Alliot-Marie mise en examen pour avoir aidé une association proche de son père
Ancienne figure de la droite française, Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour "prise illégale d'intérêt" dans le cadre d...

Alliot-Marie mise en examen pour avoir aidé une association proche de son père

Ancienne figure de la droite française, Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour "prise illégale d'intérêt" dans le cadre d...
Public Sénat

Par Antoine GUY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ancienne figure de la droite française, Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour "prise illégale d'intérêt" dans le cadre d'une enquête sur des subventions versées à une association de Saint-Jean-de-Luz lorsqu'elle était élue municipale, a annoncé mardi le parquet de Nanterre.

L'affaire remonte à 2012. A l'époque, la cellule antiblanchiment de Bercy réalise un signalement en raison de mouvements de fonds suspects entre l'office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz et l'hôtel Chantaco, dirigé par son père, Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz.

Le parquet de Nanterre ouvre une information judiciaire quelques mois plus tard, en 2013, visant M. Marie mais aussi sa fille, maire de Saint-Jean-de-Luz de 1995 à 2002, et qui réside à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine.

Lors de l'instruction, les enquêteurs repèrent également des subventions versées chaque année par la mairie de Saint-Jean-de-Luz à une association, la Fondation du bénévolat, par le biais de l'office de tourisme.

Cette association a pour rôle essentiel l'organisation du Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz, présidé par Bernard Marie, décédé en 2015.

Elle reçoit chaque année 25.000 euros de la part de la mairie. Hors entre 2009 et 2013, date de la dernière édition de ce festival, Mme Alliot-Marie était adjointe au maire, en plus de ses fonctions de garde des Sceaux puis de ministre des Affaires étrangères.

La justice lui reproche d'avoir subventionné une association travaillant pour son père, ce que contestent formellement ses avocats.

"Sa non-participation aux votes n'a pas été notée sur les procès-verbaux des conseils municipaux", ont déploré Mes Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, interrogés par l'AFP.

"On a versé à la procédure les attestations de cinq personnes affirmant qu'elle n'avait pas pris part aux votes, ont-ils ajouté, on est sur une irrégularité purement formelle, il n'y a aucun enrichissement personnel". Les deux avocats comptent contester la mise en examen de leur cliente devant la cour d'appel.

Le volet de l'enquête concernant les transferts de fonds entre l'office de tourisme et l'hôtel Chantaco a en revanche été abandonné, ont indiqué les avocats.

Le maire de St-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen (LR), contacté par l'AFP, a jugé que cette affaire était de "l'histoire ancienne". "Depuis, les équipes ont changé. L'office du tourisme est maintenant géré par l'agglomération et non plus par la commune et le festival de cinéma", devenu le festival international du film de St-Jean-de-Luz, "a été repris en main par la mairie", a-t-il détaillé.

- Des vacances controversées -

Ce n'est pas la première fois que l'ancienne ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est inquiétée par la justice. Elle fait l'objet d'une enquête en tant qu'eurodéputée pour abus de confiance.

Elle est soupçonnée, comme plusieurs de ses collègues de différentes formations politiques, de rémunérer avec des fonds européens des collaborateur cumulant leur travail au parlement avec d'autres fonctions politiques.

Abonnée aux postes régaliens entre 2002 et 2011 (Défense, Intérieur, Justice et Quai d'Orsay) sous deux présidences différentes, sa carrière politique nationale avait subi un soudain coup d'arrêt en plein printemps arabe.

En février 2011, le Canard enchaîné révèle que Mme Alliot-Marie a passé des vacances en Tunisie pendant le soulèvement anti Ben Ali, en voyageant avec le jet privé d'un ami réputé proche du régime de l'ex-président tunisien.

Le scandale emporte "MAM", qui avait pourtant jusqu'ici survécu à plusieurs tempêtes comme le fiasco de l'affaire Tarnac, du nom de ce groupe d'ultra-gauche un temps soupçonné de terrorisme sans preuves probantes.

En 2016, l'ancienne ministre est épinglée par Mediapart pour avoir, en tant que ministre de l'Intérieur, "pris des mesures en faveur des casinotiers français", dont des associations liées à sa famille détenaient des actions.

La justice n'a pas été saisie dans ce dossier et l'entourage de Mme Alliot-Marie a toujours vigoureusement contesté ces accusations.

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Alliot-Marie mise en examen pour avoir aidé une association proche de son père
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

Alliot-Marie mise en examen pour avoir aidé une association proche de son père
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le