Européennes: le RN choisit le jeune Bardella pour conduire sa liste
La direction du Rassemblement national (RN, ex-FN) a choisi un fidèle de Marine Le Pen, le jeune porte-parole du parti Jordan...

Européennes: le RN choisit le jeune Bardella pour conduire sa liste

La direction du Rassemblement national (RN, ex-FN) a choisi un fidèle de Marine Le Pen, le jeune porte-parole du parti Jordan...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La direction du Rassemblement national (RN, ex-FN) a choisi un fidèle de Marine Le Pen, le jeune porte-parole du parti Jordan Bardella, 23 ans, pour conduire sa liste aux élections européennes de mai avec pour objectif de rafler la mise, comme en 2014.

Le bureau exécutif du parti d'extrême droite a validé ce choix de la présidente dimanche à l'unanimité de ses neuf membres, y compris l'eurodéputé Nicolas Bay qui se disait aussi "légitime" pour ce poste, a-t-on appris auprès d'une source proche de la direction.

Jordan Bardella, dont le nom circulait avec insistance depuis plusieurs semaines, a pris sa carte au FN (devenu RN en juin) à 16 ans. Issu d'un milieu modeste et d'ascendance italienne, il a grandi en Seine-Saint-Denis.

"Dans cette période trouble, il faut aussi donner des signes d'espoir à notre jeunesse et montrer que dans des partis politiques pourtant bien installés comme le nôtre, on donne aussi la chance à des jeunes qui sont issus de milieux populaires", a justifié le député des Pyrénées-Orientales Louis Aliot sur BFMTV-RMC.

Désireuse de présenter une liste d'ouverture, Marine Le Pen avait songé dans un premier temps à un représentant de la société civile en la personne de l'essayiste Hervé Juvin, inconnu du grand public.

- Pas d'ombre -

Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, avait aussi envisagé conduire la liste, mais il a préféré briguer la mairie de Perpignan en 2020.

Militant de la première heure, devenu un des porte-paroles après la présidentielle, Jordan Bardella a rapidement gravi les marches du RN: il a intégré le bureau national au congrès en mars, avant d'être nommé directeur de Génération nation, la structure des jeunes du parti, avec laquelle il a développé des liens avec la Ligue italienne.

Le maire de Fréjus David Rachline, élu en 2014 plus jeune sénateur à 26 ans, a salué "un parfait exemple de (...) méritocratie" au RN, représentant "une génération (...) qui ne peut plus croire aux mensonges de l'Union européenne".

Il ne fera cependant pas d'ombre à Marine Le Pen, qui répète à l'envi qu'elle mènera la campagne. Elle accompagnera d'ailleurs sa tête de liste dans quasi tous les meetings prévus --une trentaine.

La cheffe du RN figurera sur la liste en position non éligible, préférant conserver son mandat de députée nationale, ce qui lui permettra d'imprimer son nom sur les bulletins de vote.

- Première marche -

Le reste de la liste sera présenté au fil de la campagne, avec un premier meeting dimanche à Paris.

L'ancien ministre LR Thierry Mariani pourrait y figurer très haut, symbole du rassemblement auquel aspire le RN, ainsi que l'ancien député LR de Gironde Jean-Paul Garraud.

Le RN fera cependant campagne sans Debout la France. Son président et ancien allié de Mme Le Pen à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, a décidé de faire route seul, à la tête d'une liste réunissant deux autres petites formations conservatrices, le CNIP et le PCD.

Ne figureront pas sur la liste l'ancien président du FN Jean-Marie Le Pen, 90 ans, exclu du parti en 2015 pour ses propos polémiques sur la Shoah, qui avait émis le souhait d'en être, et l'eurodéputé Bruno Gollnisch. "Il faut savoir laisser sa place", avait tranché en octobre M. Aliot.

Devançant LREM dans les sondages, crédité jusqu'à 24% des voix, le RN veut grimper sur la première marche comme en 2014, quand le FN était arrivé en tête avec près de 25% des voix.

Le parti a notamment progressé depuis la crise des "gilets jaunes", majoritairement soutenus par ses électeurs, et considère que l'élection se jouera entre lui et Emmanuel Macron, soit entre les "nationaux" et les "mondialistes".

Il mise aussi sur l'expérience de ses alliés nationalistes au pouvoir en Europe avec lesquels il entend constituer une minorité de blocage au Parlement européen.

Marine Le Pen s'est rendue en octobre en Italie pour rencontrer son allié ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, en novembre en Bulgarie et en décembre à Bruxelles aux côtés du sulfureux Steve Bannon, ancien stratège de Donald Trump.

La sortie de l'euro n'est plus la priorité du RN, qui défend une Europe "des nations et des coopérations" et surfe sur l'inquiétude provoquée par la vague migratoire, un thème majeur de sa campagne.

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le