Commission : un vaste portefeuille pour Goulard malgré les enquêtes
La Française Sylvie Goulard devient commissaire européenne au "Marché intérieur". Si sa nomination est validée par le Parlement européen, elle sera en charge de la politique industrielle, du marché unique numérique, mais aussi de l'industrie de la défense et de l'espace.

Commission : un vaste portefeuille pour Goulard malgré les enquêtes

La Française Sylvie Goulard devient commissaire européenne au "Marché intérieur". Si sa nomination est validée par le Parlement européen, elle sera en charge de la politique industrielle, du marché unique numérique, mais aussi de l'industrie de la défense et de l'espace.
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Par Clément ZAMPA (AFP)

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La Française Sylvie Goulard s'est vu confier mardi un vaste portefeuille économique au sein de la prochaine Commission européenne, malgré les enquêtes sur les soupçons d'emploi fictif d'un de ses assistants lorsqu'elle était eurodéputée.

En tant que commissaire européenne au "Marché intérieur" à partir du 1er novembre -- si sa nomination est validée par le Parlement européen -- cette spécialiste de l'UE aux compétences reconnues sera en charge de la politique industrielle, du marché unique numérique, mais aussi de l'industrie de la défense et de l'espace.

La future présidente de la Commission, l'Allemande Ursula von der Leyen, qui présentait sa nouvelle équipe, a salué en Sylvie Goulard, soutien de la première heure du président français Emmanuel Macron, "une Européenne passionnée et convaincue".

Conseillère politique à la Commission, puis eurodéputée de 2009 à 2017, cette forte personnalité, qui parle aussi bien l'allemand, que l'anglais et l'italien, était jusqu'à présent sous-gouverneure à la Banque de France, un poste qu'elle avait rejoint six mois après son passage éclair au gouvernement français.

La Française de 54 ans avait été contrainte de démissionner de son poste de ministre des Armées en juin 2017, un mois à peine après sa nomination, à cause de l'affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés MoDem, parti centriste qu'elle a depuis quitté.

Une information judiciaire est toujours ouverte en France dans ce dossier, qui concerne six eurodéputés. Et à l'échelle européenne l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) enquête également.

En attendant la fin de ces enquêtes, Sylvie Goulard, dans l'incapacité de prouver que l'un de ses assistants avait bien travaillé pour elle entre juillet 2014 et janvier 2015, a d'ores et déjà accepté de rembourser 45.000 euros aux services financiers du Parlement européen.

"Risque mesuré"

Une tache persistante dans le prestigieux CV de la Française, sur laquelle ne manqueront pas d'insister les eurodéputés qui l'auditionneront, a priori dans les premiers jours d'octobre, dans un hémicycle où elle n'a pas gardé que des amis.

Sous couvert d'anonymat, certaines fustigent, aujourd'hui encore, son "arrogance".

"Le Parlement ne l'a pas blanchie. Elle reconnaît que c'est un emploi fictif puisqu'elle rembourse !", peste l'eurodéputé écologiste David Cormand, interrogé par l'AFP, pour qui la France aurait dû proposer un autre nom.

"C'est un risque mesuré", répond-on de source française, où l'on relève que Sylvie Goulard n'a toujours pas été entendue par la justice française dans ce dossier.

"L'Olaf est complètement indépendant. Ils vont finir leur travail et on va les écouter", a pour sa part commenté mardi Ursula von der Leyen, insistant sur "la présomption d’innocence".

Un autre point noir pourrait cependant embarrasser cette femme d'influence, figure des institutions européennes: son travail pendant près de trois ans pour un think tank américain, l'institut Berggruen, pour plus de 10.000 euros par mois, alors même qu'elle était eurodéputée.

"Je trouve indécent de prendre des rémunérations pareilles pour un travail dont on se demande la nature quand on est payé à plein temps par les citoyens européens pour être député", fustige le co-président du groupe écologiste au Parlement, le Belge Phillipe Lamberts, interrogé par l'AFP.

Evasif, l'organisme en question assure qu'elle a "participé à l'organisation" de deux conférences, d'une table ronde et préparé "des documents d'information".

"C'est un travail normal de député !", s'étrangle un ancien membre de l'hémicycle. "Quand un eurodéputé fait des conférences ou des papiers de réflexion, il n'est pas payé pour ça."

Rien d'illégal cependant pour Sylvie Goulard, qui a dûment déclaré cette activité auprès du Parlement européen.

"Pour Sylvie, tout était conforme aux règles", insiste son entourage

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