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Le président des Républicains a appuyé son ancien collègue garde des Sceaux, dans l'affaire Lyhanna. Ce drame met en lumière, selon lui, « un problème systémique » dans la justice.
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Lorsqu’il était en responsabilité place Beauvau, Bruno Retailleau avait fait de la réforme de la directive « retour » l’un de ses chevaux de bataille. L’ancien sénateur militait pour une révision en profondeur de cette harmonisation européenne des modalités de prise en charge et de renvoi des étrangers en situation irrégulière, qu’il qualifiait de directive « anti-retour ». Plus de six mois après avoir quitté le gouvernement, le candidat à la présidentielle ne boude pas son plaisir après l’accord trouvé entre la Commission, les États et le Parlement européens, après plusieurs trilogues infructueux. Il a rappelé que sous son action, les interpellations de personnes en situation irrégulière avaient bondi de 30 %, mais que les difficultés se présentaient dans le renvoi. « On interpelle beaucoup, mais la difficulté c’est le retour ! »
Un compromis a été trouvé le 1er juin en vue d’un nouveau règlement succédant aux règles actuelles qui remontent à 2008. L’accord introduit le principe, dès la publication officielle du texte, de centres de migrants hors du continent européen, et prévoit de faciliter les expulsions (relire notre article), dans une période où seulement 20 % des décisions d’éloignement aboutissent dans l’Union. L’accord doit encore être approuvé formellement par le Conseil de l’Union européenne et par le Parlement européen, au cours d’une plénière cet été, en vue de son adoption finale.
En campagne active pour la présidentielle depuis qu’il a été désigné en avril par une large majorité des adhérents de son parti, le Vendéen a convoqué une conférence de presse ce lundi pour interpeller le chef de l’Etat et le gouvernement, ainsi que les eurodéputés du camp présidentiel. « Ce règlement retour change tout. Mais est ce que la France va s’en saisir ? » a demandé Bruno Retailleau, en prenant l’opinion publique à témoin. « Il faut que le gouvernement et le chef de l’Etat s’en saisissent, et que non seulement ce soit appliqué immédiatement, dès qu’il sera applicable en France, mais que dans la totalité dans l’amplitude, si j’ose dire, de ses différentes dispositions, la France ne puisse pas écarter tel ou tel dispositif », a-t-il mis en garde.
Soulignant que le contrôle de l’immigration reste parmi les premières préoccupations des populations, Bruno Retailleau cherche à mettre dans l’embarras la famille politique d’Emmanuel Macron. Selon lui, l’opposition dans le passé sur ce sujet de députés Renaissance au sein du groupe Renew et des abstentions de parlementaires Horizons créent « un doute, une incertitude, sur la volonté du chef de l’Etat et du gouvernement d’appliquer la totalité du règlement retour et notamment les centres de retour ».
S’affichant aux côtés du président de la délégation LR au Parlement européen, François-Xavier Bellamy, et de la sénatrice Marie-Carole Ciuntu, Bruno Retailleau a affirmé que la France avait « vraiment besoin de tout le dispositif, si demain on veut, vraiment, maîtriser l’immigration ». « On ne pourra plus dire que c’est la faute à l’Europe. Paris et la France sont face à leurs responsabilités […] Si on reste en retrait alors ce sera un nouvel appel d’air », a martelé l’ancien sénateur. « Les textes effectivement ne suffisent pas, il faut ensuite une volonté », a aussi mis en garde la sénatrice Marie-Carole Ciuntu.
« Ce règlement retour permet de corriger de manière systématique, toutes les failles, des dispositifs existants aujourd’hui en Europe […] On vit aujourd’hui un moment de vérité », a appuyé l’eurodéputé François-Xavier Bellamy. L’ancienne tête de liste LR aux européennes a mis en doute la sincérité du gouvernement français, après un échec des négociations, en raison de désaccords concernant le calendrier de mise en œuvre le mois dernier. « Le gouvernement français, parmi d’autres, demandait que ces textes ne s’appliquent que dans deux ans. Pour nous c’était impossible. C’est maintenant que nos pays ont besoin de ce changement », a-t-il considéré.
Autre pomme de discorde apparue ces dernières semaines : une disposition née au Parlement européen, introduisant la notion de conditionnalité dans l’asile, c’est-à-dire de mesures de rétorsion en matière de visas, d’aide au développement ou de politique commerciales, si un Etat ne se montre pas coopératif. « Nous avons eu le grand regret de voir notre gouvernement demander que ne s’applique pas cette conditionnalité. Je crois que c’est un indice intéressant », a déploré l’eurodéputé.
Aux plateformes de retour situées dans les Etats tiers de l’UE, et aux dispositions relatives à la conditionnalité, s’ajoute un durcissement du cadre actuel. L’effet suspensif des recours ne sera plus automatique, selon LR, les durées de rétention seront allongées, jusqu’à deux ans maximum. Le texte introduit également des mesures plus strictes à l’égard des personnes considérées comme représentant une menace pour la sécurité.
Interrogé sur le fait qu’une majorité avait été trouvée au niveau européen grâce aux concours des voix des groupes des Conservateurs et réformistes européens (où siègent les eurodéputés de Giorgia Meloni) et des Patriotes pour l’Europe, où siègent les députés européens du Rassemblement national, le candidat LR et ses proches ont assumé avoir voté un texte visant « l’intérêt supérieur de la nation ». « Il est clair que le fait que le PPE (Parti populaire européen), qui a initié cette politique là, et que ce texte ait pu justement bénéficier d’un très large vote, y compris d’ailleurs de députés socialistes d’autres pays d’Europe, c’est une bonne chose », a estimé l’ancien ministre de l’Intérieur.
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