24 propositions pour répondre aux difficultés de recrutement des entreprises
Les sénateurs centriste Michel Canévet et LR Guy-Dominique Kennel ont présenté ce jeudi, les conclusions de leur rapport sur les difficultés des entreprises à recruter. 24 propositions pour faire évoluer les compétences en fonction des besoins. 

24 propositions pour répondre aux difficultés de recrutement des entreprises

Les sénateurs centriste Michel Canévet et LR Guy-Dominique Kennel ont présenté ce jeudi, les conclusions de leur rapport sur les difficultés des entreprises à recruter. 24 propositions pour faire évoluer les compétences en fonction des besoins. 
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Par Cécile Sixou

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« Depuis deux ans les chefs d’entreprise n’ont cessé de nous faire part des difficultés de recrutement qu’ils éprouvaient tant pour des métiers basiques que pour des métiers qualifiés ». À chaque fois qu’ils vont sur le terrain rencontrer des chefs d’entreprise, les sénateurs de la Délégation aux entreprises ont les mêmes retours : les employeurs n’arrivent pas à trouver de candidat aux postes qu’ils proposent. Une incompréhension pour les sénateurs alors que le taux de chômage est très élevé en France, 5,6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi et ce avant la crise du Covid-19. « Il y a une véritable inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi dans notre pays ». La situation est parfois dramatique, explique le sénateur Michel Canévet, « certaines entreprises nous ont expliqué qu’elles ne pouvaient pas honorer l’ensemble de leurs commandes par manque de main-d’œuvre », d’autres menacent de quitter le territoire sur lequel elles sont implantées faute d’attractivité . 

 

Nouvelle copie avec la crise du covid 

 

Comment mettre en adéquation les besoins des entreprises et les compétences des candidats qui cherchent un travail ? C’est sur cette question que les sénateurs ont travaillée. Ils devaient remettre leur rapport le 2 avril dernier, mais avec la crise du covid ils ont dû revoir leur copie. « Nous avions un certain nombre d’indicateurs au vert, une bonne croissance, une évolution favorable de l’apprentissage, moins de demandeurs d’emploi mais la crise a bouleversé les choses avec une récession attendue de 11 % et 800 000 chômeurs supplémentaires ». 

Finalement ce nouveau contexte de crise économique n’a pas été un frein à leurs travaux. Il en ressort 24 recommandations pour faire évoluer les compétences des Français « dans ce contexte post covid ça va permettre de préparer l’avenir et anticiper les nouvelles formes de travail qui ont émergé avec la crise ». 

 


« Il y a un cloisonnement entre le monde de l’Éducation nationale et le monde de l’entreprise »

Pour les sénateurs il faut revoir le système de formation des personnels de l’Éducation nationale :  « Ils franchissent trop peu les portes des entreprises », selon eux. En 2019, seulement 4 300 personnes, professeurs, proviseurs ont fait un passage en entreprise. Trop peu pour les sénateurs qui estiment qu’« il y a un cloisonnement entre le monde de l’Éducation nationale et le monde de l’entreprise ». Faire sauter ce cloisonnement c’est l’une des propositions : « Il faut rendre obligatoire une immersion dans l’entreprise, sous l’égide des régions, des personnels de l’Éducation nationale. Ça doit être aussi intégré dans la formation initiale des personnels, il faut cette ouverture du monde de l’éducation vers l’entreprise. »

 

« Ceux qui veulent aller vers la boulangerie, il faut qu’ils y passent une journée »



Autre recommandation favoriser l’apprentissage. Le secteur va être particulièrement touché par la crise, explique les sénateurs. « Il faut mettre en place des dispositions pour son maintien ». Par exemple, le sénateur cite ceux qui avaient trouvé une entreprise et qui à cause de la crise ne pourront finalement pas être accueillis, « il faut les accompagner pour qu’ils trouvent une autre entreprise ». 

Plus largement les sénateurs souhaitent qu’un soutien soit apporté aux futurs apprentis. Comme l’organisation de journées en immersion « ceux qui veulent aller vers la boulangerie, il faut qu’ils y passent une journée avant de s’inscrire définitivement en centre de formation ». Une manière de savoir si l’orientation vers laquelle ils se dirigent correspond à leur choix. Par ailleurs, les sénateurs recommandent d’aider financièrement les futurs apprentis « il y a beaucoup de freins financiers pour eux, ils doivent faire face à des charges d’hébergement de mobilité, de restauration sur leur lieu de formation mais aussi de travail », le sénateur propose de mettre à leur disposition des moyens financiers « pour que ce ne soit pas un obstacle au développement de ces formations en France ».

 

« Les chefs d’entreprise ont une image détestable de Pôle emploi »

 

Pour les sénateurs il faut également renouer les liens entre Pôle Emploi et les chefs d’entreprise. « Nous avons rencontré des chefs d’entreprise qui ont une image détestable de Pôle emploi ». Une mauvaise réputation qui repose sur des « expériences malheureuses », selon le sénateur. Auditionnée par la mission d’information, la direction de Pôle Emploi en a conscience et souhaite réhabiliter cette image.

Pour les sénateurs, il faut qu’elle simplifie ses démarches, mais aussi être plus proactif. « Il faut aller plus dans les entreprises, pour déterminer leurs besoins », estiment les sénateurs, « c’est en connaissant mieux l’entreprise et son besoin, que Pôle Emploi peut aussi proposer un certain nombre de formations ». Une proximité testée dans les Hauts-de-France avec « proche emploi » et qui marche bien selon les sénateurs « des conseillers vont en entreprise et font l’interface, cette expérience pourrait être généralisée ». 

 

« Les entreprises recherchent un mouton à 5 pattes qui n’existe pas » 

 

Les sénateurs proposent également d’aider les entreprises à mieux définir leurs besoins. 
En termes d’emploi tout d’abord « car les entreprises recherchent souvent un candidat idéal, un mouton à 5 pattes qui en général n’existe pas. » Le rapport propose d’accompagner les entreprises pour définir ce qui peut être utile, comme par exemple recruter un candidat qui n’a pas forcément tous les acquis au départ mais qui en se formant va se mettre à niveau.

Mais aussi en termes de formation. Elle pourrait utiliser des ressources existantes, les seniors qui ont une certaine expérience pour former les jeunes générations. «Il faut éviter le gâchis de compétence des seniors », explique les sénateurs et « permettre à ceux qui sont en fin de parcours en préretraite, ceux qui ont une compétence certaine de pouvoir la transmettre. » 

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