Après le résultat des élections consulaires, les nouveaux équilibres qui pèseront sur les sénatoriales 2026
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Après le résultat des élections consulaires, les nouveaux équilibres qui pèseront sur les sénatoriales 2026

Les Français expatriés ont renouvelé leurs conseillers consulaires, et donc le corps électoral pour les sénateurs représentant nos près de deux millions de compatriotes établis hors du pays. La gauche revendique une progression, emmenée par les écologistes et les insoumis. La droite affirme progresser légèrement. Renaissance et ses alliés ressortent affaiblis du scrutin.
Guillaume Jacquot

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Le scrutin est méconnu, mais il pourra avoir de petites répercutions sur d’autres rendez-vous électoraux, en particulier les élections sénatoriales. 1,7 million de Français qui résident à l’étranger étaient appelés à voter la semaine dernière pour élire leurs représentants (du 22 au 27 mai en ligne, et les 30 et 31 mai dans les urnes) leurs représentants de proximité. 433 conseillers consulaires ont été élus, auxquels il faut ajouter 77 délégués consulaires. Ces derniers – qui doivent servir à assurer une juste représentation proportionnelle entre les 130 circonscriptions – ne siégeront pas dans les conseils consulaires, mais ils voteront comme les autres aux élections sénatoriales de septembre. Six des douze sénateurs des Français établis hors de France sont en effet renouvelables.

Comme en 2021, l’élection a peu mobilisé. En s’établissant à près de 14 %, le taux de participation a encore reculé. C’est un peu plus d’un point de moins par rapport au dernier scrutin, repoussé d’un an pour cause de pandémie. En valeur absolue, la participation représente quasiment 235 000 personnes.

130 élections locales

La lecture des résultats est toujours délicate, en raison de la nature même de l’élection, et de listes qui ne sont pas toujours clairement étiquetées. « L’élection la plus proche, ce sont les élections municipales. Il s’agit de 130 élections distinctes. Il peut y avoir un facteur local, et pas toujours politiques. Si la communauté française est de taille réduite, où il n’y a qu’un seul siège de conseiller en jeu, il y aura moins de politisation du scrutin, comme dans les petites communes », rappelle le sénateur LR Ronan Le Gleut, dont le mandat n’est pas renouvelable cette année.

À l’issue des opérations de vote, certaines tendances et un certain nombre de tendances se dessinent. La gauche revendique de bons résultats, motivés par un vote « sanction » à l’égard du camp présidentiel. C’est l’analyse qu’en a faite le sénateur des Français Yan Chantrel, cette semaine lors des questions au gouvernement. Son siège est renouvelable cette année. « La gauche arrive largement en tête avec près de la moitié des sièges. Les Français et les Françaises de l’étranger ont envoyé un signal fort au gouvernement », a résumé cet ancien conseiller consulaire élu au Canada. Une cartographie dont doute Ronan Le Gleut. « Ce n’est pas factuellement vrai, il y a parfois des listes plus au centre », tient-il à nuancer.

Bond des conseillers écologistes, la droite revendique une « légère progression »

À rebours des dynamiques observées lors des municipales sur le territoire national, les écologistes affirment avoir augmenté de 50 % leur nombre de sièges, et s’affirment comme « la première force au sein d’une gauche qui progresse ». L’écologiste Mélanie Vogel, si elle se représente, est donc en bonne voie pour conserver son siège. La France insoumise enregistre également des succès, même si le mouvement de Jean-Luc Mélenchon partait de bien plus bas. Il affirme avoir triplé son nombre de conseillers, passant de 13 à une « quarantaine ». « Cette progression conforte l’élargissement de notre implantation locale », se sont félicités les Insoumis dans un communiqué.

Pour la droite au sens large – LR et nuances proches – la moisson est jugée convenable. « Nous sommes en légère progression, nous avons eu de bons résultats comme aux municipales. L’ancrage local s’est aussi exprimé dans les collectivités des Français de l’étranger. Beaucoup de sortants se sont présentés sur leur bilan, et pas sur une étiquette », relève Ronan Le Gleut. Un discours que certains à gauche nuancent, en soulignant que LR est en « diminution ». À noter que Christophe-André Frassa, sénateur (LR) sortant, ne se représentera pas. Le parti de Bruno Retailleau a investi une liste conduite par Bertrand Dupont.

Il faut aussi mentionner l’Alliance solidaire des Français de l’étranger (ASFE), un parti éclectique qui regroupe trois sénateurs des François de l’étranger : Évelyne Renaud-Garabedian et Jean-Luc Ruelle, tous deux rattachés au groupe LR, et Sophie Briante Guillemont, qui siège au sein du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE), une structure elle aussi transpartisane. « On progresse de façon très importante, on gagne plus de 50 % des voix par rapport à 2021, c’est une avancée considérable », témoigne Sophie Briante Guillemont, dont le mandat arrive aussi à échéance. Cette ancienne conseillère de Myriam El Khomri relève elle aussi que l’un des faits de cette élection reste la progression de la gauche.

Recul du nombre de conseillers pour le parti présidentiel

Au centre, les consulaires de 2026 ne sont pas un bon cru, à en croire plusieurs sénateurs. Les effectifs des conseillers Renaissance, ou apparentés, sont en recul. Le parti emmené par Gabriel Attal n’a d’ailleurs pas communiqué sur le sujet, contrairement à l’élection de 2021, où la majorité présidentielle affirmait avoir « conforté son ancrage auprès des Français de l’étranger ». Parmi les six sièges représentant les Français de l’étranger au palais du Luxembourg concernés par les sénatoriales en septembre, le parti fondé par Emmanuel Macron compte une parlementaire : Samantha Cazebonne. Rappelons que les parlementaires des Français de l’étranger – députés et sénateurs – participent aussi à l’élection sénatoriale, outre les conseillers et délégués conseillers. Or Renaissance compte 10 des 12 députés des Français de l’étranger, ce qui contribuera à limiter un peu la casse en septembre. L’arc central compte également un siège renouvelable dans le groupe Union centriste, celui d’Olivier Cadic (UDI).

Reste le résultat du Rassemblement national, qui misait beaucoup sur le scrutin, avec 25 listes. Pas de vague bleu marine à l’étranger, le parti présidé par Jordan Bardella revendique 6 élus, contre 3 dans la mandature précédente.

Il faudra encore plusieurs semaines pour avoir une photographie plus précise des nouveaux équilibres nés de ces élections consulaires. Les conseillers consulaires ont désormais les yeux rivés sur la formation des listes en vue de l’élection à l’Assemblée des Français de l’étranger, à la fin du mois. C’est à ce moment-là que la campagne pour les sénatoriales des Français de l’étranger commencera véritablement. Rappelons aussi que les élections consulaires auront aussi un effet sur la présidentielle : les conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger et les présidents des conseils consulaires ont le droit de parrainer un candidat pour l’élection suprême. Ils étaient 150 à l’avoir fait en 2022.

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