En mauvaise passe pour les élections européennes, Benoît Hamon risque de disparaître du paysage politique s'il n'est pas élu. Mais lui promet d...
Élections européennes: le dernier combat de Benoît Hamon ?
En mauvaise passe pour les élections européennes, Benoît Hamon risque de disparaître du paysage politique s'il n'est pas élu. Mais lui promet d...
Par Stéphanie LEROUGE
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En mauvaise passe pour les élections européennes, Benoît Hamon risque de disparaître du paysage politique s'il n'est pas élu. Mais lui promet d'aller "jusqu'au bout", animé selon les uns par un esprit de "revanche", selon les autres par "ses convictions".
Tête de liste de Générations, le parti qu'il a créé après son départ du PS, l'ancien candidat à la présidentielle ne parvient pas à décoller dans les sondages, où il tourne autour de 3% ou 4% - en deçà du seuil de 5% permettant d'envoyer des élus à Strasbourg, et tout juste celui permettant d'être remboursé de ses frais de campagne.
Ces dernières semaines, les déconvenues se sont accumulées pour l'ancien ministre: échec de sa proposition de "votation citoyenne" pour rassembler la gauche désunie, ralliement d'une porte-parole de Générations, Aurore Lalucq, à la liste PS-Place publique, plainte pour agression sexuelle contre un autre porte-parole, Mehdi Ouraoui, refus initial de France 2 de l'inviter au débat de lancement de la campagne...
Dernière déception en date: le 10 avril, l'ancien député EELV Noël Mamère, qui avait accompagné les premiers pas de Générations et intégré sa "coordination politique", a rendu public son choix de soutenir la liste EELV, "dans la mesure où toutes les tentatives de rassemblement ont échoué".
Face à l'adversité, Benoît Hamon serre les dents. "Je vois la difficulté de la tâche. Pour le dire en anglais: +no pain no gain+. Il n'y a pas de victoire sans souffrance, j'accepte de prendre sur moi", dit-il à l'AFP, en marge d'un déplacement à Aubervilliers.
- "Optimiste" -
Après son cuisant échec à la présidentielle (6,36%), puis aux législatives, qu'est-ce qui fait encore courir l'ancien porte-parole du PS ? Pour le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, c'est d'abord l'esprit de "revanche". "Benoît Hamon donne le sentiment d'être dans une logique de terre brûlée", accuse-t-il.
Tête de liste PS-Place publique, Raphaël Glucksmann a récemment relaté à la presse que Benoît Hamon lui avait dit "préférer crever en (les) faisant échouer, plutôt que crever en (les) voyant réussir". Il a démenti.
Guillaume Balas, au congrès fondateur de Générations en décembre 2017
AFP/Archives
Question d'égo pour d'autres. Ce qui l'anime, "c'est l'enjeu présidentiel", assure une ancienne proche sous couvert d'anonymat. Se voyant comme "le plus populaire à gauche", M. Hamon, 51 ans, "s'est projeté dans la création d'une écurie pour 2022", au risque de faire fuir ses soutiens de 2017, analyse l'écologiste Yannick Jadot.
Proche de M. Hamon, le conseiller de Paris ex-EELV Yves Contassot récuse ces attaques. "Ce qui m'a frappé, ce sont ses convictions", dit-il à l'AFP. "Benoît Hamon est convaincu qu'on ne peut pas laisser les choses se défaire sans réagir (...) Comme moi, il n'est pas résigné", assure-t-il, en n'imaginant "pas une seconde" que la liste de Générations "soit en dessous de 5".
"C'est quelqu'un de très optimiste", complète le bras droit de M. Hamon, Guillaume Balas. "Je ne l'ai jamais vu abattu. Je crois qu'il aime se battre".
Chantre pendant la présidentielle du "revenu universel d'existence", de la "taxe robots", de la taxation des géants du numérique, M. Hamon croit en l'avenir de ses idées, et plus largement en celui de la gauche.
"Je pense que le pays est de plus en plus mûr pour se donner un gouvernement de gauche", assure-t-il, alors que la gauche oscille entre 25 et 30% des intentions de vote dans les sondages.
"On a réorienté la colère vers le haut, et on le doit en partie aux +gilets jaunes+. On arrête de s'opposer les uns aux autres", analyse-t-il.
M. Hamon le concède néanmoins: "Ce que je ressens c'est qu'il n'y a pas la confiance sur le terrain".
Les européennes pourraient-elles être sa dernière bataille électorale ? "Si cela devait être le cas je n'en nourrirais pas d'amertume. Si les gens disent non à l'élection, il faut les écouter", répond-il. Mais il en est persuadé: "A la fin, il y aura des victoires. Ce n'est peut-être pas moi qui serai sur le devant de la scène. Mais j'aurai tenu le drapeau."
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.