Les attaques de loups et d'ours "augmentent", "la tension monte" chez les éleveurs. Le député européen José Bové (EELV) exige "des réponses concrètes" du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, attendu vendredi dans l'Aveyron.
"Il y a pas mal de questions. Il faut des réponses concrètes", affirme José Bové lors d'un entretien avec l'AFP. Et de rappeler l'importance des dégâts faits en 2017 dans les troupeaux par le loup, "environ 10.000 brebis au niveau national" mais aussi par l'ours, "près de 450 dans le massif pyrénéen".
"On voit bien que les mesures de protection et de soutien ne fonctionnent pas", déplore-t-il. Selon lui, le problème ne peut se régler de la même façon entre l'ours réimplanté de "manière volontariste par l'État français" et le loup "revenu seul par les Alpes".
Aux yeux de M. Bové, il faut arrêter la réintroduction de l'ours. "Il faut dire clairement: +on ne continue pas à ramener de nouveaux spécimens sur le territoire pyrénéen+. L'équilibre pastoral doit être maintenu en limitant le nombre d'ours. Je pense que c'est de salubrité publique", assure-t-il.
Cet arrêt ne risque-t-il pas de mettre en péril l'existence du plantigrade dans le massif pyrénéen, dont le nombre est actuellement estimé à une quarantaine, comme le craignent ses défenseurs? "J'ai du mal à croire que 40 animaux ne soient pas capables de se reproduire", répond-il.
Concernant le loup, José Bové ironise sur "la cohabitation". "On se rend bien compte que le principal garde-manger des loups, ce sont les troupeaux de brebis", constate-t-il.
Pour limiter les prédations, il réclame plusieurs mesures d'urgence. La première: un recensement exact des loups, qui permettrait éventuellement de modifier le quota de prélèvement, les chiffres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) étant erronés, selon lui.
- 'Loups hybrides' -
"La tension monte" chez les éleveurs avec la multiplication des attaques de loups affirme josé Bové (EELV) qui demande "des réponses concrètes" du ministre de l'Agriculture.
DPA/AFP/Archives
A titre d'exemple, l'ONCFS évoque un seul loup dans le Larzac (Aveyron) alors que des prélèvements réalisés par les éleveurs démontrent qu'il a "6 ou 7 individus au minimum".
"Si on extrapole nos chiffres, ça veut dire qu'il n'y a pas 300 ou 400 loups en France, mais beaucoup plus. On peut en avoir 700, 800 voire 1.000", calcule le député.
Autre découverte à partir des analyses: sur les individus du Larzac, 4 au moins sont des loups hybrides, à savoir croisés avec des chiens.
"On n'a aucune connaissance" sur ces hybrides, dénonce M. Bové, soulignant que si les loups sont protégés par la Convention de Berne, les hybrides, eux, ne le sont pas. Au contraire: "Ils doivent être abattus (...), y compris à l'intérieur de meutes dans lesquelles ils se seraient reproduits".
"Si les animaux sont des hybrides ils doivent donc être abattus pour protéger les troupeaux", insiste-t-il.
Pour le député, le problème du loup est aujourd'hui européen. "Les éleveurs ne veulent pas se transformer en miliciens qui vont tirer. Ce n'est pas leur rôle. Eux, ils veulent élever des brebis", fait-il valoir.
"Il faut une analyse globale, des tests ADN sur l'ensemble de la population, pas seulement en France mais aussi en Italie, en Allemagne, en Roumanie et ailleurs. Il faut une vision exhaustive", plaide-t-il.
M. Bové veut aussi obtenir du ministre "l'installation permanente d'une brigade du loup sur le Massif Central". C'était une demande des éleveurs qui avaient manifesté en juillet, rappelle-t-il.
Beaucoup de ses mesures vont à l'encontre des préconisations des associations environnementales. "Il n'y a pas opposition entre éleveurs et associations", veut pourtant croire M. Bové. "Il faut être capables de parler la même langue, comprendre que l'activité humaine peut être détruite par une vision jusqu'au-boutiste".
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