Éric Zemmour a levé le voile sur ses intentions ce jeudi soir, sur le plateau de BFMTV, mettant fin aux spéculations qui agitaient son propre camp ces dernières semaines : ce sera bien lui, et non l’eurodéputée Sarah Knafo, qui portera les couleurs de Reconquête à la présidentielle. Une décision qui referme du même coup le suspense entretenu autour de l’avenir politique de sa lieutenante, alors même que son livre consacré aux finances publiques, « Le Casse du siècle » (Fayard), cartonne en librairie. « Je suis candidat à la présidence de la République, je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, précisant toutefois qu’il ne s’agissait pas encore d’une déclaration de candidature officielle, celle-ci devrait être formalisée à l’automne, vraisemblablement en octobre. Pour l’homme de 68 ans, arrivé quatrième du premier tour de la présidentielle de 2022 avec 7,07 % des voix, cette annonce sonne comme un retour sur le devant de la scène.
Une nouvelle étape dans la doctrine de la « remigration »
Fidèle à son concept de « remigration », qui va au-delà du simple arrêt des flux migratoires pour prôner le renvoi des étrangers déjà présents sur le territoire, le leader d’extrême droite a fixé un nouveau seuil, un étranger, même en situation régulière, devrait être expulsé après un an de chômage. Il a détaillé une liste de catégories visées par cette politique : les détenus étrangers, qu’il estime à 25 % de la population carcérale française, les délinquants purgeant leur peine hors des murs (bracelet électronique, travaux d’intérêt général), les personnes en situation irrégulière, ainsi que les bénéficiaires exclusifs des aides sociales. Pour justifier cette approche, il s’est appuyé sur un texte ancien : « Il y a un article du code des étrangers qui date, je pense, de 1945, et qui dit que tout étranger qui pèse sur les finances publiques doit être expulsé. »
« Des robots à la place des immigrés »
Autre pilier de son programme, déjà esquissé le week-end précédent lors des universités d’été de son parti dans les Yvelines, le remplacement de la main-d’œuvre immigrée par l’automatisation. « Des robots à la place des immigrés », a-t-il résumé jeudi soir, citant les exemples chinois et japonais comme modèles à suivre. « Il n’y a aucune raison qu’on ne le fasse pas. On a intérêt à investir vite dans cette activité économique », a-t-il ajouté, visant en particulier les secteurs qu’il qualifie de « travaux dont les Français ne veulent pas ».
Sa déclaration de candidature officielle est désormais attendue à l’automne, probablement en octobre.