Déjà accusé de viol, Darmanin visé par une enquête pour abus de faiblesse
Déjà visé par une plainte pour viol, Gérald Darmanin est désormais confronté à une enquête pour abus de faiblesse: une femme...

Déjà accusé de viol, Darmanin visé par une enquête pour abus de faiblesse

Déjà visé par une plainte pour viol, Gérald Darmanin est désormais confronté à une enquête pour abus de faiblesse: une femme...
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Par Benjamin LEGENDRE

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Déjà visé par une plainte pour viol, Gérald Darmanin est désormais confronté à une enquête pour abus de faiblesse: une femme accuse le ministre de lui avoir demandé des faveurs sexuelles en échange d'un logement lorsqu'il était maire de Tourcoing (Nord).

Mardi, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant ce poids lourd du gouvernement peu après le dépôt de plainte de cette femme, qui a été auditionnée dans la foulée, selon une source judiciaire confirmant une information de l'hebdomadaire Le Point.

Selon une source proche de l'enquête, la plaignante entendue par le 1er district de la police judiciaire parisienne est une habitante de Tourcoing (Nord), ville dont Gérald Darmanin, aujourd'hui ministre de l'Action et des Comptes publics, fut le maire de 2014 à 2017.

"La plaignante a expliqué qu'elle occupait un logement insalubre", selon l'hebdomadaire. "Elle a demandé à être relogée et c'est à ce moment-là que Gérald Darmanin lui aurait fait des avances" à caractère sexuel au cours des années 2015 et 2016, selon les informations du journal, confirmées par une source proche du dossier.

Ces nouvelles accusations interviennent au lendemain de l'audition libre, lundi à Paris, du ministre dans une première enquête, également menée par le 1er district DPJ: une femme y accuse Gérald Darmanin d'avoir abusé d'elle et de sa confiance alors qu'elle sollicitait son aide il y a près de dix ans.

Des faits qu'elle qualifie de viol et que conteste vigoureusement le ministre, qui est resté sourd jusqu'à présent aux appels à la démission lancés par des opposants politiques ou dans les rangs féministes.

Dans cette enquête, Gérald Darmanin est accusé par une femme de 46 ans, Sophie Patterson Spatz, de lui avoir fait miroiter son appui politique en échange de faveurs sexuelles.

- 'République du soupçon' -

Selon le journal Le Monde, Mme Patterson Spatz s'était adressée en 2009 à M. Darmanin, alors jeune chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation prononcée à son encontre en 2004 pour des faits de chantage et d'appels malveillants contre un de ses anciens compagnons.

L'enquête avait d'abord été classée sans suite à l'été 2017, compte tenu du refus de la plaignante de répondre aux convocations des enquêteurs. Elle a finalement été entendue le 25 janvier après avoir écrit au parquet.

Dans le sillage de l'affaire Weinstein aux Etats-Unis ayant provoqué une onde de choc mondiale, c'est le ministre lui-même qui avait révélé mi-janvier avoir été visé par une enquête au printemps 2017. Il avait affirmé avoir été l'objet d'accusations "d'abus de faiblesse, d'abus de pouvoir, voire de viol".

M. Darmanin, 35 ans, avait alors affirmé avoir déposé une plainte en dénonciation calomnieuse pour répondre à des allégations "infâmes".

Le président Emmanuel Macron comme Edouard Philippe ont affiché leur soutien au jeune ministre issu de LR depuis la révélation de cette première plainte. Matignon avait ainsi fait savoir fin janvier que M. Darmanin avait "toute la confiance" du Premier ministre.

Réagissant à la nouvelle plainte, le Premier ministre Edouard Philippe a appelé mercredi à respecter "la parole du plaignant" comme "la présomption d'innocence" et a réaffirmé "la même" position voulant qu'un ministre puisse rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen.

Avant ces révélations, Emmanuel Macron avait mis en garde mardi contre une "forme de République du soupçon" à propos des accusations d'agression sexuelle visant ses ministres Gérald Darmanin et Nicolas Hulot. Ce dernier entend déposer plainte pour diffamation contre le magazine Ebdo et les journalistes à l'origine d'un article mettant en cause le ministre pour des violences sexuelles.

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