Cumul parti/gouvernement pour Castaner : Bargeton dément tout «début de fronde»
Une fois n’est pas coutume, un parlementaire LREM sort du rang. Selon le sénateur Julien Bargeton, il « serait souhaitable que Christophe Castaner ne reste pas au gouvernement pour pouvoir assurer pleinement ses fonctions » à la tête d’En Marche. Des propos qu’il a vite minimisés.

Cumul parti/gouvernement pour Castaner : Bargeton dément tout «début de fronde»

Une fois n’est pas coutume, un parlementaire LREM sort du rang. Selon le sénateur Julien Bargeton, il « serait souhaitable que Christophe Castaner ne reste pas au gouvernement pour pouvoir assurer pleinement ses fonctions » à la tête d’En Marche. Des propos qu’il a vite minimisés.
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Seul et unique candidat au poste de secrétaire général de La République En Marche (LREM), l’élection de Christophe Castaner à la tête du parti présidentiel ne fait pas l’ombre d’un doute. C’est au cours d’un dîner à l’Elysée, le 23 octobre dernier, avec Emmanuel Macron et ses proches, que la décision a été prise. Une décision qui vient de tout en haut, pour un parti qui fait du « bottom-up » l’une de ses marques de fabrique.

Elu des Alpes-de-Haute-Provence, Christophe Castaner a l’avantage de s’éloigner de l’image parisianiste qui peut parfois coller à En Marche. C’est un ancien du PS. De quoi « irriguer l’hémisphère gauche » d’En Marche, comme dit une marcheuse historique. Il est proche d’Emmanuel Macron et a la confiance du Président. Et devrait satisfaire une bonne partie des 383.000 adhérents de LREM. « Il est parfaitement à sa place, il remplit toutes les cases » selon François Patriat, président du groupe LREM du Sénat.

S’il est acquis qu’il ne restera pas porte-parole du gouvernement – le poste devrait échoir à Benjamin Griveaux – la question reste posée pour le secrétariat d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, qu’il occupe. Lui souhaite cumuler les deux postes de secrétaire général du parti, fonction bénévole, et celle de secrétaire d’Etat. « Je garderai mes activités ministérielles tant que le président de la République et le premier ministre m'en confient la responsabilité et évidemment nous aurons cet échange au moment de l'élection si je suis élu à la tête de LREM » avait-il affirmé sur Public Sénat, en confirmant sa candidature.

« La République En Marche a besoin d’une personne engagée à plein temps »

Mais la volonté de Christophe Castaner de cumuler ne fait pas l’unanimité. Dans ce mouvement où l’unité est de mise et où on n’encourage pas les têtes qui dépassent, le sénateur LREM Julien Bargeton ose émettre un avis contraire. « Pour le bon fonctionnement du gouvernement, pour La République En Marche qui a besoin d’une personne engagée à plein temps, pour lui-même, qui devra répondre plusieurs fois à des questions sur la répartition de ses tâches, j’estime qu’il serait préférable qu’il ne reste pas au gouvernement » a affirmé ce vendredi le sénateur de Paris, invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat.

« Il serait préférable que Christophe Castaner ne reste pas au gouvernement » estime Julien Bargeton
03:20

« A mon avis, il serait souhaitable qu’il ne reste pas au gouvernement pour finalement pouvoir assurer pleinement ses fonctions, sans que ça pose des interrogations » insiste Julien Bargeton. Il précise tout de même : « Quelle que soit sa décision, qui le regarde lui, avec le premier ministre et le Président, je le soutiendrai ».

« Pas utile » recadre François Patriat

François Patriat ne partage pas vraiment le point de vue de son collègue. « Ce n’est pas utile d’avoir un membre d’En Marche qui s’exprime comme tel » regrette auprès de publicsenat.fr le sénateur de Côte-d’Or, qui met ça sur le compte du côté « rigoureux » de Julien Bargeton.

Le président du groupe LREM du Sénat souligne que « Christophe Castaner travaille beaucoup, il fait le lien entre l’Elysée et Matignon, il connaît bien les dossiers, il a le soutien des parlementaires, il a le soutien du chef de l’Etat, je ne vois pas pourquoi il ne peut pas aujourd’hui diriger le mouvement et en même temps être au gouvernement. (…) Je sais qu’il est tout à fait capable d’assumer les deux fonctions ».

Dans la matinée, Julien Bargeton a cru bon de revenir sur ses propos. Sans faire machine arrière, il récuse toute velléité de fronde… « Nulle défiance, ni début de fronde, je me prononce sur la compatibilité des fonctions, point » dit-il sur Twitter.

Le sénateur, ancien adjoint d’Anne Hidalgo aux finances, s’est d’ailleurs montré ce matin bon élève sur le mode d’élection de Christophe Castaner, seul candidat en lice : «  J’ai été pendant 24 ans membre du Parti socialiste et je pense que le vote n’est pas forcément le meilleur garant de la réalité de la démocratie dans les votes internes des partis ». « Il ne faut pas s’attacher forcément toujours à des procédures formalistes qui n’aboutissent pas à une démocratie réelle dans les partis » justifie encore Julien Bargeton. Il est vrai que les élections internes du PS n’ont pas toujours été un exemple de transparence et de respect de la démocratie. Dans ces conditions, avoir un seul candidat reste encore le meilleur moyen d’éviter la triche.

Un argument – ou éléments de langage ? – déjà utilisé dans Le Figaro fin octobre par Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM de l’Assemblée. « J’ai vécu de l’intérieur les élections truquées, les guerres internes. Là, tout se passe sereinement » affirmait cet ancien soutien d’Alain Juppé.

Election pour le bureau exécutif

Christophe Castaner sera officiellement élu le 18 novembre, lors du congrès, à Lyon, par les 750 membres du conseil national. Il est constitué des membres LREM du gouvernement, des parlementaires, des 110 référents et d’adhérents tirés au sort, pour 25% des places. Mais une élection avec plusieurs listes aura tout de même lieu. Trois voire quatre listes, selon Le Parisien, seront soumises au vote des marcheurs pour composer le bureau exécutif.

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