Au-delà des municipales, gauche et écolos en quête de martingale pour 2022
Au-delà des municipales, la gauche et les écologistes gardent l'oeil rivé sur 2022, espérant trouver la bonne martingale pour...

Au-delà des municipales, gauche et écolos en quête de martingale pour 2022

Au-delà des municipales, la gauche et les écologistes gardent l'oeil rivé sur 2022, espérant trouver la bonne martingale pour...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Au-delà des municipales, la gauche et les écologistes gardent l'oeil rivé sur 2022, espérant trouver la bonne martingale pour empêcher un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

PS, PCF, LFI, EELV, Générations ou Place Publique... Chacune de ces formations se garde de sauter les étapes et leurs représentants, interrogés par l'AFP, se montrent prudents. D'abord parce que l'évidence le commande: les municipales sont dans moins de deux mois, la présidentielle dans plus de deux ans. Entre les deux, il faudra compter avec les départementales et les régionales.

Et surtout parce que la gauche morcelée est encore trop faible pour espérer peser en 2022, même si l'addition de ses résultats aux Européennes de 2019 la met à plus de 31%, ce qui aurait de quoi inquiéter les camps macroniste ou lepéniste, pour peu qu'elle veuille bien se regrouper.

"Il faut faire vite. Marine Le Pen a déjà lancé la présidentielle en se déclarant candidate pour 2022, et cette fois, elle peut battre Macron", met en garde Benjamin Lucas, porte-parole de Générations.

"Avant, le PS était hégémonique à gauche, ce n'est plus le cas. D'un côté, ça complique les choses, de l'autre, c'est une chance, ça nous oblige tous à nous parler les uns les autres. Mais attention, LFI a raison de dire qu'il ne s'agit pas d'additionner nos logos, il faut inventer une nouvelle façon de concevoir la gauche et son rassemblement".

Après la crise des "gilets jaunes" et en pleine contestation de la réforme des retraites, "le pays cherche une échappatoire pour éviter un nouveau duel Macron/Le Pen. Mais cette fois, Macron risque de perdre", estime aussi le secrétaire national d'EELV Julien Bayou. "Une candidature écologiste en 2022 ferait un bien meilleur score que Macron face à Le Pen", assure-t-il.

Mais avant de discuter de qui sera candidat et qui sera en mesure, d'ici à deux ans, de rassembler sous sa bannière toutes les forces de gauche, mieux vaut d'abord s'occuper de refonder cette famille politique éclatée, analysent plusieurs caciques socialistes.

- "Nouvel Epinay" -

Selon Jean-Christophe Cambadélis, ex-Premier secrétaire du PS, il faut "un nouvel Epinay, pour une nouvelle gauche", à l'instar de ce qu'avait réussi François Mitterrand en 1971, en rassemblant sous la bannière d'un seul parti, le Parti socialiste, une gauche éparse. "Aux municipales, le PS va probablement garder ses acquis, mais il faudra ensuite réfléchir à cette question", soutient l'ancien député, toujours influent dans son camp bien que n'y occupant plus de fonction officielle.

"Il faut une sorte d'Epinay bis. D'abord on crée la force, ensuite, on verra qui pour l'incarner", abonde un autre cacique du PS. "Ceux qui pensent qu'on peut avoir une aventure individuelle, que Macron fera jurisprudence, se trompent", ajoute le même, en allusion à Ségolène Royal et sa nouvelle association Désirs de France, ou Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre à qui l'on prête des visées pour 2022.

Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes, fait peu ou prou la même analyse. "Après les municipales, il faudra recréer une grande force de gauche sociale-démocrate en se rassemblant. Le mano à mano Macron/Le Pen n'est pas inéluctable".

"Il faut un nouveau Congrès du globe (référence au congrès du globe de 1905 qui avait créé la SFIO), pour ouvrir une alternative de gauche et écologiste au duo Macron/Le Pen", a souligné le patron actuel du PS, Olivier Faure, lors de ses voeux mardi soir au siège du parti à Ivry-sur-Seine. "Ce que je veux, c'est une seule écurie avec un seul cavalier", a-t-il ajouté.

"On ne peut pas aborder la prochaine présidentielle avec simplement comme objectif" d'empêcher ce duel, met en garde le député LFI Eric Coquerel. Pour lui, d'autres formes d'union sont "possibles", comme "la création d'une fédération populaire pouvant être initiée par LFI, avec l'émergence de leaders sociaux, actifs dans les luttes actuelles".

Entre EELV qui se voit en finaliste de 2022, LFI qui a ses propres ambitions et le PS qui fourmille de candidats potentiels, le chemin vers l'union apparaît très escarpé.

Mais "nous avançons positivement", veut croire Fabien Roussel, patron du PCF. La preuve à ses yeux: mercredi, les partis de gauche présentent leur contre-projet commun pour "une juste" réforme des retraites. A noter toutefois que LFI n'en sera pas et que le PCF lui-même s'apprête à déposer son propre texte à l'Assemblée...

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le

Au-delà des municipales, gauche et écolos en quête de martingale pour 2022
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Au-delà des municipales, gauche et écolos en quête de martingale pour 2022
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le