Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat
Les sénateurs engagent ce 17 novembre l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2023. Tour d’horizon des temps forts qui devraient rythmer la séance, sur la base des amendements connus sur la partie recettes du texte.

Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat

Les sénateurs engagent ce 17 novembre l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2023. Tour d’horizon des temps forts qui devraient rythmer la séance, sur la base des amendements connus sur la partie recettes du texte.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Top départ ce 17 novembre de l’examen au Sénat en première lecture du projet de budget pour 2023. Comme pour le budget de la Sécurité sociale, la Haute assemblée va examiner l’intégralité du texte, un marathon qui n’a pas été permis à l’Assemblée nationale, où les discussions ont été stoppées par le 49.3. Les sénateurs s’engagent pour près de trois semaines de discussions, qui seront conclues par un vote sur l’ensemble du projet de loi le 6 décembre.

Ce budget 2023, marqué par l’inflation et un choc sur les prix de l’énergie, repose sur un « scénario macroéconomique trop optimiste sans marquer aucune volonté de maîtrise des dépenses », résume le rapporteur général Jean-François Husson (LR).

La droite sénatoriale dénonce des « dépenses qui galopent »

Lors des débats, la majorité sénatoriale devrait à nouveau porter un coup aux hypothèses économiques, sur lesquelles repose le budget. Selon elle, ces données sont « irréalistes ». Bruno Retailleau considère que les recettes sont surestimées et s’inquiète, auprès de l’AFP, d’un « déficit budgétaire dégradé au-dessus de 5 % ». « On proposera un budget avec 4 milliards d’euros de dépenses en moins, pour nous c’est un premier signal », annonce-t-il. « Jamais un budget n’avait prévu un tel niveau d’emprunts nouveaux, à hauteur de 270 milliards d’euros en 2023 », met également en garde le rapporteur général de la commission des finances, Jean-François Husson (LR).

Il préconise pour sa part 3 à 4 milliards d’euros d’efforts par rapport au texte adopté à l’Assemblée nationale, « en réduisant en particulier les dépenses des administrations centrales ».

Le retour de la proposition de taxation des « superprofits »

Plusieurs sénateurs n’en resteront pas à une seule « contribution sur la rente infra-marginale de la production d’électricité », inscrite dans le texte. Traduction d’un mécanisme imaginé au plan européen, ce dispositif permettra de plafonner les revenus des producteurs d’électricité bénéficiant des cours élevés de l’énergie depuis plusieurs mois. Selon le projet de loi, cette contribution exceptionnelle doit rapporter 7 milliards d’euros dans les caisses de l’État, de quoi financer une partie du bouclier énergétique à 45 milliards d’euros.

Comme cet été, à l’occasion du projet sur le pouvoir d’achat, certains groupes défendront une nouvelle fois une contribution exceptionnelle sur les grands groupes les mieux lotis durant la crise. Le groupe Union centriste déposera un amendement pour une « contribution exceptionnelle de solidarité sur les superprofits » étendue à l’ensemble des secteurs d’activités économiques. Les socialistes demandent eux aussi une « contribution additionnelle sur les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises », tout comme les écologistes et les communistes.

Les débats seront vifs sur la poursuite de la réduction des impôts de production

Les discussions autour de la disparition sur deux ans de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), prévue à l’article 5, s’annoncent mouvementées. On ne recense pas moins de onze amendements pour annuler cette disposition. Ils sont issus de tous les groupes, sauf du RDPI, le groupe de la majorité présidentielle. Le rapporteur général, Jean-François Husson (LR) ne veut pas s’opposer à l’article, ni au principe d’une compensation des collectivités par une fraction de TVA, mais il veut décaler d’un an la mise en œuvre de la réforme, à 2024. C’est également cette proposition que défend le président du Sénat, Gérard Larcher.

Soutien aux collectivités locales face à l’inflation

De façon générale, les sénateurs devraient améliorer le bouclier énergétique promis aux collectivités territoriales. Le rapporteur général entend élargir le « filet de sécurité » à toutes les collectivités. Il propose en parallèle d’abaisser le seuil de déclenchement où la hausse des dépenses d’énergie serait prise en charge pour moitié par l’État. Son amendement prévoit aussi un mécanisme d’acompte.

L’encadrement des dépenses des collectivités locales a du plomb dans l’aile

Le mécanisme de limitation des dépenses de fonctionnement des collectivités locales, qui constitue l’une des lignes rouges du Sénat, va également constituer l’un des temps forts de la discussion, en fin d’examen. Ce « contrat de confiance » figurait au départ dans le projet de loi de programmation des finances publiques, mais l’article a déjà été refusé par les deux chambres du Parlement début novembre. Ses chances de succès ne sont guère plus élevées dans ce projet de loi de finance, dans lequel le gouvernement a réintroduit l’article. « Il est hors de question de mettre les collectivités sous la tutelle comptable de l’Etat », a déclaré Bruno Retailleau, le président du groupe LR, à l’AFP.

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat
4min

Économie

Aides pour les agriculteurs : « Le quoi qu'il en coûte n'est plus possible compte tenu de l'état de nos finances », lance Annie Genevard

La crise énergétique, liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient, continue de toucher de plein fouet les agriculteurs français. Plusieurs mesures ont déjà été annoncées par le gouvernement pour les soutenir. Mais celui-ci dit détenir une marge de manœuvre limitée, « d’où le choix (...) de conduire des aides ciblées », indique sur Public Sénat la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ce jeudi 16 avril.

Le

Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat
4min

Économie

Grande distribution : « Egalim est-il aujourd’hui pleinement efficace ? Non » tranche Annie Genevard, qui raconte les « pressions et menaces » sur les entreprises

Devant les sénateurs, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a présenté sa vision d’une réforme de la loi Egalim, qui passe par « améliorer la structuration des filières à l’amont », « en finir avec la culture du prix le plus bas » ou « faire bouger Bruxelles sur l’affichage des origines des denrées alimentaires ».

Le

Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat
3min

Économie

Prix des carburants : en envisageant d’encadrer les marges des distributeurs, le gouvernement « tape à côté du problème », déplore Manuel Bompard

Face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement réfléchit à encadrer les marges des distributeurs, sans avoir à ce stade « tranché » la question. Invité de la matinale de Public Sénat ce mercredi, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, estime de son côté que « les marges qui sont abusives aujourd’hui ne sont pas à la distribution », mais au niveau du « raffinage ». Pour lui, les cortèges du 1er mai peuvent être l’occasion d’une mobilisation « pour le blocage des prix ».

Le

Budget 2023 : les premiers points clés à retenir des débats qui s’ouvrent au Sénat
6min

Économie

« Il faudra bien trouver des voies d'apaisement » : Serge Papin estime que le cadre des relations entre grande distribution et fournisseurs est arrivé « au bout »

Le ministre des PME et du Commerce plaide pour un développement des négociations commerciales sur le long terme. Celles-ci sont actuellement annuelles, concentrées sur trois mois, et sources de tensions. « Il faudrait que l’on trouve des voies nouvelles », a-t-il reconnu devant la commission d’enquête du Sénat.

Le