Malgré une pétition ayant récolté deux millions de signatures contre sa réintroduction, l’acétamipride est de retour. Du moins dans le projet de loi d’urgence agricole voté par le Sénat dans la nuit de lundi à mardi. Cette réintroduction dérogatoire, portée par le sénateur Laurent Duplomb contre l’avis du gouvernement, a convaincu une large majorité de sénateurs. A 183 voix contre 129, la chambre haute s’est positionnée sans surprise pour autoriser la réintroduction dérogatoire et encadrée de deux produits phytosanitaires, l’acétamipride et le flupyradifurone, des insecticides interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe.
« Pour eux, la complexité est une réalité quotidienne »
Pour l’ancien ministre de l’Agriculture, François Patriat, qui a soutenu la réintroduction de l’acétamipride, il s’agit de « marquer un coup d’arrêt aux interdictions sans remplacement ». Un principe érigé par Emmanuel Macron lors de son premier mandat. Par ailleurs, le président du groupe RDPI (Renaissance) au Sénat défend une manière d’exprimer un « ras-le-bol face aux normes ». « Pour eux, la complexité est une réalité quotidienne », continue François Patriat en évoquant les agriculteurs.
La réintroduction de l’acétamipride a bousculé les plans du gouvernement qui craint un rejet du texte pour ce motif. « Ce que je crains, c’est que cette question est tellement virulente qu’elle pourrait emporter le texte tout entier », s’est inquiétée la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. « On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes », avait-elle déjà prévenu un peu plus tôt.
Le stockage de l’eau bientôt examiné
Alors que le Sénat entame ce mardi 30 juin l’examen des articles relatifs à la gestion de l’eau, François Patriat défend un « texte qui apporte quelques solutions ». Concrètement, le projet de loi vise à faciliter la construction des stockages d’eau en supprimant l’obligation dès lors tenir des réunions publiques avant le projet et en renforçant le rôle du préfet. Malgré l’opposition de la gauche et de nombreuses associations écologistes qui dénoncent le procédé consistant à pomper dans les nappes phréatiques, l’ancien ministre défend le « besoin de stocker l l’eau quand elle coule ».