« Tous les ans, on a le budget européen, et là nous avons des nouvelles recettes pour le budget européen, notamment une taxe sur Google de 4,6 milliards d’euros », a expliqué le ministre. Selon lui, ces nouvelles ressources doivent mécaniquement faire baisser les contributions de l’ensemble des États membres, sans qu’il s’agisse pour autant d’un rabais négocié au bénéfice de la seule France. Il a rappelé qu’une discussion similaire avait déjà eu lieu l’an dernier, avec une contribution finale « légèrement » inférieure aux prévisions initiales.
Une évaluation encore en cours à Bruxelles
Benjamin Haddad a indiqué avoir rencontré la semaine dernière à Bruxelles le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, pour évaluer l’ampleur de cette baisse potentielle, sans être en mesure de donner de chiffre à ce stade. Il a précisé que la France demande, comme chaque année, à la Commission européenne de maîtriser sa hausse de dépenses.
Un refus de la logique portée par le Rassemblement national
Le ministre a distingué cette position de celle défendue par le Rassemblement national, qui plaide depuis plusieurs années pour une réduction structurelle de la contribution française, ainsi que de la proposition récente de Bruno Le Maire d’une baisse de 5 milliards d’euros. « C’est une erreur », a tranché Benjamin Haddad, estimant qu’une telle demande se heurterait en retour à une baisse des financements européens dont la France est la première bénéficiaire, en particulier via la politique agricole commune (PAC). « Il faut aller expliquer à nos agriculteurs qu’on va baisser leurs paiements directs pour baisser la contribution française », a-t-il averti.
Vers de nouvelles ressources propres pour l’Union
Le ministre a plaidé pour que l’Union européenne se dote de davantage de « ressources propres », alors qu’environ 90 % de son budget repose aujourd’hui sur les contributions nationales. Il a cité la taxe carbone aux frontières, une éventuelle taxe sur les petits colis, ou encore une taxe sur les services numériques harmonisée au niveau des Vingt-Sept, des instruments qui pèseraient selon lui sur des acteurs extérieurs à l’UE plutôt que sur les contribuables européens. Un enjeu qu’il rattache aux discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel, portant sur la période 2028-2034, pour financer les priorités de défense, d’agriculture, de cohésion territoriale, de spatial et d’intelligence artificielle.