Elle était déjà en tête. Elle distance désormais ses adversaires. À quelques mois de la présidentielle de 2027, Marine Le Pen domine le dernier baromètre Odoxa-Backbone avec Public Sénat, la presse régionale et le Nouvel Obs avec 37 % des intentions de vote au premier tour, soit cinq points de plus qu’en mai. Un niveau jamais atteint par la candidate du Rassemblement national, pourtant en tête de tous les sondages sur le sujet.
Un premier tour à sens unique
Le fossé avec ses concurrents directs est spectaculaire. Jean-Luc Mélenchon plafonne à 18 %, Édouard Philippe le talonne à 17 %, à eux deux, ils ne parviennent pas à égaler le score de la députée du Pas-de-Calais. La compétition pour la deuxième place est ouverte, mais celle pour la première semble, pour l’instant, bien verrouillée.
Le Nord et l’Est en bastions, l’Île-de-France en poche de résistance
La carte du vote, elle, confirme les grandes lignes de la géographie électorale du RN. Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les Hauts-de-France (44 %), le Grand Est (43 %) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse (42 %), des territoires où elle dépasse largement la barre des 40 %.
À l’inverse, c’est en Île-de-France que la dynamique est la moins favorable. La candidate n’y recueille que 22 % des intentions de vote, soit quatre points de moins que Jean-Luc Mélenchon (26 %), qui y fait la course en tête. Le tribun insoumis trouve dans la région capitale son meilleur terrain.
Au second tour, un duel Le Pen-Mélenchon tourne à son avantage
Dans l’hypothèse d’un second tour face à Jean-Luc Mélenchon, la candidate du Rassemblement national s’imposerait nettement, avec 68 % des intentions de vote contre 32 % pour le fondateur de La France insoumise.
Un écart à manier avec précaution, car l’électorat de ce duel hypothétique est encore loin d’être fixé. 37 % des électeurs qui comptent voter hésitent encore (14 %) ou envisagent de voter blanc ou nul (23 %). Les certitudes, elles, sont très inégalement réparties : seuls 20 % savent déjà qu’ils voteront pour Jean-Luc Mélenchon, contre 43 % pour Marine Le Pen. Un socle d’électeurs convaincus plus de deux fois supérieur à celui de son adversaire, qui explique en grande partie l’ampleur de son avance.
Face à Édouard Philippe, la partie est bien plus serrée
Le scénario change sensiblement lorsque l’adversaire est Édouard Philippe. Marine Le Pen reste en tête, mais avec une avance nettement réduite : elle l’emporterait avec 53 % des intentions de vote contre 47 % pour le candidat Horizons.
La photographie des certitudes est, là aussi, plus équilibrée. 32 % des électeurs qui comptent voter au second tour savent déjà qu’ils choisiront Édouard Philippe, contre 36 % pour Marine Le Pen, soit seulement quatre points d’écart, contre vingt-trois dans le duel avec Jean-Luc Mélenchon. Face à l’ancien Premier ministre, la candidate du RN voit donc fondre son socle de fidèles, passé de 43 % à 36 %. La part des électeurs encore incertains ou tentés par le blanc ou le nul se réduit également, à 32 %, signe que ce second tour-là mobilise davantage.
Dans les deux cas, la réserve d’indécis et de votes blancs ou nuls, supérieure à l’écart entre les électeurs déjà convaincus, rappelle qu’à ce stade, un sondage reste une photographie, et non un résultat.