Pas de bouleversements mais des glissements qui en disent long. Les groupes politiques ont remis à la présidence du Sénat ce lundi le détail de leurs effectifs. Les nouveaux sénateurs élus le 27 septembre avaient jusqu’à lundi 16 heures pour intégrer ou non un groupe. Voici à quoi ressemble l’hémicycle au terme de ces journées de négociations et de tractations.
Les Républicains restent le premier groupe du Sénat avec 124 sénateurs sur 348, mais enregistrent une perte de 7 élus. Les centristes présidées par Hervé Marseille, et renommés Union centriste et indépendants, deviennent le deuxième groupe du Sénat avec 63 sénateurs, soit une progression de quatre élus. L’UCI bénéficie de l’arrivée de transfuges du groupe Les Indépendants, de Claude Malhuret (Horizons) comme Louis Vogel ou encore Alain Marc. Renaud Muselier (Renaissance), l’ancien président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, fait aussi partie des nouveaux venus. Le total LR et UCI atteint 187 sénateurs, un chiffre qui s’effrite par rapport aux équilibres nés des précédentes sénatoriales (189). De 2020 à 2023, le total des deux groupes était même supérieur à 200.
Même contraction à gauche. Le total des groupes socialiste, communiste et écologiste tombe à 95, contre 98 à la veille des sénatoriales. Le groupe socialiste, dirigé par Patrick Kanner, tombe à 62 sénateurs contre 64 sénateurs avant les élections. Il perd sa deuxième place dans l’ordre des groupes en termes numériques. Il perd notamment Bernard Jomier (Place publique), qui rejoint son collègue Grégory Blanc chez les écologistes. Effectif inchangé chez le CRCE-K (communiste, républicain, citoyen et écologiste – Kanaky) qui se maintient à 18 sénateurs. Les écologistes passent de 16 à 15 membres.
Recul marqué des groupes à majorité Horizons et Renaissance
C’est dans la galaxie des petits groupes du centre de l’hémicycle que les évolutions sont les plus visibles, en proportion de leur poids. Le groupe Les Indépendants recule sensiblement et compte désormais 15 sièges contre 20 auparavant. La tentative de putsch de quelques membres questionnant l’animation du groupe a laissé des traces. Le groupe du Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), le groupe où siègent la plupart des élus Renaissance, compte lui 16 sénateurs, au lieu de 19 juste avant les sénatoriales.
Le groupe RDSE (Rassemblement démocratique social et européen) progresse légèrement, à la faveur de nouveaux ralliement et atteint un total de 18 sénateurs, c’est un de mieux qu’auparavant. Dany Wattebled et Marie-Claude Lermytte, qui étaient au groupe Les Indépendants, les ont rejoints.
Le neuvième groupe du Sénat, celui du RN et de l’UDR, baptisé Union nationale pour les territoires, enregistre 15 membres, soit autant que les Écologistes et les Indépendants.
Cette évolution des rapports de force au sein du Palais du Luxembourg pourrait avoir un impact direct sur la répartition de certains rôles clés du Sénat. Notamment pour la composition du Bureau du Sénat où les groupes bénéficient d’une représentation proportionnelle à leur poids au sein de la chambre haute.