Peu après les faits, Emmanuel Macron s’est rendu sur place pour apporter son soutien aux victimes et aux habitants de Trappes. Le président de la République a alors déclaré qu’il s’agissait du « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion » en France. Des déclarations qui ont suscité la polémique puisque plusieurs précédents ont eu lieu, qu’il s’agisse de l’attentat commis par Mohammed Merah en 2012, celui de l’Hyper Casher ou encore l’assassinat du père Hamel en 2016.
Aurore Bergé précise les propos d’Emmanuel Macron
« Ce que le président a voulu dire c’est que pour la première fois on a eu un crime de masse raciste, une tentative de crime de masse raciste », précise la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, estimant que le président de la République insistait sur le tournant que représente cet attentat. « Il y a aujourd’hui des hommes et des femmes qui, à raison de leur identité, de leur religion, de leur couleur de peau, de l’origine réelle ou supposée qui sont pris pour cible dans notre pays depuis un certain nombre d’années, c’est cela qui devrait nous révolter », déplore Aurore Bergé.
Néanmoins, le maire de Trappes, Ali Rabeh, met directement en cause l’extrême droite et la circulation de ses idées estimant qu’elles « arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte ». Plus largement, l’édile a jugé ce mardi 27 octobre sur BFM TV que « la société dans son ensemble a baissé les armes » y compris au sein du gouvernement. Début septembre, Aurore Bergé avait été mise en cause pour son refus de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement.
« Je ne sais pas s’il y a une progression de ces idées »
La ministre a refusé d’aller aussi loin que le maire de Trappes. « Je ne sais pas s’il y a une progression de ces idées mais ce qui m’inquiète c’est qu’il y a comme une injonction à choisir un camp. Comme si on ne pouvait pas dans le même mouvement combattre l’antisémitisme et le racisme », estime Aurore Bergé. En creux, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations dénonce une indignation sélective de la part des différentes forces politiques et « certains qui veulent en faire un argument en ne voyant que l’un ou que l’autre ». Enfin, la ministre a pointé ceux qui estiment que « la police tue » ou qu’il existe un « racisme systémique » en France, soulignant que ce sont « les forces de l’ordre qui ont évité le pire ».