En quête d’alliés en Europe, Macron rencontre jeudi les dirigeants du Benelux
Après le Danemark et la Finlande fin août, Emmanuel Macron rencontre jeudi au Luxembourg les dirigeants du Benelux puis Angela...

En quête d’alliés en Europe, Macron rencontre jeudi les dirigeants du Benelux

Après le Danemark et la Finlande fin août, Emmanuel Macron rencontre jeudi au Luxembourg les dirigeants du Benelux puis Angela...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après le Danemark et la Finlande fin août, Emmanuel Macron rencontre jeudi au Luxembourg les dirigeants du Benelux puis Angela Merkel vendredi à Marseille, poursuivant sa recherche d'alliés face aux nationalistes eurosceptiques.

Parallèlement, le président cherche à créer une sorte de mouvement "En Marche" européen, pour porter ses idées lors des élections européennes de mai 2019, une échéance dont il a fait un enjeu crucial pour son quinquennat.

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, s'est ainsi rendu mardi à Bruxelles pour sonder plusieurs partis européens, afin de constituer d'ici la fin de l'année une "plateforme commune" avec d'autres mouvements progressistes, face aux nationalistes.

Un clivage qui domine désormais les débats en Europe et depuis le Brexit ne fait que se renforcer, comme le montrent encore la montée de l'extrême droite en Allemagne et les élections en Suède dimanche, estime Paris.

Parmi les alliés potentiels des macronistes, Christophe Castaner a rencontré Guy Verhofstadt, patron du groupe des libéraux démocrates (ALD), mais pas seulement, note l'Elysée.

"Il faut qu'En Marche en France et d'autres partis puissent dire vers décembre-janvier qu'ils ont une plateforme commune, avec sans doute un label différent des étiquettes actuelles, ce qui peut permettre une recomposition", estime l'entourage du président français, pour qui le Parti populaire européen (PPE, droite), qui s'étend de la CSU de Merkel au parti nationaliste d'Orban reflète "une forme d'incohérence".

Menant une même stratégie d'alliance au niveau des dirigeants nationaux, à Luxembourg, Emmanuel Macron déjeunera jeudi avec les Premiers ministres du Luxembourg, Xavier Bettel, des Pays-Bas, Mark Rutte, et de Belgique, Charles Michel.

Puis avec M. Bettel il enchaînera avec une "consultation citoyenne" sur l'avenir de l'Europe à 17h00 à la Philharmonie de Luxembourg, devant un millier de personnes.

Il retrouvera ensuite la chancelière à Marseille vendredi après-midi, pour un entretien suivi d'un dîner de travail, dans cette ville symbole des migrations.

Pendant ces deux jours, ses entretiens porteront sur la politique migratoire, le budget européen, l'Europe de la défense ou encore les négociations du Brexit.

Comme en Espagne et au Portugal en juillet et en Scandinavie fin août, Emmanuel Macron cherche "une alliance des progressistes même si ces pays ne partagent pas l'intégralité de nos propositions sur la zone euro, par exemple". Pour l'Elysée, "au-delà du sujet par sujet, nous sommes dans un moment lourd, où il faut rassembler les gens qui partagent l'essentiel".

Emmanuel Macron a endossé le rôle d'opposant principal aux gouvernements nationalistes anti-migrants comme l'Italie et la Hongrie, défendant avec la chancelière une ligne plus modérée sur la politique migratoire.

En revanche la France s'oppose aux pays du nord de l'Europe, en particulier aux Pays-Bas, sur les questions budgétaires et fiscales.

- Discorde sur le "Spitzenkandidat" ? -

Avec Angela Merkel, qu'il n'a pas vue depuis le conseil européen de fin juin mais qu'il appelle très régulièrement, Emmanuel Macron pourrait aussi discuter des candidats en lice pour la présidence de la Commission européenne en 2019, une pomme de discorde entre les deux dirigeants.

Sans fermer la porte à d'autres candidats, Angela Merkel soutient Manfred Weber, président du groupe du PPE au Parlement européen, principal parti de l'hémicycle. "Le choix se fera lors du congrès du PPE en novembre à Helsinki. Mais je redis que je soutiens cette candidature de Manfred Weber", a déclaré mercredi la chancelière.

Elle laisse entendre en tout cas qu'elle se pliera à la règle du "Spitzenkandidat", par lequel les chefs d'Etat et de gouvernement ont pris l'habitude depuis 2014 de désigner comme président de la Commission le chef de file du parti ayant recueilli le plus de voix aux élections européennes.

Avant cette date, les dirigeants de l'UE se mettaient ensemble d'accord sur un nom, après des tractations autour d'autres postes clés, par exemple le président de la Banque centrale européenne.

Emmanuel Macron, lui, s'est toujours opposé à cette règle informelle et préférerait réunir les chefs d'Etat et de gouvernement sur son propre candidat. Parmi les noms qui circulent figure la commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le