Attaques de loups: José Bové veut des « réponses concrètes »
Les attaques de loups et d'ours "augmentent", "la tension monte" chez les éleveurs. Le député européen José Bové (EELV) exige "des réponses...

Attaques de loups: José Bové veut des « réponses concrètes »

Les attaques de loups et d'ours "augmentent", "la tension monte" chez les éleveurs. Le député européen José Bové (EELV) exige "des réponses...
Public Sénat

Par Rémy ZAKA

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les attaques de loups et d'ours "augmentent", "la tension monte" chez les éleveurs. Le député européen José Bové (EELV) exige "des réponses concrètes" du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, attendu vendredi dans l'Aveyron.

"Il y a pas mal de questions. Il faut des réponses concrètes", affirme José Bové lors d'un entretien avec l'AFP. Et de rappeler l'importance des dégâts faits en 2017 dans les troupeaux par le loup, "environ 10.000 brebis au niveau national" mais aussi par l'ours, "près de 450 dans le massif pyrénéen".

"On voit bien que les mesures de protection et de soutien ne fonctionnent pas", déplore-t-il. Selon lui, le problème ne peut se régler de la même façon entre l'ours réimplanté de "manière volontariste par l'État français" et le loup "revenu seul par les Alpes".

Aux yeux de M. Bové, il faut arrêter la réintroduction de l'ours. "Il faut dire clairement: +on ne continue pas à ramener de nouveaux spécimens sur le territoire pyrénéen+. L'équilibre pastoral doit être maintenu en limitant le nombre d'ours. Je pense que c'est de salubrité publique", assure-t-il.

Cet arrêt ne risque-t-il pas de mettre en péril l'existence du plantigrade dans le massif pyrénéen, dont le nombre est actuellement estimé à une quarantaine, comme le craignent ses défenseurs? "J'ai du mal à croire que 40 animaux ne soient pas capables de se reproduire", répond-il.

Concernant le loup, José Bové ironise sur "la cohabitation". "On se rend bien compte que le principal garde-manger des loups, ce sont les troupeaux de brebis", constate-t-il.

Pour limiter les prédations, il réclame plusieurs mesures d'urgence. La première: un recensement exact des loups, qui permettrait éventuellement de modifier le quota de prélèvement, les chiffres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) étant erronés, selon lui.

- 'Loups hybrides' -

"La tension monte" chez les éleveurs avec la multiplication des attaques de loups affirme josé Bové (EELV) qui demande "des réponses concrètes" du ministre de l'Agriculture.
DPA/AFP/Archives

A titre d'exemple, l'ONCFS évoque un seul loup dans le Larzac (Aveyron) alors que des prélèvements réalisés par les éleveurs démontrent qu'il a "6 ou 7 individus au minimum".

"Si on extrapole nos chiffres, ça veut dire qu'il n'y a pas 300 ou 400 loups en France, mais beaucoup plus. On peut en avoir 700, 800 voire 1.000", calcule le député.

Autre découverte à partir des analyses: sur les individus du Larzac, 4 au moins sont des loups hybrides, à savoir croisés avec des chiens.

"On n'a aucune connaissance" sur ces hybrides, dénonce M. Bové, soulignant que si les loups sont protégés par la Convention de Berne, les hybrides, eux, ne le sont pas. Au contraire: "Ils doivent être abattus (...), y compris à l'intérieur de meutes dans lesquelles ils se seraient reproduits".

"Si les animaux sont des hybrides ils doivent donc être abattus pour protéger les troupeaux", insiste-t-il.

Pour le député, le problème du loup est aujourd'hui européen. "Les éleveurs ne veulent pas se transformer en miliciens qui vont tirer. Ce n'est pas leur rôle. Eux, ils veulent élever des brebis", fait-il valoir.

"Il faut une analyse globale, des tests ADN sur l'ensemble de la population, pas seulement en France mais aussi en Italie, en Allemagne, en Roumanie et ailleurs. Il faut une vision exhaustive", plaide-t-il.

M. Bové veut aussi obtenir du ministre "l'installation permanente d'une brigade du loup sur le Massif Central". C'était une demande des éleveurs qui avaient manifesté en juillet, rappelle-t-il.

Beaucoup de ses mesures vont à l'encontre des préconisations des associations environnementales. "Il n'y a pas opposition entre éleveurs et associations", veut pourtant croire M. Bové. "Il faut être capables de parler la même langue, comprendre que l'activité humaine peut être détruite par une vision jusqu'au-boutiste".

rz/cpy/fm

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
3min

Politique

Présidentielle 2027 : les Écologistes reportent l'heure du choix à décembre, Marine Tondelier toujours en lice

Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.

Le

Blois: Olivier Faure closes the Socialist Party s Summer University
7min

Politique

Glucksmann qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal : la primaire est-elle une machine à perdre ?

La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.

Le

Attaques de loups: José Bové veut des « réponses concrètes »
9min

Politique

« Faire la transition vers une IA durable constitue un impératif environnemental, mais peut aussi devenir un facteur de compétitivité pour la France », selon un rapport du Sénat

Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).

Le