Le président du Sénat Gérard Larcher réunit mardi plusieurs hiérarques de la droite et du centre pour initier un "chantier de reconstruction",...
Crise aux Républicains: Larcher entre en scène, débats sur le calendrier chez LR
Le président du Sénat Gérard Larcher réunit mardi plusieurs hiérarques de la droite et du centre pour initier un "chantier de reconstruction",...
Par Baptiste PACE
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Le président du Sénat Gérard Larcher réunit mardi plusieurs hiérarques de la droite et du centre pour initier un "chantier de reconstruction", alors qu'un débat s'installe au sein des Républicains (LR) sur le calendrier de sortie de crise.
Mardi matin, le président par intérim de LR, Jean Leonetti, a dit souhaiter organiser une élection du nouveau patron du parti en septembre-octobre. Le maire d'Antibes, qui ne sera pas lui-même candidat, s'est également montré sceptique sur l'idée d'une direction collégiale transitoire dans laquelle "on ne sait plus qui fait quoi".
Interrogée par l'AFP, Annie Genevard, secrétaire générale de LR, a au contraire jugé qu'"il serait préférable que cette élection ait lieu après les municipales" de mars 2020, "compte tenu de la fragilité de notre parti". Dans l'intervalle, elle est favorable à une direction collégiale pour "trouver les voies de la concorde", à condition que "cette démarche soit consentie par tous".
Le débat sur le calendrier promet d'agiter LR pendant les prochains jours. Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée, a présenté l'hypothèse d'une élection en août comme "majoritairement écartée". Reste selon lui deux options: une élection à l'automne, ou bien après les municipales. "Les deux se défendent", a-t-il estimé.
M. Jacob a par ailleurs assuré de la "volonté d'unité" qui traverse le groupe LR, alors que quelques députés menaçaient la semaine dernière de faire scission.
De son côté, Gérard Larcher lance sa propre initiative. Lancé au surlendemain de la débâcle de LR aux européennes (8,48%), le rendez-vous est pris pour 17h00 dans un hôtel proche de la Tour Eiffel.
Écartant toute ambition personnelle, le plus haut personnage de droite dans l'ordre protocolaire de l'Etat a expliqué vouloir "reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre", qui sera "l'émanation de la diversité et de la richesse de nos territoires, de nos élus et de nos mouvements politiques".
- Pressions de la majorité -
François Baroin, président de l'association des maires, à Paris, le 20 février 2019
POOL/AFP/Archives
Répondront à l'appel de M. Larcher les présidents des groupes parlementaires LR Christian Jacob (Assemblée) et Bruno Retailleau (Sénat) ainsi que des groupes centristes Philippe Vigier (Libertés et Territoires, Assemblée) et Hervé Marseille (Union centriste, Sénat).
Le président du groupe UDI-Agir-Indépendants Jean-Christophe Lagarde n'a pas donné suite à l'invitation. "A ce jour, malgré le départ de la présidence de LR de Laurent Wauquiez, la ligne politique définie jusqu'à présent n'est pas remise en cause", a-t-il écrit à M. Larcher, dans une lettre dont l'AFP a eu connaissance.
M. Larcher a également convié les patrons des trois grandes associations d'élus François Baroin (maires, LR), Dominique Bussereau (départements, ex-LR) et Hervé Morin (régions, Centristes) ainsi que les présidents de régions issus de la droite et du centre, dont Mme Pécresse et Laurent Wauquiez.
Les présidents des régions Ile-de-France Valérie Pécresse (LR) et Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR), visitent une usine Alstom à Petite-Forêt, près de Valenciennes, le 19 février 2019
AFP
Un absent de marque: Xavier Bertrand. Le président des Hauts-de-France, qui avait quitté LR en décembre 2017 au lendemain de l'élection de M. Wauquiez, "ne participera pas à la réunion", fait savoir son entourage qui souligne néanmoins un rendez-vous programmé mercredi avec le président du Sénat.
- "Ambitions présidentielles" -
L'initiative de M. Larcher, par ailleurs, n'épuise pas le débat interne au sein des Républicains. "Nécessaire mais pas suffisante", "elle a la vertu de tenter de stopper le risque d'hémorragie de départs de certains élus. Mais garder les élus est une chose, reconquérir les électeurs en est une autre", a fait valoir le secrétaire général délégué de LR, Geoffroy Didier.
Autre secrétaire général délégué, Guillaume Larrivé a jugé "nécessaire" que le futur patron du parti "ne soit pas candidat(e) à l'élection présidentielle" pour mieux "accompagner la reconstruction" du parti.
"Faire croire aux gens qu'un président de parti doit renoncer à ses ambitions présidentielles (...) me semble un peu farfelu", a estimé à l'inverse sur franceinfo le vice-président de LR Guillaume Peltier, cité parmi les possibles candidats pour succéder à Laurent Wauquiez.
Le maire de Nice Christian Estrosi, très critique de la ligne Wauquiez, a de son côté souhaité que LR soit "prêt si besoin à exercer des responsabilités gouvernementales" avec la majorité. Une position minoritaire au sein des Républicains.
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