Ascoval : les sénateurs demandent des garanties à Bercy après la faillite de British Steel
Les 270 salariés d'Ascoval ont appris mercredi 22 mai que leur repreneur, British Steel, était placé en redressement judiciaire. La menace planait depuis plusieurs jours.

Ascoval : les sénateurs demandent des garanties à Bercy après la faillite de British Steel

Les 270 salariés d'Ascoval ont appris mercredi 22 mai que leur repreneur, British Steel, était placé en redressement judiciaire. La menace planait depuis plusieurs jours.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Le sidérurgiste British Steel a officiellement déposé le bilan mercredi 22 mai, faute d’un accord avec le gouvernement britannique sur un plan de sauvetage de dernière minute. « Malgré l'annonce d'aujourd'hui de placer British Steel sous un régime de faillite contrôlée par les autorités, Unite va demander à toutes les parties de se battre pour garantir l'avenir de l'entreprise », a déclaré Steve Turner, un responsable de ce syndicat dans un communiqué transmis à l'AFP.

« C’est une déception mais nous savions que c’était fragile » réagit le sénateur LR, François Grosdidier. Il ajoute : « Cette décision révèle deux problèmes : la fragilité de la sidérurgie en Europe et le manque de vision industrielle de la Grande-Bretagne. » « Je ressens beaucoup de colère et d’inquiétude » commente le sénateur PC Fabien Gay.

Néanmoins, le ministre de l’Économie, Bruno le Maire, a annoncé, dans un communiqué, « maintenir son soutien à British Steel Saint-Saulve (ex-Ascoval), dont le plan de reprise ne dépendait pas des activités britanniques du groupe ». « Son plan de financement n’est pas remis en cause », selon le ministre.

Bruno le Maire tient à rassurer : « Ce qui se joue en ce moment, c’est surtout l’avenir des activités sidérurgiques de British Steel au Royaume-Uni dans le contexte des incertitudes liées au Brexit (…). Contexte qui souligne l’intérêt pour le groupe de posséder des capacités de production dans l’Union européenne ». En effet la reprise d’Ascoval, annoncée le 2 mai, est réalisée par Greybull Capital, la maison mère de British Steel, et non cette dernière. Les propos du ministre n’ont pour l‘instant pas rassuré au Sénat : « Il faut maintenant que l’État et les banques répondent présents pour trouver un repreneur solide » s’inquiète Fabien Gay.

« Le chef d’orchestre doit être Bercy »

Dans un communiqué de presse, Xavier Bertrand tient à rappeler l’engagement de la Région de Hauts de France : « Valenciennes Métropole et la Région Hauts-de-France confirment leur soutien au projet de reprise.  Nos prêts de 10 et de 12 millions d’euros respectifs sont toujours disponibles pour l’accompagner ». Pour rappel, la reprise d'Ascoval représente un financement de 94,5 millions d'euros, dont 47,5 millions d'euros apportés par British Steel (fonds propres et emprunts bancaires), et 47 millions d'euros de fonds publics apportés par l'État (25 millions d'euros), la région Hauts-de-France (12 millions d'euros) et Valenciennes Métropole (10 millions d'euros).

L’ancien ministre demande à Bercy de réunir tous les partenaires concernés par Ascoval avant le week-end : « Collectivités locales, repreneur, représentants des salariés et direction d’Ascoval pour apporter des réponses aux salariés sur la solidité économique du projet. »

Valérie Létard, sénatrice UC et rapporteure de la mission d’information sur l’avenir de la sidérurgie, demande également des gages à Bercy : « Olympus, a signifié qu’il voulait poursuivre l’aventure en France et maintenant il faut savoir comment ça marche (…) Le problème aujourd’hui ce sont les repreneurs. Il faut remettre ne route la machine et c’est une usine qui peut être performante. La seule chose qui compte c’est de rassurer l’entreprise. Le chef d’orchestre doit être Bercy. »

 

Ascoval : « L’Etat doit être en première ligne » selon Martial Bourquin
03:30

« Je viens d’entendre le ministre, mais j’ai aussi entendu Xavier Bertrand qui disait qu’il semblait que cette faillite ne touchait pas les deux entreprises françaises de British Steel, mais aussi la reprise d’Ascoval. J’espère que ces nouvelles seront confirmées », a réagi Martial Bourquin, sénateur PS du Doubs.

L’élu explique avoir été extrêmement préoccupé à l’annonce de cette nouvelle : « J’ai tout de suite pensé aux salariés, qui se battent depuis si longtemps ». « Il faut organiser une réunion avec les salariés d’Ascoval, leur dire si oui ou non la reprise est sécurisée », selon Martial Bourquin, qui insiste sur le rôle de l’Etat, n’excluant pas une nationalisation partielle ou totale.

« L’État doit être en première ligne pour sécuriser ce processus de reprise, car il peut être fragilisé. J’ai vu que Jeremy Corbyn parlait d’une nationalisation partielle ou totale, et je n’exclus pas, au cas où il y aurait des difficultés, qu’il y ait une prise de participation partielle ou majoritaire dans Ascoval pour rassurer les acteurs et faire en sorte qu’on garde cette entreprise de première importance pour la France », développe-t-il.

Interrogé sur le comportement du ministre de l’Économie dans ce dossier, le sénateur considère qu’il « peut se rattraper, en sécurisant tout de suite la reprise d’Ascoval ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Ascoval : les sénateurs demandent des garanties à Bercy après la faillite de British Steel
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Ascoval : les sénateurs demandent des garanties à Bercy après la faillite de British Steel
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le