A l’Assemblée, les Insoumis mettent à l’affiche leurs propositions
"Prendre le contrôle" pour un jour à l'Assemblée: les Insoumis ont mis en avant jeudi, réseaux sociaux à l'appui, leurs...

A l’Assemblée, les Insoumis mettent à l’affiche leurs propositions

"Prendre le contrôle" pour un jour à l'Assemblée: les Insoumis ont mis en avant jeudi, réseaux sociaux à l'appui, leurs...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

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"Prendre le contrôle" pour un jour à l'Assemblée: les Insoumis ont mis en avant jeudi, réseaux sociaux à l'appui, leurs propositions sur le burn out, les contrôles d'identité ou la fin de vie, tentant en vain de relancer d'anciens chantiers ouverts à gauche.

Pour la première journée consacrée aux propositions de leur groupe ("niche parlementaire"), les 17 députés de La France insoumise étaient tous dans l'hémicycle, très clairsemé, pour porter cinq textes, qualifiés par leur chef de file Jean-Luc Mélenchon de "propositions de bon sens".

Pour cet "Insoumis D(ay)", formule d'Eric Coquerel, ils avaient plus que jamais misé sur l'écho hors du Palais Bourbon: passages média, fil Twitter dédié (#LoisFI), direct sur Youtube à 18H00, avec élus et invités, émaillés de petites pastilles sur les textes.

Coutumiers des coups d'éclat, ceux qui se veulent "proposants" et non simples "opposants" ont vanté leur "travail en amont" avec nombre d'auditions et le caractère "raisonnable" des propositions. Sur les récépissés lors des contrôles d'identité, ils avaient ainsi prévu une expérimentation, plutôt qu'une application immédiate.

Les Insoumis ont aussi revendiqué le soutien de l'opinion, avec un sondage commandé pour l'occasion, et l'appui des autres groupes de gauche sur la majorité des textes. Un responsable PS a pointé "de très nombreux sujets d'inspiration commune, qui ont déjà fait l'objet de propositions socialistes".

Les textes LFI, retoqués en commission, ont toutefois subi le même sort dans l'hémicycle, l'examen du dernier sur la fin de vie ayant été interrompu pour cause d'horaire tardif.

La première proposition sur le burn out a ainsi vu son parcours stoppé, malgré le plaidoyer de François Ruffin pour "les silicosés du cerveau". Idem pour la ratification par référendum du traité UE-Canada (Ceta), l'instauration d'un droit à l'accès à l'eau, puis le texte sur les récépissés.

- 'Les rageux' -

Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé dès le matin sur BFMTV-RMC le "mauvais sort" en vue, avec motions de renvoi ou de rejet LREM sur chaque texte. "On ne peut discuter de rien, ils n'amendent pas, ils n'en parlent pas et ils espèrent nous enterrer comme ça".

Plusieurs groupes d'opposition ont aussi déploré ce procédé. Sur le burn out, Pierre-Henri Dumont (LR) a jugé que le +nouveau monde+, "bien pire que l'ancien", méprise le travail des opposants.

Après le même procédé sur les récépissés, la communiste Elsa Faucillon y a vu "un aveu de faiblesse" de la majorité, tandis que Boris Vallaud (Nouvelle Gauche) a dénoncé "un déni de débat parlementaire".

Loïc Prud'homme (LFI) a, lui, raillé sur Twitter "les rageux" de la majorité.

Dans l'hémicycle, les "marcheurs" ne masquaient pas pour certains leur énervement.

A Guillaume Chiche qui reprochait à LFI son "monologue", François Ruffin a notamment répliqué que c'est la majorité qui est dans "le monologue" et "le sectarisme".

Julien Borowczyk (LREM) a, lui, raillé des symptômes d'"isolement et d'irritabilité" chez des Insoumis qui se voyaient "avoir des carrières nationales, voire internationales, mâtinées d'une stature de Lider Maximo".

Sur Youtube, Jean-Luc Mélenchon a pointé en début de soirée "quelques dérapages individuels de gens qui ont été extrêmement agressifs" reconnaissant qu'en retour, les Insoumis "élev(ai)ent la voix". Les motions, "ça tend les discussions" parce que ça donne l'impression d'une majorité "de mauvaise foi", a-t-il ajouté.

D'autres moments de tension ont suivi dans la soirée, notamment avec le gouvernement sur les récépissés, ou avec LR, lorsque Guillaume Larrivé a jugé que les Insoumis s'inscrivaient dans "la très vieille méfiance de l'ultra-gauche française à l'endroit de la police et de la gendarmerie".

Côté LREM, un élu jugeait récemment que "LFI a une position frontale et très politique", un autre trouvant qu'ils ont "une vision mais aucune méthode d'exécution".

Signe d'un agacement présent aussi chez LR, Christian Jacob les a récemment qualifiés d'"as de pique", se démarquant par leurs attitudes ou tenues mais "incapables de se distinguer par leurs idées".

Un ténor de la majorité a vu dans cette journée "un exercice de style classique" sur "des identifiants" pour LFI. Avec en face une tactique simple: "pas de discussion, ne rien leur lâcher".

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