Canicule : Patrick Kanner réclame un « plan Marshall » et annonce une mission flash du Sénat

Alors que le gouvernement réunit jeudi une cellule interministérielle de crise à Marseille face à un nouvel épisode de fortes chaleurs, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, appelle à une réponse politique de plus grande ampleur. Invité au micro de Public Sénat, il salue l’organisation prochaine d’un débat parlementaire tout en annonçant le lancement d’une mission flash sénatoriale dès le mois de juillet afin d’évaluer la préparation de l’État face aux conséquences du changement climatique.
Rédaction Public Sénat

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La France est-elle suffisamment préparée à la canicule ? Au lendemain de la canicule qui a frappé une large partie du territoire et alors qu’un nouvel épisode de fortes chaleurs menace déjà plusieurs départements, le Sénat entend jouer pleinement son rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Patrick Kanner s’est félicité de la décision du Premier ministre, Sébastien Lecornu, d’accepter l’organisation d’un débat au Parlement sur les conséquences des phénomènes climatiques, conformément à la procédure prévue par l’article 50-1 de la Constitution. « C’est une très bonne nouvelle », estime le président du groupe socialiste au Sénat, qui juge indispensable de dresser un bilan de la gestion gouvernementale de cette crise climatique. « Nous avons besoin de faire le point dans le cadre de l’action de contrôle du Parlement, et du Sénat en particulier, vis-à-vis du gouvernement », explique-t-il.

Une mission flash dès juillet

Au-delà du débat parlementaire, les sénateurs socialistes souhaitent aller plus loin en lançant rapidement une « mission flash ». Patrick Kanner indique qu’à ce stade, les socialistes privilégient cette formule plutôt qu’une commission d’enquête classique, afin d’obtenir des conclusions sans attendre la rentrée parlementaire. « Nous avons demandé des missions flash pour qu’elles aient lieu très rapidement, que ce ne soit pas reporté à la rentrée », souligne-t-il.

« Les grands esprits se rencontrent ». Selon lui, cette initiative rejoint une réflexion déjà engagée par le président du Sénat. Trois commissions devraient ainsi être mobilisées : la commission du développement durable, la commission des affaires économiques et la commission des affaires sociales. L’objectif est de lancer les travaux dès le mois de juillet afin d’apporter rapidement des réponses aux interrogations suscitées par les vagues de chaleur successives.

« Ça doit être une priorité nationale aujourd’hui dans notre pays »

Patrick Kanner se montre critique envers l’action de l’exécutif, tout en prenant soin de distinguer son analyse des attaques formulées par les écologistes hier à l’Assemblée nationale. « Je suis critique sans être excessif », précise-t-il, préférant attendre les données définitives sur les conséquences sanitaires de la canicule avant de commenter le bilan humain. En revanche, il juge insuffisantes les politiques publiques engagées pour adapter le pays au réchauffement climatique. Il cite notamment les nouvelles modifications du dispositif MaPrimeRénov’et la baisse du Fonds vert destiné aux collectivités territoriales. « Le compte n’y est pas, tout simplement », affirme-t-il.

Pour le président du groupe socialiste, la France doit désormais changer d’échelle et engager « un plan Marshall », fondé sur des investissements massifs dans les services publics, les bâtiments, les infrastructures et l’adaptation des territoires aux conséquences du dérèglement climatique. « Ça doit être une priorité nationale aujourd’hui dans notre pays », insiste-t-il.

Des classes à plus de 42 degrés

Patrick Kanner répond également aux récentes déclarations du président de la République, qui estimait avoir engagé un important travail d’adaptation depuis 2017. Le sénateur socialiste conteste ce « satisfecit présidentiel », estimant que les résultats ne sont pas visibles sur le terrain. Il illustre son propos par une situation vécue par sa petite fille dans une école lilloise où, selon lui, une classe a atteint 42 degrés. « Voilà, c’est ça la réalité des faits », lance-t-il, estimant que les infrastructures publiques restent insuffisamment préparées aux épisodes climatiques extrêmes.

« Faire tomber le gouvernement aujourd’hui, je ne vois pas l’intérêt »

Concernant la motion de censure que les députés écologistes souhaitent déposer contre le gouvernement pour dénoncer sa gestion de la canicule, Patrick Kanner prend ses distances. Sans se prononcer au nom du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, il rappelle que les socialistes ne croient pas à l’efficacité de cet outil dans le contexte actuel. « Faire tomber le gouvernement aujourd’hui, je ne vois pas l’intérêt », affirme-t-il. Le président du groupe socialiste au Sénat préfère privilégier la pression parlementaire et le contrôle de l’action gouvernementale. « L’interpeller et l’amener à prendre les bonnes décisions, ça, c’est notre responsabilité », conclut-il.

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