"Baguette, béret, bon sens": la proposition de slogan - finalement non-retenue - pour la campagne présidentielle de Jean Lassalle résume l'esprit d'un documentaire qui lui est consacré, "Un berger et deux perchés à l'Élysée?", en salle mercredi.
À candidat original, film décalé: le berger des Pyrénées, repéré par le grand public en 2003 lorsqu'il entonne un chant basque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, puis par une grève de la faim entamé dans la salle des Quatre-colonnes du Palais Bourbon, se révèle sans surprise un truculent premier rôle qui enchaîne les sorties sur fond d'accent aux "r" roulants.
L'ex-compagnon de route politique de François Bayrou, devenu électron libre aux positions inclassables, a finalement séduit Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux documentaristes pourtant situés à la gauche de la gauche, notamment connus pour leur pamphlet d'il y a vingt ans, "Pas vu, pas pris".
Déprimés par la défaite annoncée de la gauche à la présidentielle de 2017, les deux néo-marxistes s'arrêtent finalement sur la candidature du Pyrénéen, selon eux "le candidat le moins à droite des candidats de droite", en qui ils croient voir l'équivalent français de l'ex-président équatorien Rafael Correa.
Le député Jean Lassalle à l'Assemblée nationale, le 5 décembre 2018
AFP/Archives
Pendant 1H40, leur film - qui devait au départ sortir avant le premier tour de la présidentielle - raconte cette campagne dans laquelle ils s'improvisent conseillers politiques et tentent de donner corps et souffle au "petit candidat" plus ou moins révolutionnaire.
"On est très bon. Le seul truc, c'est qu'on se sous-estime, mais on est très, très bon", a beau jurer un autre (vrai) conseiller de Jean Lassalle lors du marathon de l'hiver 2017, la campagne patine jusqu'à susciter les interrogations chez les réalisateurs auto-proclamés faiseur de roi.
D'abord fascinés par le personnage, filmé en train de débroussailler un pré de sa campagne dans une parfaite image d'Épinal d'élu de terrain attaché à la ruralité, les petites gens et les services publics, les deux documentaristes doutent peu à peu de leur poulain.
Avec humour, parfois à limite de l'absurde, le long-métrage montre la consternation de leurs proches gauchistes atterrés par leur lubie du Lassalle-président, avant que le candidat se rende en Syrie rencontrer Bachar al-Assad et adopte un discours à la limite du conspirationnisme.
Les accusations portées contre le candidat malheureux (1,21%), redevenu député, de comportement déplacé à l'endroit d'une collaboratrice, finissent d'abîmer la relation. Et renvoient l'aventure humaine et politique à une parenthèse finalement désenchantée.
La Fête de l’Humanité s’est tenue ce week-end en Essonne. Elle a vu défiler la plupart des candidats de gauche à la présidentielle, qui se sont tous exprimés lors de meetings organisés indépendamment les uns des autres. Une offre pléthorique à gauche, qui laisse ses sympathisants dans le flou, à huit mois de la présidentielle.
À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).
Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.