French President Emmanuel Macron visits the Middle East
Credit : Benoit Tessier

Sondage : 83% des Français jugent qu’Emmanuel Macron est un mauvais président, un record

Selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, seuls 16% des sondés considèrent Emmanuel Macron comme un bon président, soit deux points de moins qu'en septembre. Sur fond de colère après les violences du 17 octobre, le chef de l'Etat se rapproche du niveau d'impopularité atteint par François Hollande durant son quinquennat.
Emma Bador-Fritche

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Le crépuscule du quinquennat s’assombrit encore pour Emmanuel Macron. Alors que les violences et les pillages du 17 octobre ont suscité de vives réactions dans le pays, la popularité d’Emmanuel Macron continue de s’éroder. Selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, 83 % des Français ne considèrent pas le chef de l’État comme un bon président, soit deux points de plus qu’au précédent baromètre. À six mois de la fin de son second mandat, seuls 16 % des sondés portent un jugement positif sur son action.

Un niveau inédit dans ce baromètre, qui rapproche Emmanuel Macron du record d’impopularité enregistré par François Hollande, à 84 % durant sa présidence. Si Emmanuel Macron égale François Hollande, la nature de leur impopularité diffère, nuance Gaël Sliman, président d’Odoxa. Le prédécesseur socialiste « suscitait nettement moins de rejet », le président actuel dépasse les 50 % sur la cote de rejet d’Odoxa lorsqu’il y est testé. À l’époque, l’impopularité de François Hollande relevait davantage d’un reproche sur son incapacité à « agir » que d’un rejet de sa personne.

Les violences du 17 octobre nourrissent la colère des Français

Ce décrochage intervient dans un climat social et politique particulièrement tendu. Le week-end du 17 octobre, plusieurs grandes villes, dont Paris, Marseille, Lyon et Limoges, ont été le théâtre de violences : des commerces ont été pillés, des bâtiments publics dégradés et les forces de l’ordre prises pour cible.

Face à ces images, le sentiment dominant chez les Français n’est ni l’impuissance (19 %) ni, moins encore, la peur (12 %). C’est la colère, citée en premier par 67 % des personnes interrogées. Une colère qui, souligne l’enquête, ne s’arrête pas aux émeutiers, elle atteint aussi la classe politique et fragilise un peu plus le président et son gouvernement.

Le chef de l’État s’est exprimé après les émeutes et les saccages du 17 octobre. Sans effet, selon Gaël Sliman. Pour le sondeur, la prise de parole a même eu l’effet inverse de celui escompté. « En s’exprimant, certains diront pour « ne rien dire », le Président non seulement n’a pas convaincu les Français, mais il leur a donné le sentiment que son retrait et son incapacité le rendaient « coupable » », analyse-t-il.

Sébastien Lecornu gagne un point, mais reste très minoritaire

Dans ce paysage dégradé, le Premier ministre Sébastien Lecornu résiste un peu mieux, sans pour autant tirer son épingle du jeu. Il gagne un point et recueille 25 % d’opinions favorables, contre 73 % qui estiment qu’il n’est pas un bon Premier ministre. Une progression marginale, très loin d’inverser la tendance pour l’exécutif.

Méthodologie : enquête Odoxa réalisée sur Internet les 21 et 22 octobre auprès d’un échantillon de 1 005 Français âgés de 18 ans et plus, représentatif de la population française. La représentativité est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession), après stratification par région et catégorie d’agglomération.

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