« Le Premier ministre est très inquiet sur les prix de l’essence » : avant de finaliser sa copie budgétaire, Sébastien Lecornu a reçu l’état-major du Sénat
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« Le Premier ministre est très inquiet sur les prix de l’essence » : avant de finaliser sa copie budgétaire, Sébastien Lecornu a reçu l’état-major du Sénat

Le chef du gouvernement, accompagné de plusieurs ministres, a reçu ce mercredi le président du Sénat, Gérard Larcher, le président du groupe LR Mathieu Darnaud, et celui du groupe Union centriste Hervé Marseille. La réunion a posé les enjeux et les grandes orientations des prochaines semaines en matière budgétaire.
Guillaume Jacquot

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Après le Conseil des ministres ce mercredi, Sébastien Lecornu s’est entretenu pendant plus de deux heures avec le président du Gérard Larcher, et les deux présidents de la majorité sénatoriale, Mathieu Darnaud pour les Républicains, et Hervé Marseille pour l’Union centriste.

La rencontre intervient alors que le gouvernement doit transmettre théoriquement ce vendredi le projet de loi de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale au Haut conseil des finances publiques (HCFP).

Le chef du gouvernement n’était pas seul face aux sénateurs. Il était entouré de plusieurs de ses ministres, dont Roland Lescure (Economie), David Amiel (Comptes publics) et Françoise Gatel (Collectivités locales). Une grande partie de l’entretien a consisté pour l’exécutif à dresser un panorama sombre de la situation économique et géopolitique.

« Le gouvernement a réaffirmé ses craintes sur la dette »

« Le gouvernement a réaffirmé ses craintes sur la dette si les taux continuent à augmenter, vis-à-vis de turbulences potentielles sur les marchés, ou encore des agences dont la notation pourrait se dégrader. Le Premier ministre a aussi déclaré qu’il était très inquiet sur les prix de l’essence », relate-t-on dans la majorité sénatoriale. « On va commencer la discussion budgétaire avec 10 milliards d’euros d’intérêts sur la dette en plus », s’inquiète un président de groupe. Le décor est planté.

Peu de révélations en revanche sur la copie de budgétaire en cours d’écriture, qui pourrait avoisiner 30 milliards d’euros d’effort. « C’était une prise de contact avant que les choses ne se concrétisent. Ils nous ont donné leurs orientations et grands principes », relaye l’un des sénateurs invités. Le gouvernement a une nouvelle fois mis en exergue le « gros effort » demandé à l’État avec une stabilité en valeur des dépenses (ce qui a été annoncé hier par courrier). Pour les collectivités territoriales, la contribution au redressement des finances publiques sera plus limitée, puisque les orientations semblent se diriger vers une prise en compte de l’inflation.

« On sait que c’est sur les retraites qu’il y a un sujet d’hémorragie budgétaire »

Quant aux comptes sociaux, qui représentent la plus grande partie de la dépense publique, il aurait été évoqué au cours de l’entretien un objectif national de Dépenses d’Assurance Maladie (Ondam) supérieur à 2 %. Pour rappel, le budget initial de la Sécurité sociale présenté l’an dernier prévoyait une progression limitée des dépenses de santé de 1,6 %. A la fin du chemin parlementaire, l’enveloppe a finalement a été augmentée de près de quatre milliards d’euros, soit une progression annuelle de l’Ondam de 3,1 %. « Ce sera cette année un Ondam plus proche de la réalité, on ne peut pas faire un chiffre sous-estimé, sans quoi on devra revenir dessus », relate un participant.

Le gouvernement n’est pas non plus sorti du bois concernant les mesures d’économies visant les retraités, qui pourraient atteindre six milliards d’euros, comme l’a détaillé le ministère des Comptes publics mardi. « On sait que c’est sur les retraites qu’il y a un sujet d’hémorragie budgétaire », observe un sénateur présent à Matignon ce mercredi.

De son côté, la majorité LR-centristes ne s’aventure pas plus sur des propositions précises, par égard au calendrier particulier de l’institution. Le Sénat va renouveler la moitié de ses postes, mais aussi les postes de rapporteurs généraux. Ses exigences sont néanmoins connues : poursuite de la réduction du déficit public, refus de la hausse de la pression fiscale et un effort chiffré à 12 milliards d’euros sur la Sécurité sociale.

Le séminaire du gouvernement, organisé ce jeudi, pourrait l’être l’une des dernières occasions pour le Premier ministre de réaliser ses derniers arbitrages. Le ministère des Comptes publics va également poursuivre la consultation des groupes politiques jusqu’à vendredi.

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