« On se reverra à la rentrée, avec un groupe renforcé. » C’est sur une note d’optimisme que la sénatrice Maryse Carrère, présidente du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) met fin aux échanges avec la presse ce 1er juillet. Le plus ancien des groupes parlementaires encore en activité – il fête son 135e anniversaire cette année – vient d’organiser la première conférence de presse de son histoire récente. Une petite révolution à l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre, qui n’est pas synonyme de fébrilité, mais simplement de la poursuite d’une stratégie pour progresser en visibilité. « On n’a pas vraiment d’inquiétude sur la survie du groupe », rassure Raphaël Daubet, sénateur du Lot élu pour la première fois il y a trois ans.
« Confiant dans son avenir », le groupe descendant des radicaux de la IIIe République vise a minima la stabilité de ses effectifs à l’issue du scrutin de la rentrée. Le groupe réunit à la fois des membres du Parti radical de gauche (PRG), la plus grosse cohorte de ses effectifs, mais aussi des membres du Parti radical (ex-Parti radical valoisien), ce dernier étant inclus dans la majorité présidentielle, ainsi que des élus apartisans.
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Sur les 16 membres qui le composent, la moitié sont concernés par le scrutin. Sur les 8 dont les mandats sont remis en jeu, trois ont fait le choix de ne pas repartir en campagne, tous dans l’arc méditerranéen : Christian Bilhac et Henri Cabanel (Hérault) et André Guiol (Var). Pour les autres qui vont solliciter à nouveau la confiance des grands électeurs, Maryse Carrère a bon espoir. « Il y avait 100 % de réussite en 2023 : six renouvelables, tous ont été réélus. On espère que tous nos sortants qui se représentent seront renouvelés », escompte la sénatrice des Hautes-Pyrénées.
Même confiance affichée dans les trois départements où trois sénateurs du RDSE ne rempilent pas. « L’esprit du groupe, c’est dans la transmission. On prépare des gens qui ont sérieusement des chances d’être élus », précise Henri Cabanel, sénateur sortant de l’Hérault.
« Nous ne sommes pas dans une stratégie de débauchage à tout prix »
Le groupe n’exclut pas non quelques « bonnes surprises » dans d’autres départements. Le groupe, qui a travaillé sur de nouvelles candidatures dans les autres circonscriptions, se dit aussi « attentif » à de nouveaux élus en septembre « susceptibles » de rejoindre ses rangs, s’ils partagent ses valeurs. « La seule chose que nous regardons, c’est la compatibilité des candidats avec les valeurs que nous défendons. Nous avons des exigences, nous ne sommes pas dans une stratégie de débauchage à tout prix. On ne cherche pas à grossir pour exister », précise Maryse Carrère.
Parmi les principes qui régissent le RDSE : les fondements de la République, le respect de l’État de droit, les libertés publiques, la justice sociale, l’Europe, le développement durable ou encore l’autonomie des collectivités locales. Se présentant comme un « groupe d’équilibre et d’influence », le RDSE se dit « capable de travailler avec différentes sensibilités ». Au cours de son histoire, le groupe a accueilli des personnalités d’horizons divers : Jean-Pierre Chevènement (Mouvement républicain et citoyen), Michel Charasse (après son exclusion du Parti socialiste), l’ancien secrétaire national du Parti communiste Robert Hue, ou encore deux sénateurs écologistes orphelins en 2017, après la disparition de leur groupe.
« La campagne présidentielle va sûrement nous conduire à nous positionner »
Un point « préoccupe » le RDSE dans cette campagne des sénatoriales : la possibilité de l’émergence d’un groupe Rassemblement national. « Notre attachement aux valeurs humanistes nous conduit à rejeter leurs idées », martèle la présidente de groupe.
Moins de six mois après les sénatoriales, la France aura un autre rendez-vous électoral, déterminant : la présidentielle. Si le « RDSE n’est pas une écurie présidentielle », insiste sa présidente, elle estime néanmoins que la campagne à venir conduire « sûrement » le groupe à « se positionner ».
Maryse Carrère constate que le climat « se tend déjà » au Sénat, à l’approche progressive de cette échéance électorale. Le budget 2026 a été « un moment difficile », avec une « majorité de droite qui s’est arcboutée sur des marqueurs ». La sénatrice évoque aussi la « profusion de propositions de loi sécuritaires ou stigmatisantes ». Selon elle, « la volonté de la droite de supprimer l’aide médicale d’État (AME) » est aussi symptomatique d’une « certaine pénétration » des idées du Rassemblement national.