A 5 jours du référendum en Nouvelle-Calédonie, ultimes meetings des deux camps
Drapeaux kanaks et chants à la gloire de la "Kanaky Nouvelle Calédonie" d'un côté, appel au "vivre ensemble" de l'autre: les deux principaux...

A 5 jours du référendum en Nouvelle-Calédonie, ultimes meetings des deux camps

Drapeaux kanaks et chants à la gloire de la "Kanaky Nouvelle Calédonie" d'un côté, appel au "vivre ensemble" de l'autre: les deux principaux...
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Par Cécile AZZARO

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Drapeaux kanaks et chants à la gloire de la "Kanaky Nouvelle Calédonie" d'un côté, appel au "vivre ensemble" de l'autre: les deux principaux partis indépendantiste et non indépendantiste tenaient mardi leurs derniers meetings, avant le référendum sur l'indépendance dimanche.

Toute la journée, plusieurs centaines de personnes ont participé dans une ambiance festive et combative à Nouméa au rassemblement final du FLNKS, qui croit dur comme fer à la victoire du oui à l'indépendance.

Dans la soirée, le principal parti non-indépendantiste Calédonie Ensemble (droite modérée) a organisé à son tour sa dernière rencontre à l'université de Nouméa, devant environ 400 militants.

Après une campagne jusque-là apaisée entre les camps du oui et du non, le sénateur Pierre Frogier, président local du Rassemblement LR a jeté un peu d'huile sur le feu en annonçant qu'il demanderait, si le non l'emporte massivement dimanche comme le laissent entrevoir les sondages, l'annulation des deux autres scrutins qui peuvent être organisés d'ici à 2022, selon l'accord de Nouméa (1998).

Une demande qui a peu de chance d'aboutir, mais pourrait arcbouter le clan indépendantiste.

L'accord de Nouméa avait été signé dix ans après ceux de Matignon, qui ont mis fin à plusieurs années de quasi guerre civile entre Kanaks et Caldoches ayant culminé avec la prise d'otage et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts.

Le sénateur LR de Nouvelle-Calédonie Pierre Frogier (au centre) à l'Elysée, le 27 juin 2018
Le sénateur LR de Nouvelle-Calédonie Pierre Frogier (au centre) à l'Elysée, le 27 juin 2018
AFP/Archives

Au terme de cet accord, 174.154 électeurs sont invités à se prononcer pour dire s'ils souhaitent "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".

Mardi, au centre d'activités Kowe-Kara, à la sortie de Nouméa, le drapeau kanak, une flèche faitière dans un soleil sur fond bleu, rouge, vert, est partout: sur les tee-shirts, accroché dans les cheveux des femmes. Sur une scène en plein air, des groupes de Kaneka, musique locale, mettent l'ambiance. Le titre "Pour la Kanaky je dis +oui+" remporte un franc succès.

Sur l'estrade, les principaux leaders des deux mouvances du FLNKS, l'Union nationale pour l'indépendance (UNI) et l'Union calédonienne (UC) se succèdent, sous une bannière "Oui à la pleine souveraineté Kanaky Nouvelle Calédonie".

- Leçon de l'histoire -

A quelques jours du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, le drapeau du FLNKS est partout, ici à Poindimie
A quelques jours du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, le drapeau du FLNKS est partout, ici à Poindimie
AFP/Archives

Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS et nationaliste au Congrès, dénonce, sous les vivats de la foule, "cet Etat qui s'accroche pour ne pas lâcher le dernier confetti de son empire".

"On va gagner, il n'y a pas de raisons de douter, nous sommes arrivés au bout du combat", assure Charles Washetine, porte-parole et élu du Palika (Parti de libération kanak).

Des femmes, en robes traditionnelles aux couleurs vives, écoutent, assises sur des nattes. Marie, 64 ans, est "sûre qu'on va gagner". "Même si ça ne passe pas là, on recommence une deuxième fois, une troisième fois", insiste cette retraitée de la banque.

L'ambiance est beaucoup plus policée et encadrée au meeting de Calédonie Ensemble. Ici, pas de danse ni de chant, mais des intervenants qui défendent à tour de rôle "le destin commun" de la Nouvelle-Calédonie et la nécessité de ne pas créer plus de divisions au soir du 4 novembre.

Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS rencontre le Premier ministre Edouard Philippe, à Nouméa, le 2 décembre 2017
Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS rencontre le Premier ministre Edouard Philippe, à Nouméa, le 2 décembre 2017
AFP/Archives

"On a retenu la leçon de l'histoire, la leçon des événements (...) Dimanche il ne suffira pas de gagner, il va falloir être plus intelligent que ça et tendre la main", explique Philippe Michel, président de la Province sud.

Le meeting prend une tournure plus politique et agressive quand le député Philippe Gomès, président de Calédonie Ensemble, entre en scène. Il tacle les indépendantistes, dont le projet "est resté sur la base d'un logiciel des années 70 ou 80", et dont le discours, "pas à la hauteur des enjeux", oublie "le chemin accompli en trente ans".

Mais il s'en prend encore plus vigoureusement à ses deux rivaux de droite - pourtant non indépendantistes -, Les Républicains Calédoniens et le Rassemblement LR, qui selon lui "vont +mettre la zone+ après le référendum avec leur propos électoralistes".

A la sortie, les militants ne retiennent que le discours sur le "vivre ensemble". "Ce qui nous pousse c'est la paix, je suis sereine, on va gagner", explique Nicole, une évangéliste de 51 ans, d'origine kanak.

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