Affaire Lactalis : la réponse du Sénat
Alors que la pression judiciaire s’intensifie sur le géant laitier, de son côté, le Sénat entend, lui aussi, participer à la réponse institutionnelle sur le scandale sanitaire touchant le groupe Lactalis.

Affaire Lactalis : la réponse du Sénat

Alors que la pression judiciaire s’intensifie sur le géant laitier, de son côté, le Sénat entend, lui aussi, participer à la réponse institutionnelle sur le scandale sanitaire touchant le groupe Lactalis.
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Par Jules Duribreu

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Le Sénat va lancer, à partir du mardi 23 janvier, un cycle d’auditions visant à entendre les différents acteurs de ce qui est aujourd’hui connu comme étant l’affaire Lactalis. Le groupe, leader mondial de son secteur, est au coeur d’une crise médiatique, politique et judiciaire depuis la révélation en décembre 2017 d’une contamination à la salmonelle de  lait infantile produit par les usines du groupe. A ce jour, les autorités ont constaté la contamination par des salmonelles de 35 bébés ayant absorbé des produits Lactalis, et le discret PDG de l’entreprise, Emmanuel Besnier, a annoncé, le 14 janvier 2018 que 83 pays étaient concernés par le rappel des produits.

« Nous souhaitons prendre du recul sur cette affaire »

En réaction, les commissions des affaires économiques et des affaires sociales du Sénat, à l’initiative de leurs présidents, respectivement Mme Sophie Primas et M. Alain Milon, ont décidé d’organiser un cycle d’auditions. La présidente de la commission des affaires économiques Sophie Primas souhaite que ces auditions soient l’occasion d’une discussion sereine avec les différents acteurs de cette crise. « C’est une affaire qui a connu un emballement médiatique du fait de son contexte sensible, et nous souhaitons avoir l’occasion de pouvoir prendre du recul, d'être un peu moins dans l’émotionnel et plus dans le rationnel. On essaye de passer dans le cycle de la raison, afin de pouvoir établir les responsabilités de chacun. »  

Un point de vue que partage le sénateur de la Mayenne, lieu d’implantation du siège social de l’entreprise, Guillaume Chevrollier. « Je me félicite que le Sénat prenne l’initiative sur ce sujet. Nous devons notre soutien aux familles, mais ces auditions permettront de faire la lumière dans ce dossier, et peut-être de revenir à un peu plus de retenue, de raison dans cette affaire.»

Le directeur de la communication de Lactalis entendu

A cet effet, la commission des affaires économiques entendra, ce mardi, Virginie Beaumeunier, directrice générale de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes. Cette administration rattachée au ministère de l’économie a pour première mission de garantir la sécurité alimentaire, particulièrement en matière alimentaire.

Mercredi, c’est Michel Nalet, directeur de la communication de Lactalis qui sera entendu. On s’en souvient, Lactalis a aussi été pointé du doigt pour sa gestion de la crise, notamment sur son manque de communication à l’égard des consommateurs. Un avis partagé par la sénatrice des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques, Sophie Primas : « Une entreprise a le droit de se taire, mais je pense quand dans cette affaire, Lactalis aurait dû réagir plus rapidement auprès de ses consommateurs, plus en empathie. »

Enfin, courant février, les représentants de la grande distribution seront eux aussi auditionnés. En effet, des groupes comme Leclerc, Auchan, Système U, Carrefour et Casino avaient continué à vendre des produits concernés par le rappel. Le Ministre de l'Économie Bruno Le Maire, avait accusé ces derniers d'avoir été « défaillants » dans la gestion du dossier du lait contaminé. Enfin, les associations de consommateurs et de familles victimes du lait contaminé seront reçues à la du mois de février.

Restaurer la confiance des consommateurs

Pour autant, du côté des sénateurs, l’objectif n’est pas de faire le procès du groupe Lactalis. Pour Guillaume Chevrollier, il s’agit avant tout de rassurer. « J’espère que ces auditions permettront de faire la lumière mais aussi de rétablir la confiance. Lactalis est une très belle entreprise, et ces auditions permettront d’apporter des éléments qui, je l’espère, rétabliront la confiance des consommateurs dans cette affaire qui porte préjudice à une filière d’un grand professionnalisme, la filière laitière, capitale pour un territoire rural comme le mien. »

Une position partagée par Sophie Primas : « Il y a une procédure judiciaire qui ira jusqu’au bout, et le parlement ne peut pas se substituer à la justice. On souhaite avant tout comprendre l’origine de ces dysfonctionnements pour éviter que ça ne se reproduise.” Ainsi, pour le Sénat, une commission d'enquête parlementaire, comme cela avait été proposé, ne semble pas d’actualité.









 

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