Lagarde à Emmanuel Macron avait semé le trouble dans ses troupes, qui lui reprochent de décider de tout, tout seul dans son coin.

A d'ailleurs été proposé mardi soir, à l'occasion d'une réunion des fondateurs de l'UDI, un peu plus de collégialité avec "un conseil restreint de la présidence", composé de neuf personnes: Lagarde, Hénart, Vigier, François Zocchetto (patron des sénateurs UDI), Yves Jégo, Hervé Marseille (Fed), Philippe Folliot (Alliance Centriste) et Jean-Marie Bockel (Gauche Moderne) et... Morin.

Après avoir très majoritairement choisi Alain Juppé à la primaire de la droite, les centristes doivent finalement discuter avec François Fillon. Selon une source UDI, l'ancien Premier ministre n'a pas l'intention de parler séparément avec plusieurs partis centristes, contrairement à ce qu'avait pu faire Nicolas Sarkozy par le passé.

Une délégation de l'UDI a été mandatée pour les discussions, qui passent notamment par le président du Sénat Gérard Larcher (LR). "La marque UDI est forte, il y a des élus locaux", plaide l'ancien ministre Yves Jégo, pour qui le centre peut avoir un rôle important à jouer, comme "pôle modéré" aux côtés de Fillon.

"Fillon n'a pas envie de bordéliser une future majorité", glisse un autre.

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