Le chef de l’Etat s’est replacé au centre du jeu en réunissant vendredi matin à l’Elysée les chefs de partis et prétendant à l’élection présidentielle, sur un format inspiré des « Rencontres de Saint-Denis » organisées en août 2023. Les échanges, lors de cette réunion d’urgence, ont porté sur la « dégradation rapide de la situation internationale » et ses « conséquences en France sur la sécurité et l’énergie », a annoncé la présidence jeudi 17 septembre.
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Édouard Philippe : « Se préparer à une escalade » sans « entrer en belligérance »
À l’issue de la réunion convoquée par Emmanuel Macron, Édouard Philippe a évoqué « un impact considérable des conflits » sur la France. Le candidat Horizons a jugé que « c’était une démarche utile », estimant qu’« il est nécessaire que les différents responsables politiques aient un certain nombre d’informations ». « J’ai été frappé par le ton du président », a-t-il confié, ajoutant que « l’impact de la crise au Moyen-Orient va se faire durablement sentir par les Français ». Il a assuré partager « sa détermination à faire en sorte que la France soit prête et vigilante à ce qui viendrait contrecarrer nos intérêts ».
« Nos échanges ont essentiellement concerné la réalité sur le terrain au Moyen-Orient et en Ukraine, des conflits dont nous subissons les impacts », a-t-il précisé. « Le niveau de menace et de risques auxquels la France est soumise est un niveau de menace qui s’élève », citant « l’opération manquée en Allemagne, qui a été conduite à la demande des services russes ». « Notre pays doit se protéger, se préparer à une escalade qui pourrait intervenir », a-t-il averti, appelant à « prendre la menace au sérieux » tout en prévenant qu’il ne faut « plus entrer en belligérance avec la Russie ».
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Olivier Faure plaide « pour des aides automatiques et doublées »
Le Premier secrétaire du PS, candidat à la primaire PS/Place Publique pour l’élection présidentielle, Olivier Faure a indiqué que les conflits en Ukraine et en Iran allaient être amenés à durer. « Ça va supposer qu’il y ait, dans notre pays, un effort d’ajustement, un gouvernement qui le traduise dans le soutien aux Françaises et aux Français ». Olivier Faure a plaidé pour des aides automatiques et doublées […] faire en sorte que le pouvoir d’achat des Français ne diminue pas, à mesure que la crise se prolonge. Nous ne devons pas être un pays exclusivement gouverné par la peur », a-t-il ajouté listant plusieurs mesures structurelles comme une accélération de l’électrification des usages ».
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Jordan Bardella et Éric Ciotti ressortent de l’Élysée « sur leur faim »
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella a réitéré vendredi 18 septembre sa demande d’une baisse de la fiscalité sur les carburants, avant puis après la réunion à huis clos convoquée par Emmanuel Macron à l’Élysée. À son arrivée, Jordan Bardella a demandé à Emmanuel Macron d’accepter une baisse des taxes sur les carburants, rappelant que celles-ci représentent la moitié du prix payé à la pompe, tout en avertissant que le litre pourrait bientôt atteindre 3 €. « Je le déplore, mais peut-être dans quelques jours [le litre atteindra] 3 €. Il est évident que les Français ne pourront pas suivre », avertissait-il avant la réunion.
À l’issue de la réunion, le ton est resté offensif. Selon les propos rapportés du RN, le président n’aurait apporté « aucune réponse sur le pouvoir d’achat et les taxes sur le carburant ». Jordan Bardella et Éric Ciotti disent avoir réclamé une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur le carburant, ainsi que l’annulation des hausses de taxes sur l’essence mises en place en 2018, une mesure qui, selon leurs calculs, ferait gagner environ « une vingtaine d’euros » sur un plein de 40 litres. « La question du pouvoir d’achat a été balayée par le gouvernement », a déploré le chef du parti, assurant que c’est le RN qui a mis ce sujet sur la table durant la réunion, et non l’exécutif. Éric Ciotti a dressé le même constat, jugeant qu’« aucune mesure n’a été posée » et dénonçant une forme de « racket fiscal », l’État bénéficiant selon lui de la hausse des prix du carburant, la TVA étant assise sur l’ensemble du prix, taxes comprises. Les deux responsables disent rester « sur leur faim » à l’issue de cette réunion consacrée, officiellement, à la sécurité et à l’énergie face à la dégradation de la situation internationale.
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Menace russe : « Le terme de terrorisme d’Etat a été mentionné », rapporte Raphaël Glucksmann à la sortie de la réunion organisée à l’Elysée
Le candidat à la primaire PS/Place Publique pour l’élection présidentielle, Raphaël Glucksmann a essentiellement retenu de la réunion organisée à l’Elysée l’état de la menace russe sur l’Union européenne. « Nous nous trouvons dans une situation de guerre hybride. Le terme de terrorisme d’Etat a été utilisé », a-t-il confié.
« Une réunion extrêmement importante », c’est le qualificatif retenu par Raphaël Glucksmann à la sortie de la réunion organisée à l’Elysée et rassemblant les chefs de partis et prétendant à l’élection présidentielle.
Le candidat à la primaire PS/Place Publique pour l’élection présidentielle a retenu l’état inquiétant de la menace sécuritaire russe sur l’Union européenne. « Nous sommes dans une situation de guerre hybride. « Le terme de terrorisme d’Etat a été mentionné. La Russie de Vladimir Poutine considère, non seulement l’Ukraine comme son ennemie, mais l’Europe tout entière. Nous sommes l’arrière-front avec des frappes qui peuvent toucher nos pays ».
Concernant les aides énergétiques, Raphaël Glucksmann a compris que le Premier ministre allait faire des annonces. « Mais j’ai senti qu’il n’y avait pas encore la conscience de la gravité de la situation. Il y a besoin d’aides beaucoup plus massives de ce qui est annoncé aujourd’hui », a-t-il conclu.
- « À Leipzig, le but de la Russie n’était pas de faire peur mais de tuer », explique Marine Tondelier
« Nous avons des raisons d ‘être inquiets, et beaucoup plus que ne le pensent certains », a commenté Marine Tondelier, la candidate EELV en sortant de l’Elysée. « Ce que nous avons vu à Leipzig cet été, et le fait qu’il n’y ait pas eu de morts, ce n’est pas parce que la Russie était dans une phase de test mais parce que l’opération a raté. On a pu lire par endroits que c’était un avertissement : le but n’était pas de faire peur mais de tuer. On peut penser que cela peut se reproduire rapidement et souvent, dans à peu près tous les pays du continent européen », alerte la secrétaire nationale des Ecologistes.
Début août, un drone chargé d’explosifs a été découvert dans la zone de fret de l’aéroport de Leipzig. Selon les médias allemands, le détonateur se serait détaché, ce qui aurait empêché son explosion.
Marine Tondelier explique encore avoir profité de cette rencontre avec les autres candidats à la présidentielle et responsables de partis pour appeler ses homologues à faire front commun face aux tentatives de déstabilisation du Kremlin. « Certains partis sont parfois versatiles sur ce sujet. Il n’est pas possible de faire la cinquième colonne face à tous ceux qui veulent déstabiliser l’Europe, à commencer par la France en 2027.
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Bruno Retailleau n’a rien « appris de très précis »
A la sortie, le président de LR et candidat à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau a confié « n’avoir rien appris de très précis », lors de cette rencontre. « Ces réunions sont quand même intéressantes. Ça permet d’avoir des échanges, parfois d’avoir telle ou telle information », a-t-il ajouté.