Création d’une Agence de l’innovation de défense
Le gouvernement a annoncé vendredi la création d'une Agence de l'innovation de défense, dont l'une des priorités sera de se doter...

Création d’une Agence de l’innovation de défense

Le gouvernement a annoncé vendredi la création d'une Agence de l'innovation de défense, dont l'une des priorités sera de se doter...
Public Sénat

Par Djallal MALTI

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Le gouvernement a annoncé vendredi la création d'une Agence de l'innovation de défense, dont l'une des priorités sera de se doter de compétences dans le domaine de l'intelligence artificielle, budget de 100 millions d'euros à la clé.

"Nous allons créer une agence de l'innovation au sein du ministre des Armées", a déclaré vendredi la ministre des Armées Florence Parly lors d'une visite au siège de Dassault Aviation autour du développement d'applications d'intelligence artificielle pour l'aviation de combat du futur.

"Différentes initiatives ont été prises récemment, qui petit à petit, constituent une politique qui se structure (et qui) autour de la DGA (Direction générale de l'armement, NDLR), d'un ensemble plus large que la DGA, qui associera très étroitement les utilisateurs que sont les armées à travers leurs états-majors, (et) va donc fédérer les projets d'innovation", a détaillé Mme Parly.

Cette agence sera dotée d'"un budget qui va représenter 100 millions d'euros par an si l'on agrège l'ensemble des moyens", a ajouté la ministre.

Son ministère a ensuite précisé que ce chiffre correspondait "à l'effort financier qui sera effectué en faveur de l'intelligence artificielle au sein des armées."

"L'agence de l'innovation du ministère des armées recouvre quant à elle un périmètre plus large d'un milliard d'euros, ce qui correspond à l'ensemble des études et de l'innovation de défense", a indiqué le ministère à l'AFP.

L'agence bénéficiera également de moyens intellectuels et humains. "Ce sont des compétences rares qu'il va nous falloir rechercher, et donc notre objectif est de nous doter de 50 experts très rapidement dans le domaine de l'intelligence artificielle" (IA), a expliqué la ministre.

Cette agence sera effective cette année, a-t-elle précisé, en rappelant que l'innovation constituait l'un des axes majeurs de la loi de programmation militaire 2019-2025.

La ministre des Armées présentait sa feuille de route en matière d'intelligence artificielle et d'innovation à l'occasion du lancement d'une étude baptisée "Man Machine Teaming"(MMT, collaboration homme-machine, NDLR), "qui vise à développer l'intelligence artificielle pour l'aviation de combat", lors de cette visite chez le constructeur de l'avion de combat Rafale.

Elle s'est fait présenter, en présence d'Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, Patrice Caine, PDG de Thales, et Joël Barre, Délégué général pour l'Armement, quelques-uns des concepts sur lesquels s'appuie le plan d'étude amont "MMT". Cette étude a été confiée par la DGA à Dassault Aviation et Thales.

Le projet MMT, qui agglomère des start-ups, des PME, des laboratoires et centres de recherche français spécialisés dans l'intelligence artificielle, la robotique et les nouvelles interfaces homme-machine, consiste à améliorer l'aéronautique de combat en apportant réactivité et aide à la prise de décision des aviateurs et des opérateurs grâce à l'IA.

- La France refuse les "robots tueurs" -

La place de l'homme dans l'intelligence artificielle de défense restera centrale, a insisté la ministre. L'objectif de l'IA est de délester les soldats "des tâches les plus fastidieuses ou des dangereuses" tout en conservant l'homme "au cœur de la décision".

"Sur le champ de bataille, l'intelligence artificielle pose peut-être plus de questions encore", a-t-elle déclaré. "Quelle est la place de l'homme dans les attaques, dans les décisions ? Quelle est l'éthique, finalement, de cette guerre 2.0 ? Là-dessus, notre position est très claire: la France ne laissera pas émerger des robots tueurs, les systèmes respecteront les conventions internationales sur le droit de la guerre et l'homme sera à tout moment dans la boucle."

Selon Mme Parly, cette agence de l'innovation de défense "devra inventer de nouveaux modes d'intervention du ministère, de nouveaux outils, notamment pour favoriser les expérimentations rapides".

Elle viendra compléter les nouveaux dispositifs lancés depuis sa prise de fonction, Def'Invest, fonds de capital risque dans les PME de défense, qui va annoncer sous peu son premier investissement, et Defense Lab, "hub de l'innovation de défense" au sein du ministère.

Elle sera enfin "tournée vers l'Europe" en tirant parti du fonds européen de défense et de la l'agence européenne de l'innovation de rupture annoncée par le Président de la République Emmanuel Macron.

La Darpa, la cellule recherche et développement de l'armée américaine, est dotée d'un budget annuel de plus de 3 milliards de dollars.

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