Pour succéder à Jean-Luc Fichet, sénateur socialiste sortant, le PS a choisi Forough Dadkhah, une femme d’expérience, vice-présidente de la région Bretagne.
Mais le maintien du seul siège socialiste s’annonce plus compliqué que prévu. Car depuis les dernières élections sénatoriales, le corps électoral a changé.
Brest notamment, fief de la gauche, a été raflé par la droite en mars dernier.
« Cette fois-ci, les élections municipales n’ont pas été hyper encourageantes et donc, fatalement, il y a moins de grands électeurs pour nous. »
Et ce n’est pas tout pour la candidate. Elle part avec un handicap supplémentaire : ici, la gauche n’a pas réussi à s’unir.
« Malgré ce que l’on a essayé, on n’a pas réussi à avoir le rassemblement large de la gauche. Je le regrette. La division dessert ceux qui sont numériquement moins forts. C’est pour ça que je trouve qu’on a joué un jeu dangereux dans cette division. »
Outre les listes LFI, écologiste et régionaliste, Forough Dadkhah va devoir faire face à une liste divers gauche, très proche de la sienne, celle de Michel Loussouarn, maire de Rosporden.
« Ce sont les grands électeurs qui votent, donc essentiellement les délégués des conseils municipaux. Ce ne sont pas les citoyens ordinaires. »
Pour lui, les changements du corps électoral après les municipales ne sont pas défavorables à la gauche.
« La différence par rapport aux élections passées, c’est qu’on n’a pas une science exacte des grands électeurs… »
Des dissensions qui font, en tout cas, les affaires du sénateur LR sortant, Philippe Paul, qui règle ce jour-là les derniers préparatifs de sa campagne.
Le sénateur est très optimiste sur sa réélection.
« La ville de Brest, déjà, a bougé, donc ça fait déjà un stock de grands électeurs. Je suis plutôt serein quand même. Ce n’est pas mal, les échos sont sympathiques. Donc il faut continuer jusqu’au bout. »
Jusqu’au bout, car à droite, une nouvelle liste joue les trouble-fêtes : celle de Patrick Leclerc, le maire de Landerneau.
Jamais élu au Sénat, il aimerait profiter du plus grand nombre d’électeurs à droite pour tenter sa chance.
« Oui, il y a des fenêtres de tir qui font que cette candidature est crédible. On a aussi besoin de renouveau. Donc, à un moment, avoir de nouvelles candidatures, ça ne peut qu’oxygéner l’offre pour les grands électeurs. »
Patrick Leclerc vient surtout concurrencer Michel Canévet, sénateur sortant divers droite.
Car ce n’est pas un, mais deux sièges qu’il aimerait obtenir lors de ces élections, comme il y a six ans, où il avait été élu avec Nadège Havet.
Dix listes pour quatre sièges dans le Finistère
« Effectivement, l’évolution qui est intervenue aux municipales dans le Finistère suscite sans doute quelques convoitises et il y a un peu plus de concurrence cette fois-ci qu’en 2020. Nous nous sommes connus et reconnus, et nous pensons que cela va jouer considérablement auprès des grands électeurs. »
Avec une liste RN et une liste Reconquête, le Finistère compte au total dix listes.
Une dispersion qui risque de rendre encore plus compliquée la bataille à droite… et le maintien de la gauche dans la circonscription.