Européennes: Marine Le Pen veut « tout remettre sur la table » sans quitter l’euro
Marine Le Pen présente lundi son manifeste et ses propositions en vue des élections européennes pour "tout remettre sur la table"...

Européennes: Marine Le Pen veut « tout remettre sur la table » sans quitter l’euro

Marine Le Pen présente lundi son manifeste et ses propositions en vue des élections européennes pour "tout remettre sur la table"...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marine Le Pen présente lundi son manifeste et ses propositions en vue des élections européennes pour "tout remettre sur la table" sans sortir de l'euro, entérinant un virage pris après la présidentielle.

"On veut tout remettre sur la table", a lancé samedi à Mer, dans le Loir-et-Cher, la présidente du Rassemblement national en évoquant ce manifeste de 75 pages qui n'est "pas seulement un programme" mais une "vision de l'homme".

La finaliste de la présidentielle, dont la liste talonne celle de LREM, le présente à Strasbourg, où siège le Parlement européen qui sera renouvelé le 26 mai, pour marquer son "attachement à faire de cette ville française le siège de l'Europe".

Plaidant pour une Europe des nations et des "coopérations" en lieu et place d’une Union européenne "fédéraliste" et "carcérale", elle ne veut pourtant plus en sortir comme c'était le cas avant la présidentielle.

Le manifeste devrait d'ailleurs prendre acte de la volonté des Français de maintenir l'euro, selon une source proche du RN. Marine Le Pen compte désormais sur ses alliés au pouvoir en Europe pour, "de l'intérieur, modifier profondément le fonctionnement de l'UE" pour en faire une "Alliance européenne des nations", a-t-elle développé dimanche au "Grand Jury" de RTL/LeFigaro/LCI.

- "Serpent fiscal" -

En premier lieu, il s'agira de retirer "l'intégralité de ses pouvoirs" à la Commission européenne, qui "n'a aucune légitimité" et de renégocier les traités.

Au lieu de sortir de l’euro "qui a énormément de défauts”, elle propose que la Banque centrale européenne se fixe comme objectif l’emploi et pas seulement l'inflation. Et que l’argent qui sert à "sauver les banques" soit orienté vers "l'économie réelle" et les investissements.

Le RN avance aussi dans le manifeste l'idée d'une "responsabilité nationale de l'entreprise".

"Une entreprise qui délocalise, qui fait appel au travail détaché à bas coût, qui refuse de payer ses impôts en France" ne pourra pas avoir accès aux marchés publics, a expliqué samedi Mme Le Pen.

Le manifeste évoque également l'idée d'un "serpent fiscal" qui fixerait des limites, hausse et basse, entre lesquelles s'inscriraient les différents pays en matière d'impôt.

A l'inverse du camp des "mondialistes" auquel appartient à ses yeux Emmanuel Macron, l'avocate du camp des "nationaux" soutient que "l'homme n'est pas interchangeable", qu’il n’est pas "simplement un consommateur ou un producteur" mais un "être enraciné, qui aspire à vivre sur sa terre pour la transmettre à ses enfants".

- L'homme "enraciné" -

"Celui qui est enraciné chez lui est écologiste, celui qui est nomade (...) s'en moque de l'écologie, il n'a pas de terre", a ajouté samedi la cheffe du RN qui a confié à l'essayiste Hervé Juvin, chantre du "localisme" et d'une écologie identitaire et civilisationnelle, la rédaction du manifeste.

Au lieu du libre-échange, "modèle ignoble", Marine Le Pen prône le "juste échange". Pour elle, "la civilisation écologique ne signifie pas de fermer les frontières (ou de) vivre dans un blockhaus, mais de réguler le commerce mondial" grâce au protectionnisme.

Elle veut surtout "remettre à sa juste place l'économie, c’est-a-dire derrière le politique, derrière la décision du peuple". Par exemple, "si le peuple ne veut pas" davantage d'immigrés, "les immigrés ne doivent pas rentrer", a soutenu samedi celle qui a fait des frontières et de la lutte contre l'immigration la colonne vertébrale de son projet.

Dimanche, elle a comparé les migrants à des éoliennes: "Les migrants c'est comme les éoliennes, tout le monde est d'accord pour qu'il y en ait mais personne ne veut que ce soit à côté de chez lui".

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le