Paris :  Political leaders leave after a meeting on Iran and Middle East war at Matignon
Credit:Jeanne Accorsini/SIPA/2603111953

Plan Clim : le Rassemblement national détaille son projet à 40 milliards

Dans la foulée d’une semaine de canicule historique à l’origine d’environ 1 000 décès, selon un premier bilan de Santé publique France, le Rassemblement national détaille les mesures de son « Plan Clim ». Au total, les troupes de Marine Le Pen envisagent une enveloppe de 40 milliards.
Henri Clavier

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

La semaine dernière, en pleine période de canicule, le Rassemblement national a essuyé de lourdes critiques sur l’imprécision de son « Plan Clim » défendu par Marine Le Pen depuis le 30 juin 2025. Pour remédier aux critiques, les députés RN, Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé ont présenté, à l’occasion d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, un éventail de mesures destinées à adapter la France aux périodes caniculaires.

Malgré cela, les députés RN ont tenté d’éclaircir l’articulation de leurs différents plans d’adaptation alors que Marine Le Pen, en 2023, qualifiait « d’alarmantes » les prévisions du GIEC. 

20 milliards sur dix ans pour climatiser les bâtiments publics 

Conformément à la proposition initiale de Marine Le Pen, le « plan Clim » prévoit d’abord d’installer des climatiseurs dans l’ensemble des écoles, des crèches, des hôpitaux, et des Ehpad dans un délai de 5 ans. « A un moment la climatisation est l’unique solution », assure Thomas Ménagé après avoir rappelé que son parti ne cherche pas à « opposer la clim à des mesures plus passives ». 

Néanmoins, le parti de Marine Le Pen défend un plan de « 10 milliards sur 5 ans tourné vers les publics les plus vulnérables ». Dans un deuxième temps, Thomas Ménagé et Jean-Philippe Tanguy proposent de créer un nouveau plan doté de 10 milliards pour, cette fois-ci, équiper les autres bâtiments publics accueillant des fonctionnaires comme les bâtiments de l’administration ou les commissariats. En revanche, la climatisation des transports publics, évoquée lors de l’annonce du « plan Clim » du RN, s’échelonnerait sur dix ans.

Le « Plan 100 % rénov », un dispositif basé sur des prêts à taux zéro 

Après avoir subi d’importantes critiques de la part de l’ensemble de la classe politique face à un plan de lutte et d’adaptation au réchauffement climatique uniquement basé sur la climatisation, les députés lepénistes ont voulu élargir leur champ d’action. « Le plan 100 % renov, il est basé sur des prêts à taux zéro de long terme qui permet aux Français d’adapter leur habitation en faisant une rénovation globale qui inclut l’installation de pompes à chaleur réversible », explique Thomas Ménagé qui détaille les contours d’un dispositif déjà proposé par le RN lors de l’examen du projet de loi de finances 2026. 

Avec ce « plan 100 % renov », Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé proposent de créer un dispositif de prêt à taux zéro afin de financer jusqu’à 20 milliards d’euros de rénovation afin d’y installer des pompes à chaleur réversible ou des climatiseurs. Une réorientation vers la rénovation et l’adaptation thermique qui peine à convaincre compte tenu de certaines des propositions du RN. Notamment la proposition visant à supprimer les « avatars bureaucratiques anti-climatisation » de la réglementation RE2020 parmi lesquels figure le diagnostic de performance énergétique. 

Un financement qui interroge 

Alors que la nature financière des 40 milliards évoqués par le plan du RN varie en fonction des volets du projet, le financement et le coût réel de cette vision de l’adaptation restent incertains. En effet, dans l’amendement au PLF 2026 proposé par le RN pour développer son « Plan 100 % rénov », était estimé à 300 millions d’euros par an. Cette fois-ci, les parlementaires évoquent un coût pour l’Etat, qui s’acquittera des intérêts sur les 20 milliards d’euros empruntés par les ménages, de 600 millions d’euros sans préciser s’il s’agit d’un coût annuel. 

Un autre doute subsiste puisque Jean-Philippe Tanguy, ancien proche de Nicolas Dupont-Aignan envisage un financement par la Banque centrale européenne. « Dès 2022, Marine Le Pen a également mis au débat la seule solution crédible pour financer les grandes transitions liées aux défis climatiques : une politique de création monétaire », peut-on lire dans le dossier de presse. Une piste peu crédible puisque la création monétaire est une compétence exclusive de la Banque centrale européenne et que cette dernière n’a jamais utilisé cette compétence pour financer directement des projets de ce type. 

Au-delà du contenu de ce plan clim, ce sont surtout les sources de financements qui inquiètent les adversaires politiques du RN. En effet, dès l’automne dernier, le RN souhaitait financer le « Plan 100 % rénov », en rabotant quasiment intégralement les crédits alloués à « MaPrim Rénov ». En 2026, le budget de « MaPrime Rénov » avoisine les 3,6 milliards d’euros. Autre politique publique d’adaptation au changement climatique dans le viseur du RN, le Fonds vert doté d’un peu plus de 800 millions d’euros et destiné à accompagner les collectivités territoriales.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUATRE COLONNES
9min

Politique

Sénatoriales : les écologistes pourraient refuser l’arrivée du sénateur LFI Gabriel Amard dans le groupe, mais accepter Marc Péré

Alors que Gabriel Amard, premier sénateur LFI, « demande à être accueilli par les écologistes » dans leur groupe, ces derniers doivent en décider ce mardi. Mais selon plusieurs sources, l’arrivée du gendre de Jean-Luc Mélenchon passe mal en interne et devrait être refusée. Le cas de Marc Péré, élu en Haute Garonne avec le soutien de LFI et des Ecologistes, semble ne pas poser problème. Il va pourtant se rattacher politiquement à La France Insoumise.

Le

Ces chiffrent qui illustrent la poussée du RN aux élections sénatoriales de 2026
8min

Politique

Ces chiffres qui illustrent la poussée du RN aux élections sénatoriales de 2026

L’élection de douze nouveaux sénateurs du Rassemblement national et de ses alliés de l’UDR, l’Union des droites pour la République, pourrait être l’arbre qui cache la forêt. Les élections sénatoriales du 27 septembre se caractérisent par une progression nette du « camp national » chez les grands électeurs, y compris dans les territoires les plus ruraux.

Le

Le pape Léon XIV, le cardinal Jean-Marc Aveline et le président Emmanuel Macron lors de la réunion ‘Aux racines de l’Europe: pour la paix et l’unité’ au centre de conférences Robert Schuman à Metz
5min

Politique

À Metz, Léon XIV place l’Europe face à son histoire et à sa responsabilité pour la paix

La visite apostolique du Pape Léon XIV en France s’achève ce lundi 28 septembre à Metz. Pour son dernier jour en France, lundi 28 septembre, le pape Léon XIV a choisi Metz plutôt que Strasbourg ou Bruxelles pour prononcer un discours consacré à l’avenir de l’Europe. Sur les terres de Robert Schuman, le souverain pontife a appelé les Européens à renouer avec l’esprit de dialogue, le droit international et la construction patiente de la paix.

Le