Budget 2027 : Sébastien Lecornu propose un effort de 54 milliards d’euros
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Le budget pour l’Etat « le plus rigoureux depuis très longtemps » : Sébastien Lecornu propose un effort de 54 milliards d’euros

Dans un entretien au Figaro, le Premier ministre a dévoilé les grandes orientations des futurs textes budgétaires, à l’issue d’un séminaire gouvernemental. Il promet la « stabilité fiscale » et des économies, qui « serviront à refroidir considérablement le moteur des dépenses qui augmentent inexorablement chaque année ».
Guillaume Jacquot

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Un « redressement important ». C’est la voie que veut emprunter pour le budget 2027 Sébastien Lecornu, qui a fait part des choix du gouvernement au Figaro ce jeudi soir. Le Premier ministre annonce que le projet de loi de finances qu’il proposera « contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale ». C’est un effort correspondant à 1,8 point de PIB. L’an dernier, François Bayrou avait proposé un ajustement de 44 milliards d’euros, avant d’être renversé par une motion de censure.

C’est en effet l’heure des arbitrages, car le Premier ministre qui réunissait en séminaire ses ministres cet après-midi, doit transmettre vendredi au plus tard les projets de budget au Haut Conseil des finances publiques, afin que ce dernier se prononce sur le cadrage macroéconomique.

La charge de la dette s’aggrave de dix milliards d’euros

« Ces économies serviront à refroidir considérablement le moteur des dépenses qui augmentent inexorablement chaque année », a justifié Sébastien Lecornu. Sans ajustement, les dépenses continueraient d’augmenter, sous l’effet notamment du vieillissement de la population. Les dépenses de la Sécurité sociale pourraient augmenter de 22 milliards d’euros, sans intervention des pouvoirs publics.

La tendance à la hausse de la dépense publique est en outre aggravée par la remontée brutale des taux d’intérêt. Selon Matignon, il y a désormais 10 milliards d’euros supplémentaires qui s’ajoutent dans le paiement des intérêts de la dette. « Les dépenses de fonctionnement des collectivités locales, elles aussi, affichent une augmentation spontanée de 7 milliards d’euros qu’il faudra également freiner », ajoute-t-il.

« Contrainte du réel »

« Au total, si ce budget ne contenait aucune mesure d’économies, le déficit 2027 tutoierait les 6,5% du PIB », avertit-il. Pour rappel, le déficit en 2026 devrait s’établir théoriquement à 5 %, selon la dernière loi de finances, mais le ralentissement de la croissance et les multiples crises qui ont jalonné l’année mettent en péril cet objectif.

La trajectoire spontanée des dépenses, telle qu’elle est présentée par le Premier ministre, est même plus pessimiste que les projections faites au début de l’été par quatre économistes indépendants. À cadre budgétaire inchangé, ils estimaient que le déficit pourrait se creuser à 5,9 % du PIB dès 2027.

Rappelant que de premières mesures de freinage ont été décrétées cet été pour l’Assurance maladie, Sébastien Lecornu appelle à poursuivre le mouvement. « Cette vérité, et contrainte du réel, s’impose d’ailleurs autant au gouvernement, qu’au Parlement et qu’aux candidats à l’élection présidentielle. »

Un objectif de déficit à 5 % du PIB

Dans le détail, si le Parlement « endosse » la copie gouvernementale, la France pourra revenir à 4,8 % de déficit en 2027, « hors nouvelle augmentation des dépenses militaires », précise l’ancien ministre des Armées. Dépenses militaires comprises, c’est un objectif à 5 %. « C’est une copie offensive sur la réduction de la dépense publique dans un pays qui y est trop dépendant… C’est un risque politique, je ne l’ignore pas. Mais nous sommes très loin de l’austérité », a-t-il ajouté. « La guerre en Iran et la sécheresse feront hélas que nous ne serons pas à 5 % en 2026, comme cela était prévu par le budget voté. Nous poursuivons donc le serrage cette année pour bien rester en dessous des 5,5% », précise-t-il également.

Hors charge de la dette et dépenses de défense, le projet de budget prévoit pour l’État un gel de la progression des dépenses. Les ministres régaliens (Intérieur, Justice, Défense) mais aussi la Recherche et l’Ecologie se verront appliquer des économies importantes. Pour le reste, ce sera une diminution. Ce projet de loi de finances sera pour l’Etat « le plus rigoureux depuis très longtemps, le plus rigoureux jamais présenté la veille d’une élection présidentielle », résume Sébastien Lecornu.

Refus d’une année blanche « totale »

Autre annonces importantes : le point d’indice des fonctionnaires sera gelé, ce qui permettra de dégager deux milliards d’euros d’économies. Le gouvernement refuse en revanche de laisser inchangé le barème de l’impôt sur le revenu, ce dernier sera donc adapté à l’inflation.

Sur le champ des dépenses sociales, Matignon exclut une année blanche « totale », car « c’est refuser de faire des choix ». Interrogé sur les efforts sur les retraites, Sébastien Lecornu précise que l’effort sera inférieur à six milliards d’euros. Deux assurances sont données : « aucune pension ne diminuera » et les « petites retraites seront protégées ».

Quant à la méthode, le Premier ministre promet qu’il n’y aura « ni 49.3, ni ordonnances » et qu’à la fin « il y aura un vote ». Et de prévenir les oppositions, dans cette campagne électorale à venir : « L’intérêt général exige que la France ait un budget. Cette responsabilité engage les formations politiques comme les candidats à la présidentielle. »

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