Après les européennes, Edouard Philippe attendu au tournant sur l’écologie
Quelle place pour l'écologie dans "l'acte II" du quinquennat? Après le bon score des écologistes aux européennes, Edouard...

Après les européennes, Edouard Philippe attendu au tournant sur l’écologie

Quelle place pour l'écologie dans "l'acte II" du quinquennat? Après le bon score des écologistes aux européennes, Edouard...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

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Quelle place pour l'écologie dans "l'acte II" du quinquennat? Après le bon score des écologistes aux européennes, Edouard Philippe est attendu au tournant mercredi à l'occasion de sa nouvelle déclaration de politique générale, même si Matignon récuse "l'écologie du grand soir".

Outre des précisions sur la baisse de l'impôt sur le revenu, les réformes de l'assurance-chômage et des retraites ou encore sur le calendrier parlementaire jusqu'aux municipales, le discours sera notamment suivi comme un premier test des nouvelles promesses vertes de la majorité.

Les annonces du président Macron fin avril après la crise des "gilets jaunes" avaient déçu sur ce plan. Et au soir des élections le 26 mai, Edouard Philippe avait assuré avoir "reçu le message de nombreux Français sur l’urgence écologique", promettant "d’agir avec détermination" pour l'environnement.

Mardi, lors de la réunion de groupe LREM, des députés de la majorité comme Sacha Houlié ou Jacques Marilossian ont appelé le Premier ministre à de nouveaux actes pour "répondre à la défiance" sur la politique écologique du gouvernement, au bilan et à l'ambition contestés. Le député Matthieu Orphelin, qui a claqué la porte du groupe LREM en février, a pour sa part réclamé dans un communiqué "un vrai renforcement de l'ambition écologique et surtout des mesures mises en œuvre".

"Les seuls qui s’expriment sur l’écologie, c’est ceux qui considèrent que ça n’est pas suffisant", leur a répondu le Premier ministre qui souhaite plutôt construire "un cadre de référence" en la matière, selon des participants à la réunion à huis clos.

Fort de sa troisième place et de son score surprise (13,5%) aux européennes, malgré l'offensive de la majorité durant la campagne sur l'écologie, Europe Ecologie Les Verts (EELV) a également fait pression mardi sur l'exécutif.

"Si (mercredi) Édouard Philippe annonce enfin des mesures concrètes pour la biodiversité, pour le climat, pour l'emploi, je serai le premier à dire bravo. Je n'attends que ça", a affirmé son dirigeant Yannick Jadot.

- "le grand homme d'Areva" -

L'ancien patron du WWF France Pascal Canfin, élu eurodéputé LREM, exhorte dans une interview au Parisien mardi à mettre l'accent sur la rénovation des logements pour mettre fin aux "passoires énergétiques". Il préconise notamment la mise en place d'une organisme public qui financerait les travaux et se rembourserait sur l'économie d'énergie réalisée.

Edouard Philippe avait donné la semaine dernière un premier signal "vert", en annonçant l'interdiction à partir de 2021-2023 de la destruction des invendus non alimentaires, un des symboles les plus flagrants du gaspillage. Mais le discours de mercredi ne devrait pas multiplier les annonces de ce genre.

"Il est évident que l'ambition écologique sera au coeur de ce discours. Mais arrêtons de croire qu'on va en permanence réinventer la roue et répondre à l'addiction à l'annonce. Le président a fixé un cap très clair et le Premier ministre est là pour dire comment on y parvient", tempère-t-on à Matignon. "Ce n'est pas l'écologie du grand soir et Edouard Philippe n'est pas devenu l'homme de la décroissance", poursuit un conseiller.

Ces derniers jours, des responsables LREM se sont employés à ringardiser EELV, tel le chef de file des députés Gilles Le Gendre raillant "l'écologie à la papa" de Yannick Jadot.

Après les arbitrages de l'exécutif en matière d'énergie fin novembre (fermeture des centrales à charbon d'ici à la fin du quinquennat et de 14 réacteurs nucléaires d'ici à 2035, dont les deux de Fessenheim en 2020, développement des énergies renouvelables...), le prochain chantier significatif est le projet de loi sur l'économie circulaire.

Préparé par la secrétaire d'Etat Brune Poirson et attendu en Conseil des ministres le 3 juillet, il vise à répondre à l'objectif de réduire de moitié les déchets mis en décharge en France, et d'atteindre 100% de plastiques recyclés d'ici à 2025.

Indice de réparabilité des produits, nouvelles filières de responsabilité élargie des producteurs (jouets, articles de sport, bricolage et jardin, cigarettes...) ou encore mise en place facilitée de systèmes de consigne sont les principaux points du plan.

Edouard Philippe devrait dire mercredi si le texte sera présenté au Parlement en 2019 ou en 2020.

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