ADP : le Parti communiste fait du référendum d’initiative partagée une «campagne prioritaire»
À l’origine de la procédure du référendum d’initiative partagée pour annuler la privatisation d’Aéroports de Paris – comme d’autres groupes au Parlement – les communistes veulent « multiplier les initiatives » pour réunir les 4,7 millions signatures d’électeurs nécessaires. Ils visent le million de soutiens à la mi-septembre, à l’issue de la Fête de l’Humanité.

ADP : le Parti communiste fait du référendum d’initiative partagée une «campagne prioritaire»

À l’origine de la procédure du référendum d’initiative partagée pour annuler la privatisation d’Aéroports de Paris – comme d’autres groupes au Parlement – les communistes veulent « multiplier les initiatives » pour réunir les 4,7 millions signatures d’électeurs nécessaires. Ils visent le million de soutiens à la mi-septembre, à l’issue de la Fête de l’Humanité.
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En date du 30 juin, 480 000 Français inscrits sur les listes électorales ont apporté leur soutien en faveur de l’organisation d’un référendum sur la cession au privé d’Aéroports de Paris, que ce soit par l’intermédiaire de la plateforme gérée par le ministère de l’Intérieur, ou par le biais de formulaires officiels disponibles dans certaines mairies.

La procédure est inédite, et a été rendue possible par la mobilisation au printemps de 248 parlementaires, de tous bords : députés et sénateurs de gauche principalement (socialistes, communistes et insoumis), mais aussi venus des Républicains ou encore du centre. Cette alliance inédite a permis de franchir la barre d’un cinquième de parlementaires nécessaires, mais un deuxième palier, plus massif, les attend : réunir les signatures d’un dixième du corps électoral (4,72 millions d’électeurs) en 9 mois. D’ici le 12 mars 2020, le temps est compté pour la réunion des conditions du référendum d’initiative partagée (RIP).

« Pour l’instant, on n’est pas inquiets. On est plutôt rassurés : ce chiffre marque l’intérêt des Français. Ils souhaitent qu’il y ait un référendum », observe Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, lors d’un point d’étape organisé au siège du parti ce 8 juillet. Un récent sondage YouGov pour le HuffPost a contribué à alimenter leur optimisme, puisqu’il révèle que 75 % des Français interrogés se disent prêts à signer la pétition nécessaire au référendum.

« La bureaucratie digne de l’Union soviétique »

L’état du nombre de soutiens est d’autant plus encourageant que la plateforme officielle souffre d’un problème d’ergonomie et d’accessibilité, juge-t-on place du Colonel-Fabien. « C’est un site digne de l’époque des minitels ! On a l’impression d’être tombé dans la bureaucratie digne de l’Union soviétique », peste le député PCF du Nord.

Si ce premier mois de recueil des soutiens n’accuse aucun retard (il faut en moyenne 524 000 soutiens chaque mois), le Parti communiste entend mobiliser toutes ses troupes à la recherche des millions de signatures. « On a souhaité en faire une campagne prioritaire », explique Fabien Roussel, qui annonce des opérations tous azimuts. À travers des courriers, le PCF compte s’appuyer sur son réseau d’élus locaux ou ses 24 parlementaires pour organiser des points de collectes sur le territoire, via les mairies ou les permanences. Bornes informatiques, information dans les journaux municipaux : la logistique territoriale est de sortie.

Un coup d’accélération espéré pendant la Fête de l’Humanité

Les 49 000 adhérents à jour de cotisation sont aussi appelés à se faire relais de la campagne pour l’organisation d’un référendum. De ce point de vue, la marge de progression est encore grande. Le député de Seine-Saint-Denis a mené un « test » ce week-end dans sa circonscription, après des élus et des militants de la ville de Saint-Denis : beaucoup de signatures manquent encore à l’appel. « 15 % ont signé », révèle-t-il. Loin de s’inquiéter, les parlementaires communistes y voient plutôt une réserve dans laquelle puiser. « C’est largement en deçà des possibilités de recueil. C’est par la multiplicité des initiatives qu’on va réussir ce parti », espère la sénatrice Éliane Assassi, présidente du groupe au Sénat.

Outre certains évènements estivaux et l’université d’été à Aix, à la fin du mois d’août, les communistes comptent surtout sur l’affluence de la Fête de l’Humanité, pour faire le plein de signatures en faveur du RIP. Ce rassemblement festif qui s’étend sur trois jours réunit chaque année plus de 500 000 participants. Plusieurs ordinateurs seront disposés dans les stands pour accompagner les festivaliers à enregistrer le soutien sur le site du ministère de l’Intérieur. Le PCF s’attend à ce que la barre du million de soutiens soit dépassée après la fin de l’évènement, le 15 septembre.

Ce genre d’évènement sera indispensable pour relancer le rythme de collecte, en perte de vitesse ces derniers jours selon le site Adprip.fr. Ce site, lancé par l’association La Quadrature du net, et qui se base sur la consultation publique des signataires, estime que le nombre de nouveaux soutiens par jour est tombé en moyenne à 7 400, bien en deçà des 27 000 qu’il faudrait réunir quotidiennement. « Le nombre de soutiens journaliers va un peu fléchir » en cette période estivale, reconnaît Éliane Assassi.

Un courrier adressé aux médias de l’audiovisuel public

Les communistes comptent aussi faire vivre « l’arc républicain », à l’origine du déclenchement du RIP. Une coordination va être lancée ce jeudi dans le cadre de la « Marée populaire », une instance informelle qui réunit plusieurs partis de gauche, des syndicats et des associations. Des discussions se poursuivent également avec les parlementaires de droite mobilisés sur le sujet, comme Gilles Carrez.

Réclamant un nouveau rendez-vous au ministère de l’Intérieur pour faire un point d’étape sur la gestion de la campagne du RIP, les présidents des groupes communistes – André Chassaigne (à l’Assemblée nationale) et Éliane Assassi (au Sénat) – ont également cosigné la semaine dernière avec les autres présidents de groupes engagés dans le processus du RIP, un courrier adressé aux directions de l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France et les deux chaînes parlementaires) pour que ces dernières informent les citoyens sur la campagne de collecte en cours. « C’est la Constitution qui permet ce référendum. Donc il nous paraît légitime que les chaînes publiques doivent faire acte de pédagogie à l’égard de nos concitoyens », considère la sénatrice Éliane Assassi.

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Dans sa communication du 1er juillet, le Conseil constitutionnel rappelait que la loi n’imposait rien en la matière, contrairement aux campagnes précédant un scrutin électoral, et qu’il revenait aux différentes sociétés de l’audiovisuel public de définir les modalités d’information.

À ce jour, ni France Télévisions, ni Radio France n’ont répondu au courrier qui leur a été adressé le 3 juillet, selon le Parti communiste. Un coup d’éclat n’est pas exclu. « On ne s’interdit pas de réfléchir, d’ici quelques jours, à une initiative devant les locaux de France Télévisions », répond Éliane Assassi.

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