Après « Au Tableau ! », l’émission qui confronte depuis près de dix ans les personnalités aux questions d’enfants, place est faite désormais aux aînés. Le principe reste le même, bien que la génération change : des résidents d’EHPAD interrogent sans filtre celles et ceux qui ambitionnent de diriger le pays. Une manière de rappeler que la citoyenneté ne s’arrête pas aux portes des établissements : en 2022, les 65 ans et plus ont voté à 77 % au premier tour, loin devant les 18-29 ans (67,2 %).
Gabriel Attal face au « jury »
Pour ce premier rendez-vous, dans une résidence DomusVi de Suresnes, Gabriel Attal — ancien Premier ministre et ex-ministre de l’Éducation nationale — commence par essayer un étonnant « simulateur de vieillissement » avant de s’installer face à ce qu’il appelle lui-même un « jury ». Suivent des questions qui ne s’embarrassent d’aucune langue de bois. Sur la sécurité, il défend davantage de fermeté et une justice des mineurs révisée, estimant qu’« un mineur de 2026, ce n’est pas un mineur de 1945 ».
Fidèle à son parcours ministériel, il redit également son attachement à l’école, « une priorité absolue ». Egalement, sur le grand âge, il plaide pour le libre choix entre domicile et EHPAD et un meilleur encadrement des établissements.
Mais le format nous permet aussi de plonger dans certains moments où le candidat se livre sur un plan plus personnel. Une résidente, Chantal, l’interroge notamment sur son homosexualité et sur l’incidence, notamment, que cela pourrait avoir vis-à-vis du rôle que pourrait exercer son conjoint.
De gauche, de droite… ou du centre ?
Carte sur table, face aux résidents, une autre question le pousse à se situer sur un terrain plus politique… Est-il de gauche ou de droite ? Gabriel Attal rappelle alors ses débuts au Parti socialiste, avant de se définir d’abord par la liberté — la liberté économique, qu’il jugeait mieux portée à droite, et les libertés individuelles, mieux défendues à gauche… Il récuse pour autant l’étiquette centriste, notamment car « il y a « triste » dedans », glisse-t-il devant son assemblée. Il dit alors, en conclusion, préférer faire travailler ensemble des sensibilités de gauche, de droite et du centre.
Xavier Bertrand ouvrira lui aussi très prochainement cette nouvelle émission, pour un prochain épisode, tous tournés dans des établissements en France, avec des personnalités de toutes sensibilités. Ce premier, avec Gabriel Attal, est à voir dès maintenant sur la chaîne YouTube de l’émission, publicsenat.fr ainsi que Ouest-France.