Bretigny-sur-Orge : Fete de l Humanite 2026
Credit:Edmond Sadaka

A la fête de l’Huma, l’ambiance de meeting permanent laisse les électeurs de gauche dans le flou

La Fête de l’Humanité s’est tenue ce week-end en Essonne. Elle a vu défiler la plupart des candidats de gauche à la présidentielle, qui se sont tous exprimés lors de meetings organisés indépendamment les uns des autres. Une offre pléthorique à gauche, qui laisse ses sympathisants dans le flou, à huit mois de la présidentielle.
Mathilde Nutarelli

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Publié le

C’est une ambiance de meeting permanent. Cette année, la Fête de l’Humanité, étape incontournable de la rentrée politique à gauche, avait un goût encore plus politique, à huit mois de l’élection présidentielle.

Tous les candidats à gauche (ou presque) étaient présents

Bravant la poussière des allées de la Base 217 du Plessis Pâté, les festivaliers ont vu défiler tous les candidats de gauche à l’élection présidentielle, ou presque. Tous ont organisé leur événement politique sur le stand de leur parti : François Ruffin, Marine Tondelier, même Olivier Faure, dont le parti est souvent chahuté lors de cet événement festif. Seuls deux candidats, officiellement déclarés ou non, manquaient à l’appel : Raphaël Glucksmann et François Hollande. Le fondateur de Place publique, récemment chahuté lors d’une manifestation pour la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles place Vendôme à Paris, a peut-être voulu s’éviter une autre prise à partie, au milieu d’un public très acquis à la cause de Jean-Luc Mélenchon. Dans les allées, on ne compte plus les maillots « Mélenchon 27 », floqués par la France Insoumise pour l’élection présidentielle.

La guerre des meetings entre Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel

L’événement le plus attendu du week-end, pour beaucoup, ce n’était pas un concert, mais le meeting de Jean-Luc Mélenchon, sur le stand de la France Insoumise, retransmis sur écrans géants. Depuis le retour de l’insoumis à la Fête, en 2022, il ameute toujours un nombre considérable de festivaliers pour sa prise de parole. Cette année, l’affluence était encore très importante. A tel point que le meeting a été avancé d’une vingtaine de minutes, pour que les allées ne soient pas embolisées trop longtemps. Peine perdue : l’affluence massive a bouché les voies de circulation pendant l’heure et demie qu’a duré le discours du candidat insoumis.

Pour Jean-Luc Mélenchon, cette prise de parole était autant une réponse à ceux qui ont fustigé sa proposition d’annuler la dette qu’une démonstration de force envers l’hôte de l’événement, le communiste Fabien Roussel, lui aussi candidat à l’élection présidentielle. Le meeting a été organisé une heure et demie avant le traditionnel raout du secrétaire national du PCF, s’est terminé à peine quelques minutes avant son début et a été ouvert par des « Roussel n’est pas un camarade » de la part des militants. La rivalité entre les deux hommes a été relancée par l’annonce de la candidature de Fabien Roussel, à qui Jean-Luc Mélenchon reproche de l’avoir empêché d’accéder au second tour de l’élection présidentielle de 2022 en maintenant sa candidature. Pour autant, les deux tribuns sont restés courtois l’un envers l’autre dans leurs discours, sans s’adonner aux piques qui sont maintenant traditionnelles à gauche.

Des électeurs de gauche dans le flou devant des candidatures pléthoriques

Cette situation d’offre pléthorique de candidats à gauche laisse les festivaliers présents ce week-end dans le flou. La demande d’union, traditionnellement très forte à gauche, l’est encore plus cette fois-ci, alors que le Rassemblement national caracole en tête des sondages. C’est le cas de Michael, Mathilde et Eva. Tous se disent « blasés » par « la dispersion des voix et l’habitude prise de taper sur les copains plutôt que sur les ennemis ». « C’est malheureux, parce qu’on a pléthore de candidats et qu’on va encore perdre alors qu’il y a urgence », se désole Juliette (le prénom a été changé). A rebours des souhaits unionistes, Victoria, elle, comprend la présence de deux candidatures à gauche : une « gauche radicale » et une « gauche macroniste ». « Raphaël Glucksmann et François Hollande font partie d’une gauche centriste. Hollande a fait voter des mesures hyper-libérales pendant son quinquennat », argumente-t-elle.

« Jean-Luc Mélenchon a le plus de chances de l’emporter, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga »

Dans toutes les têtes se pose la question du vote utile pour Jean-Luc Mélenchon. Le long des allées poussiéreuses de l’Huma, toutes les opinions cohabitent : du vote d’adhésion de Michael, Eva et Mathilde, au calcul rationnel de Victoria, au rejet de Juliette. « Jean-Luc Mélenchon a le plus de chances de l’emporter, mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga », explique Victoria. « Mélenchon est trop en colère », juge ce festivalier, rencontré devant un stand de mafé. Lui, il préfère Fabien Roussel. « Je ne voterai pas utile », exclut Juliette, « si on a un scrutin à deux tours, c’est pour qu’on puisse voter pour un candidat qu’on aime bien ». « C’est dommage de devoir dévoyer notre droit de vote face à l’inorganisation des partis », déplore-t-elle.

Mais une fois le soleil couché et les meetings terminés, ces divergences s’effacent vite à la fête de l’Huma. Les festivaliers se pressent alors dans les stands et devant les scènes. Sans penser à l’ambiance qui y régnera l’année prochaine.

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