Fillon, en meeting à Paris, veut entretenir l’espoir du 2e tour
François Fillon, le candidat de la droite handicapé par les affaires, tient un "grand meeting" dimanche à Paris, avec l'espoir de trouver la...

Fillon, en meeting à Paris, veut entretenir l’espoir du 2e tour

François Fillon, le candidat de la droite handicapé par les affaires, tient un "grand meeting" dimanche à Paris, avec l'espoir de trouver la...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon, le candidat de la droite handicapé par les affaires, tient un "grand meeting" dimanche à Paris, avec l'espoir de trouver la martingale pour faire mentir les sondages le donnant tous éliminé au premier tour de la présidentielle.

20.000 personnes environ sont attendues porte de Versailles, à partir de 15H00. Plusieurs orateurs prendront la parole quelques minutes (François Baroin, Bruno Retailleau, Jean-Pierre Raffarin, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet...). M. Fillon s'exprimera à partir de 16H00.

"Il fera la démonstration qu'il est le seul candidat crédible pour une nouvelle aventure française", dit son entourage. Resté prudent après la frappe américaine en Syrie, M. Fillon réaffirmera aussi quel "chef de guerre" il veut être dans un contexte international instable et dangereux, indique-t-on.

Auparavant, à 11H00, au parc Georges-Brassens (XVe), le candidat a fait une photo avec toutes les personnalités investies par son parti, Les Républicains, aux élections législatives de juin.

Empêtré dans l'affaire des emplois présumés fictifs de sa famille, qui lui ont valu sa mise en examen, notamment pour détournement de fonds publics, M. Fillon est systématiquement devancé dans les sondages par Marine Le Pen, présidente du Front national, et Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Economie. Il fait même désormais jeu égal avec le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon (19%), selon un sondage BVA diffusé samedi.

L'ex-Premier ministre, à qui l'on prédisait la victoire à la présidentielle après son succès éclatant à la primaire de sa famille politique, en novembre, a vu une partie de son capital électoral s'envoler, au fil de ses difficultés judiciaires.

Francois Fillon, lors d'un meeting à Cournon-d'Auvergne, le 7 avril 2017
Francois Fillon, lors d'un meeting à Cournon-d'Auvergne, le 7 avril 2017
AFP

De nombreux chiraquiens (Renaud Dutreil, Jean-Paul Delevoye, Dominique Perben, Marie-Anne Montchamp...) et centristes (notamment le président du MoDem François Bayrou) ont rejoint M. Macron.

Vendredi, l'ancien président Nicolas Sarkozy lui a officiellement apporté son soutien, appelant sur sa page Facebook à faire fi "des hésitations" et des "états d'âme" en votant Fillon. Alain Juppé y est allé également de son tweet pour assurer qu'il voterait pour lui. Pas suffisant aux yeux de Xavier Bertrand, qui a enjoint les deux hommes à en "faire plus" pour soutenir M. Fillon et à tenir un meeting commun avant le premier tour.

Bruno Le Maire, ancien ministre qui avait claqué la porte de l'équipe de campagne début mars, a également promis de voter pour lui, par respect de "l'engagement" pris durant la primaire de soutenir le vainqueur.

"Il faut y aller, sans mollir, il est le seul qui peut redresser la France", renchérit Gérard Larcher, président du Sénat, "la victoire de François Fillon est vitale" pour le pays, assure Laurent Wauquiez.

- Des soutiens confient leurs 'doutes' -

Christian Estrosi, président De Paca, lui a conseillé dimanche d'être "beaucoup plus offensif" à l’égard de Marine Le Pen. Plusieurs dirigeants du parti signent par ailleurs une tribune dans le JDD contre le FN. Parmi les signataires figurent Nathalie Kosciusko-Morizet, M. Estrosi, Xavier Bertrand ou encore Renaud Muselier.

Mais en coulisse, d'autres soutiens n'hésitent pas à confier leurs "doutes" à l'égard de M. Fillon. "S'il ne remonte pas d'un ou deux points cette semaine, c'est fini", affirme un ancien ministre. "En 2007, Sarkozy était transgressif. En 2017, c'est Macron qui l'est", assure un autre. "Pour moi, Fillon est une énigme", confie le même.

Apparemment imperturbable, le candidat de la droite montre au fil de ses déplacements toujours la même combativité, la même volonté de convaincre son auditoire en meeting ou en petit comité, comme vendredi par exemple auprès de fermiers du Cantal.

Lors de ses meetings, il met en garde contre "la vacuité" du programme de M. Macron, "le suicide économique collectif" que constitueraient les programmes de Mme Le Pen et de M. Mélenchon. Il dénonce "le poids de la dette" ou "le totalitarisme islamique", insiste sur "l'urgence" à réformer l'Europe. Et il continue de voir un "cabinet noir" de l'Elysée derrière les affaires qui polluent sa campagne.

Devant des supporters enthousiastes, il se montre optimiste. "Là-bas, il y a quelques siècles, un rebelle gaulois, Vercingétorix, infligea une défaite magistrale à Jules César… qui était pourtant le favori des sondages!", lançait-il vendredi soir à Clermont-Ferrand.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le